Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

50 pages, Abonnement  annuel : 50€,  numéros anciens 5€ suivant disponibilité

Bulletin d'abonnement

Portait

 

Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

Lire la suite...
Le salaire complet PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Axel Arnoux   
Jeudi, 07 Juin 2012 01:00

Le salaire complet repose sur les principes, méthodes et valeurs suivants :

1) C'est l'addition du salaire net actuel effectivement payé et des parts salariales et patronales, ce qui donne, au total, une somme presque deux fois plus élevée que celle que chacun reçoit.

2) C'est la reconnaissance juridique des droits de propriété des salariés sur la valeur complète de leur travail.

3) C'est la présentation d’un bulletin de paie avec tous les prélèvements sociaux fusionnés selon les catégories (retraite, maladie, chômage, allocation familiale, logement, transport, nourriture…), soit quinze lignes contre plus d'une centaine sur le bulletin de paie conventionnel. Cette présentation permet de connaître les impôts « sociaux » et autorise une corrélation avec les diverses prestations/redistributions actuellement réalisées par les monopoles. Cela revient à restaurer en partie le système de prix et donc à réduire nos ignorances.

4) C'est la présentation d'un calcul actuariel sur les retraites (comparaison entre système par répartition collective et système par épargne individuelle tant au niveau des capitaux accumulés en x années de carrière que de leur rendement réel, ainsi que les pensions futures.

5) C'est la tentative de mise en concurrence ouverte de tous ces monopoles avec comparaison des prix et qualités sur un marché mondial et sous réserve de fiscalité et de réglementations. Ce qui revient à une restauration des droits fondamentaux des consommateurs (Informations et libre choix de ses assureurs).

6) C'est la ferme volonté de favoriser la souveraineté des individus et leur naturelle autonomie en matière de revenus et d'échange libre. Grâce au salaire complet, tous les salariés comme les entrepreneurs peuvent reprendre le contrôle de toutes ces caisses et analyser leur efficacités tant pour eux même que pour leur famille et proche . 

7) C'est la volonté de dépolitiser et désyndicaliser un pays embourbé dans ses corporatismes égoïstes et corrompus à l'origine des difficultés industrielles que nous connaissons par « overdose » de prélévements et de réglementations (les « fameuses » régulations économiques).

8) C'est la séparation logique de ce qui est du ressort de l'économie et de ce qui est du ressort de la solidarité/générosité (fondation privées et système fiscal public si besoin).

9) C’est l’exigence minimum que toutes les caisses de ces filières présentent une comptabilité en « droit constaté » avec un audit annuel par un CAC indépendant comme toutes les entreprises du secteur privé (déclarations fiscales et publication officielles incluses) !

10) C’est encore, pour l’ensemble des filières médicales, hospitalières , et pharmaceutiques, leur sortie définitive de la bureaucratisation et soumissions à tous les systèmes  collectifs par la restauration des libertés d’entreprendre et le rétablissement des libres prix en leurs domaines . Cette sortie est rendue possible par l’ouverture à la concurrence. 

Avec les points qui précèdent, le salaire complet fait disparaître les notions bureaucratique et politique de "charges salariales et patronales" et fait apparaître ces prélèvements comme étant un premier impôt sur les revenus prélevés à la source et toujours payé à l'origine par les clients (dont vous et moi). Ce concept n'a rien à voir avec la notion politique et paritariste de "bulletin de paie supposé vérité" et qui sur le fond continue à entretenir cette notion marxiste de lutte des classes dont le seul résultat aura été de protéger et entretenir les pouvoirs du « tout collectif » !  

 

Le bulletin de paie « complet » 

Tous les vrais revenus du travail et tous les prélèvements dits "sociaux" sont complètement inclus dans ce bulletin et très logiquement présentés. Tout redevient alors compréhensible, par et pour chacun ! 

Supposons un jeune couple parisien où chacun gagne 2.000 € bruts par mois. Les chiffres ci-après ne prennent pas en compte l'impôt sur le revenu, ni la TVA, ni les éco-taxes (si jamais tous les revenus étaient consommés). En revanche, ils prennent en compte la CSG, la CRDS et fusionnent bien sûr les parts salariales, les parts patronales et connexes prélevées à la source. 

Par ailleurs les chiffres ci-dessous ont été arrondis pour faciliter la lecture. Dans notre exemple, le salaire net payé sera proche de 1.600 € par mois et par personne, tandis que le salaire complet sera proche de 3.200 €, soit 6.400 € à deux (à peu près 42.000 franc par mois) avec les charges sociales et les autres prélèvements obligatoires actuels. Nous dressons le bulletin de salaire complet :
 

SALAIRE COMPLET (en €)

Mensuel

Annuel

Annuel

(couple)

3.200 

38.400  

76.800  

SECURITE SOCIALE

 

 

 

assurance retraite (voir ci-après)

610

7.320

14.640

assurance risque maladie

490

5.880

11.760

assurance risque accident travail

26

312

624

impôt allocation familiale

110

1.320

2.640

 

 

 

 

HORS SECURITE SOCIALE

 

 

 

assurance pertes  revenus (chômage)

150

1.800

3.600

impôt formation

40

480

960

impôt logement

20

240

480

impôt transport

80

960

1.920

médecine (une visite par an, en camion)

6

72

144

chèque déjeuner

35

420

840

 

 

 

 

total des charges et impôts

1.567

18.804

37.608

 

 

 

 

Net payé avant impôt sur le revenu

1.633

19.596

39.192

(Calcul effectué à partir d'un salaire brut de 2.000 € par mois et arrondi).

On notera le coût exorbitant de l'assurance maladie (€ 11.760 pour un couple) comparativement à des fournisseurs concurrentiels (3 à 4.000 € par an pour une famille de 4 à 5 personnes). Pour un couple de cadres gagnant le double ou le triple, l’assurance maladie coûtera deux ou trois fois plus cher.

Ce premier exemple fait comprendre que le système français de prix et de contrat est faussé. Nous pouvons d’ailleurs remarquer que la médecine du travail (monopole par département) facture en moyenne € 72 la consultation en camion contre €22 chez un médecin généraliste à son cabinet. Mais il est vrai que ces € 22 sont tout aussi faux en termes économiques que les € 72 car ce sont des prix administratifs, conséquences des monopoles ou des réglementations.

 

Les filières dites « sociales »

Rappelons que ces filières dites « sociales » produisent des services et de ce fait sont comparables aux productions d’assurance, de pain ou de véhicules… C’est, en sciences économiques, le principe de l’équivalence des « objets ». On n'oserait imaginer un prix de la baguette de pain ou de la voiture proportionnel aux salaires ! Et pourtant, telle est cette réalité pour les filières dites « d’assurances sociales », qui sont de plus obligatoires ! C’est un peu comme si le système considérait que se nourrir et se déplacer seraient moins important que de s'assurer contre les aléas de la vie. Par ailleurs : quid des désirs des personnes quant à l'allocation de leurs propres ressources selon leur choix ? Je vous laisse juge ! 

Et une fois encore, tout cela n'empêche pas de porter secours à celui ou celle qui serait sans travail ou handicapé. Avec ce projet, il s'agit de bien faire les comptes, et de respecter les contribuables.

Le premier respect est de connaître le montant des impôts que nous payons. Le salaire complet le fait apparaître ! Bien sûr, le libéral que je suis considère que la liberté, la propriété et la responsabilité individuelle favorisent spontanément la multiplication des richesses, leur libre exercice, leur redistribution spontanée via les évolutions positives des carrières et des rémunérations, et donc la réduction de la pauvreté. Et si jamais votre patron n'est pas correct avec vous, alors changez-en comme vous changeriez de chemise (et cela lui servira de leçon). Encore faut-il qu’il y ait assez d’entreprises donc d’entrepreneurs, pour qu’on puisse en changer facilement ! Ce qui n’est pas le cas en France. 

 


Le calcul actuariel des retraites

Revenons à ce couple.

On supposera que les deux travailleront 41 ans soit 492 mois de cotisations. Chacun placera, dans le cadre du salaire complet, € 610 par mois sur un compte d'épargne privé, rémunéré à 3% avec un taux composé mensuellement, et dédié à leur future retraite. Ce taux de 3% est faible par rapport à la moyenne de 4,5% constatée sur les 25 dernières années.

On supposera qu'ils prendront leur retraite à l'âge de 62 ans, pour une durée de 25 ans.

Ainsi chacun d'entre eux se retrouvera avec un capital de plus de € 550.000 soit € 1.100.000 à eux deux (hors incidence de la fiscalité). 

Aux mêmes conditions financières que précédemment, ils souhaiteront recevoir une rente, au terme de leur plan d’épargne retraite. Selon nos hypothèses, cette rente durerait 25 ans et chacun recevrait net plus de € 2.500 par mois (hors incidence de la fiscalité).

Il convient ici de déduire une assurance maladie, régime de base et régime complémentaire, sauf spécificités contractuelles et assurancielles des fournisseurs concurrentiels en la matière. Il leur resterait, dans tous les cas, plus de € 2.000 net par mois et par personne. 

Il convient aussi de signaler qu'en cas de malheureuse disparition avant cette moyenne d'âge, le capital épargné serait alors transmis à qui de droit selon le choix des intéressés, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui en France. En effet, actuellement, aucun capital n’est épargné dans le cadre de notre système communisé (les cotisations de l'année "permettent" le paiement des retraites de cette même année). 

Un dernier point : sur la base d’un salaire net payé de € 1633 par mois aujourd’hui, la retraite mensuelle future de la répartition collectiviste devrait se situer, dans les années 2050, en valeur actuelle, de 850 à 1.100 € (sans changement de la fiscalité ni effondrement du système de retraite). On notera que c’est la génération suivante (piégée par le système) qui devra payer ces retraites si cela lui est encore possible ! Mais vraisemblablement, elle préférera passer au principe de l’épargne et aux techniques de capitalisation. Et cela permettra une augmentation des capitaux et une croissance économique plus rapide.

 

Le coût des prélèvements : exemple d’un groupe industriel en 2009 

Pour un effectif de 820 personnes en France, composé de cadres, d’ingénieurs, de contremaîtres, de techniciens et d’ouvriers spécialisés ou non, le net total payé à la masse salariale est d’environ € 17 millions par an au 31/12/2009, auxquels s’ajoutent environ € 15 millions de charges sociales (salariales et patronales) et divers coûts liés aux effectifs, soit € 32 millions.

Avec les paramètres d’autres pays, l’équation aurait été d’environ € 19 millions de salaires nets payés et d’environ € 6 millions de prélèvements, soit € 25 millions d’euros. On constate ainsi un écart de € 7 millions entre les deux systèmes. Cet écart représente, pour cet employeur, plus de 10 points de marge nette, soit en général le gros de ses profits potentiels, ce qui explique en partie la situation industrielle de la France.

Il convient de signaler que, dans ces autres pays, les personnes auraient dû épargner environ 5 à 10% de leur salaire net payé pour financer leur future retraite dont les pensions auraient été bien plus élevées, par et pour chacun, tandis que des capitaux en pleine propriété privé auraient été constitués (sur plusieurs générations).

Le tableau suivant donne le détail des prélèvements supportés par ce groupe industriel français, ainsi que leur évolution dans la période 2001- 2009, et 2005-2009.   

Tableau

Prélèvements supportés par un groupe industriel français

(période 2001-2005-2009) :

 

Tous ces chiffres ont été calculés par les services comptables et de paie de ce groupe. Bien sûr les embauches, les départs en retraite, les démissions et les licenciements influencent ces calculs selon les années.

Ils ne doivent pas cacher la baisse des effectifs de -25,5% sur la période 2001-2009, ni la baisse de la masse salariale complète qui n’a été que de -8,4% sur cette même période. On notera les hausses à 2 chiffres (hors inflation) des charges de transport, des « assurances maladie complémentaires », des « assurances accident du travail », des taxes d’apprentissage et de formation, et des « impôts logement » malgré les baisses d’effectifs évoquées.

On remarquera aussi les écarts entre 2005 et 2009.

Paradoxalement, ils font apparaître l’énormité de la hausse des prélèvements (en taux et en niveau) et laissent imaginer leurs conséquences sur un groupe ouvert et en concurrence avec le monde entier, comme si, de plus, tous les gains de productivité (et au-delà…) avait été capté par le système « sécu ». Système qui dérive quasiment tout seul, c'est-à-dire hors le libre choix des personnes, et exploitant tous les jeux des corporatismes dominant à mille lieues des processus vertueux du libre échange et des droits de propriété ! 

 

Quelques aspects individuels à mesurer  

Revenons à ce ticket restaurant :

Seule la hausse de 150% des tickets restaurants est acceptable puisqu’elle est le résultat d’un libre choix de l’entreprise. Il reste par ailleurs, et pour simple remarque, que ces tickets restaurant ne sont pas autre chose qu’un revenu net, sans taxe sociale ni fiscale, et que ceux-ci pourraient donc être directement intégrés dans les salaires. On éviterait ainsi l’impression et la distribution de chèques dont le coût unitaire est de 1 cent d’Euro. Soit pour le pays tout entier un coût d’impression supérieur à € 30 millions/an, strictement inutile puisque ces chèques seraient payable par un simple virement bancaire avec la paie…). Sur le plan des principes économiques, ces tickets « restaurant » sont aussi une sorte de monnaie, dédiée uniquement et réglementairement à la consommation de biens alimentaires. Ces chèques sont émis par quelques entreprises plus ou moins privées et agréés par les autorités publiques. Nous avons là une fois de plus tous les ingrédients d’un système collectivisé ; les copinages, les manipulations sociales et économiques, et en prime de faux emplois ! C’est Encore un exemple d’irrationalité économique, un exemple bien à la française pour cause de bureaucratisation/syndicalisation, influencé par le clientélisme électoraliste, source de rentes et/ou de vilaines contributions aux carrières des uns et des autres ! Vilaines, car non respectueuses des personnes et de leurs libres décisions quand à l’allocation de leurs propres ressources selon leurs voeux. A ce propos nous pouvons mener toutes les analyses selon cette grille d’appréciation en matière d’impôt logement, d’impôt allocation familiale, d’assurance chômage…etc en prenant la même méthode d’approche que celle concernant le calcul actuariel sur les retraites. Vous payez des cotisations « sécu » complètes pendant 41 ans de carrière et n’en bénéficiez sous certaines conditions de famille ou de situation décidées nationalement que pendant X années … Nous payons directement et indirectement pour autant que nous ayons un travail …

Il est tellement facile de jouer les grands cœurs, et de baratiner sur un lendemain ou chacun serait pris en charge « gratis » par les autres, et avec l’argent des autres (donc la sueur de ceux qui osent encore bosser) : 

Mais pris en charge par QUI … COMMENT, et POUR COMBIEN DE TEMPS ?  
 

Comme ce genre d’équation prend plusieurs décennies à être factuellement et précisément décrypter par les individus (vu la complexité des systèmes sociaux et fiscaux c’est déjà une prouesse), et que les malheureuses facultés d’oubli de chacun restent naturellement persistantes, il convient de favoriser les connaissances et/ou de réduire les ignorances, d’où la réalité du salaire complet comme premier instrument d’analyse pour en sortir.

 

« Force et honneur » pour nos entrepreneurs et nos managers !  

Il convient de signaler aussi que si cette entreprise n’avait pas eu le courage de se réorganiser et de s’adapter en conséquence de ces prélèvements, elle aurait disparu comme ce fut le cas en 30 ans pour 90% de ses concurrents d’origine Française, soit plus de 20 000 emplois détruits dans ce secteur de la métrologie professionnel. Il en va de même pour toutes les autres industries.

En fonction de ces informations, les causes profondes de toutes ces disparitions de sites de productions apparaissent plus clairement. Ce mot « disparition » est simple, pourtant ceux qui ont vécu ce genre d’évènements savent la complexité, l’horreur et les pertes de valeur que cela occasionne ! Des situations, ou malgré tout, les dirigeants comme leurs salariés doivent conserver une maîtrise d’eux même et une capacité à renaître au cas où !

Chaque personne souhaite accéder aux meilleurs produits et au meilleur prix, ce qui est une démarche tout à fait rationnelle. D’où l’importance de la compétitivité des entreprises, et donc des états (compte tenu de leurs poids/boulets) dans lesquels elles se trouvent localisées. 

Pour la France entière c’est plus de 3 millions d’emplois industriels qui furent détruit en 30 ans. Certes, ces emplois auraient peut être été détruits naturellement, et remplacés tout aussi spontanément par d’autres productions dans le « cadre » d’un véritable libre marché (ce qui n’est pas le cas en France).

Ce que nous pouvons démontrer, c’est que la disparition de ces industries a été massivement accélérée par les aberrations des systèmes fiscaux, sociaux, monétaire, et réglementaires, sans pour autant générer, tout aussi massivement, de nouvelles richesses et donc de nouveaux emplois. Tel est le dommage en France pour chaque secteur d’activité. On notera que ni les politiques industrielles, ni les subventions pendant 60 ans en provenance de l’Etat Français (et d’autres) n’ont véritablement inversé ces réalités : celles des prélèvements incessants, massifs et non sécurisés, cause de nos soucis.

Moins d’impôt et de subventions auraient été plus efficaces, auraient créés moins d’instabilité, et n’auraient pas favorisés un secteur plus qu’un autre (les conséquences du lobbying politico-industriel et des jeux de pouvoirs) !

Ces dommages ne sont pas révélés par les statistiques officielles de L’INSEE car leur façon de faire en matière de périmètre d’analyse sur une longue période est erronée. En effet cet organisme compare les entreprises existantes actuellement à ce qu’elles étaient dans le passé. En clair, elle ne mesure que la performance des entreprises survivantes. La bonne démarche aurait été de prendre, secteur par secteur, les entreprises qui existaient il y a 20 ans par exemple et d’analyser ce qui restait de chaque secteur en 2010. 

 

Le paritarisme est anti-démocratique 

Une étude sur une période plus longue démontre que si les taux de prélèvements sociaux du début des années 80 étaient toujours restés les mêmes, alors, en 2009, cette entreprise aurait fait l’économie de 5 à 8 millions d’euro (selon les méthodes de calcul retenues).

Ces prélèvements des années 80 étaient tout aussi irrationnels que ceux d’aujourd’hui, ils démontrent l’incapacité des systèmes « collectifs » à s’adapter ou à réagir aux drames financiers et humains. Ce sont en effet des drames puisque beaucoup d’entrepreneurs ont fait faillite et que les nouveaux emplois n’arrivent pas à émerger en masse, compte tenu des quasi rackets dits démocratiques à quoi procèdent ces filières en principe « sociales et paritaristes ». Les pertes de valeurs et de sueurs ont leur équivalent en termes de disparitions d’emplois et d’augmentation du nombre de chômeurs ! 

Tout cela est logique puisqu’en toute mécanique holiste, il n’y a plus d’individus responsables ni de relations de proximité. On remarquera que le paritarisme (cinq syndicats, un patronat et les hommes du Conseil d’Etat qui avalisent les décisions, sans compter les politiques et leurs ministères) est générateur de réglementations et de prélèvements obligatoires « sociaux » (donc fiscaux) qui ne sont pas votés par le parlement comme c’est le cas pour le reste des impôts alors que le montant de ces dépenses est supérieur au montant du budget de l’Etat. 

Tous ces prélèvements sont proportionnels aux salaires dans 95% des cas et ne peuvent faire l’objet d’aucune mise en concurrence. La « sécu » et toutes ses caisses ont des pouvoirs de coercition sur les entreprises et les individus supérieurs à ceux du « fisc », jusqu’aux blocages de comptes bancaires, pratiquement immédiat en cas de défaut de paiement. Cette situation perdure depuis les années 1945-46 et sans consultation des Français ! Depuis cette époque, la bureaucratie et ses ayant droit ont multiplié les interventions en affichant une omniscience qui serait génératrice de « paix sociale » ! : Kidnapping, chantage, violence, pillage, grèves, égoïsme des corporations … voila le lot annuel de la France alimenté par quelques activistes « que tout le monde envie… » !  

 

Les coûts incommensurables  

Ces méthodes de calcul pour le salaire complet, ne tiennent pas compte de l’évolution du temps de travail et des congés payés et autres R.T.T. sur ces 3 dernières décennies. Tous avantages confondus (5ème semaine, passage de 39H30 à 38H30/semaine, jours d’ancienneté, heures de délégation syndicale et politique, passage à 35H/semaine …etc.), nous sommes passés, annuellement, de près de quatre semaines de repos payées à près de neuf semaines, hors jours fériés. Ce niveau est unique au monde et correspond à un excédent de masse salariale payé …à nous reposer, de près de 8% par rapport à nos concurrents. 

Sur ces bases, nous pouvons donc imaginer l’évolution des taux horaires productifs et une fois de plus comprendre pourquoi l’industrie française a autant souffert. On peut imaginer la hausse des prix qui en a résulté en France, dès lors que les clients étaient d’accord ….

Malgré tous les gains de productivité, les industriels qui sont encore en activité n’ont résisté que par des efforts de créativité et de rigueur extrêmes.

Dans certains secteurs industriels, c’est plus de 90% des producteurs/concepteurs qui ont disparu et/ou qui ont été absorbés par les rares survivants ou encore remplacés par des distributeurs ou filiales d’origines diverses.

Cette situation est la conséquence de ce qui précède. Le dommage ce n’est pas la libre concurrence, bien au contraire, mais le torpillage des activités par tous ces monopoles. 

La perte des savoirs, étant données toutes ces disparitions industrielles, est elle aussi incommensurable !  

Enfin, l’impact de tous ces évènements et autres réglementations sur la vie des uns et des autres n’est pas non plus mesurable mais se perçoit de plus en plus clairement dans l’incertitude et l’instabilité des comportements et l’oubli des valeurs essentielles. 

En définitive, ce n'est pas l'Inde, l'Afrique ou la Chine qui ont « carbonisé » l'industrie française, c’est la France elle-même par son système social, fiscal, monétaire et réglementaire, en termes clairs : sa concrète « communisation » depuis plus de soixante ans 

 

Comment introduire le salaire complet dans une entreprise

Tout a commencé, dans notre entreprise, par des lettres privées, des notes internes, puis par des formations en sciences économiques pour tout le personnel (sous la responsabilité de l’équipe de SIPFOP, une semaine de formation par groupe de dix personnes conclue, chacune, par mon intervention ; près de 100 réunions au total). 

Compte tenu des réactions remarquables des uns et des autres, j'ai rédigé un questionnaire en 40 points sur l'ensemble de ces sujets. Les réponses ont été très encourageantes, très positives par l’expression d’une volonté d’approfondir les connaissances acquises. Chacun, bien sûr, a eu connaissance des résultats. C’est ainsi qu’en 1995, le premier bulletin de salaire complet (cf. annexe) fut créé à un moment de profondes difficultés économiques après le décrochage de 1993. 

Dans un pays comme la France, quand vous avez un lourd système fiscal et social, qui devient chaque année plus complexe, plus incertain et plus coûteux, un chef d’entreprise a bien du mal à exercer son métier et à continuer à créer des richesses. J’ai assisté ainsi, pendant des décennies, de crise en crise, à la disparition de mes confrères et de mes clients industriels, et j’ai fini par comprendre que tout le système français était vicié, voire vicieux. 

J’ai fait ce constat dés les années 80. Je voyais disparaître, une fois de plus, et en pleine crise, tous nos efforts en matière de recherche, de gain de productivité et de conquêtes commerciales. Les mondes politiques, syndicaux et patronaux m’ont semblé complices de ces dérives. C’est en 1990, à la suite de nouvelles taxes et réglementations, que j'ai décidé d’agir. J’étais révolté, et j’ai lancé le salaire complet à l'intention de mes salariés et de toute l’entreprise, un peu comme un « kit de survie » philosophique, économique et industriel, libre, indépendant, affranchi de tous les pouvoirs ! Telle est toujours ma volonté. 

 

Les responsabilités du monde politique et du paritarisme 

Ce ne sont pas les politiques qui ferment les usines et en licencient le personnel mais ce sont leurs décisions électoralistes et médiatiques qui en sont responsables. Fermetures d’usines et licenciements sont les conséquences de leurs choix fiscaux, sociaux, réglementaires et monétaires. Ils ne vivent pas tous ces drames financiers et humains ; ils n’ont pas à les « gérer » alors qu’ils en sont la cause ! Et ce « cirque » continue de façon accélérée depuis trois décennies. 

Il est vrai que cette méfiance vis-à-vis du monde politique avait déjà été « alimentée » au moment de la création de l'I.G.F., devenu I.S.F. Cet impôt et ses évolutions ont réduit la propriété et ont conduit des familles entières à l'exil sans compter d'autres situations ubuesques (faire payer un impôt sans les revenus qui vont avec !). Il fallait oser ! Ils l’ont osé en présentant cela comme de la justice fiscale... Il en va de même pour les prélèvements sur la générosité ou sur la mort, dit de succession ou de donation selon le jargon officiel. De quoi vous transformer en dissident ! De quoi réduire les investissements et les engagements personnels des uns et des autres ! 

Si vous voulez des emplois, il faut des entreprises, il faut des entrepreneurs riches en idées, en capitaux, armés de sérieux et de courage. Des personnes qui prennent des risques ! Nos systèmes publics écrasent tout cela par leurs multiples interventions supposées omniscientes. Sortir de la paupérisation orchestrée par l'ignorance et l'irrationalité des systèmes politiques et paritaristes demeure une urgence. Nous avons la chance de disposer de la technologie et du marché des assurances, une technologie assez récente dans l'histoire de l'humanité ; il serait temps d’en prendre acte et de s’en servir ! 

Les expressions « charge patronale » ou « cotisation salariale » laissent croire que c’est le patron ou le salarié qui paie alors que c'est toujours le client, c'est-à-dire vous et moi. Vous pourriez gagner par votre travail deux fois plus que vous ne recevez, mais le système social, supposé de solidarité, en prélève la moitié, à la source, pour la redistribuer immédiatement. Une redistribution hasardeuse, impossible à évaluer, au coût non révélé ! 

 

Le salaire complet : une arme capitale dans le combat pour la liberté 

Ainsi vont nos monopoles et nos institutions paritaires, suite à la politisation généralisée de notre pays. Pays qui a confondu cette belle notion de générosité volontaire des uns envers les autres avec une violente « communisation » imposée à tous.

Nous en payons les conséquences par la disparition de l'industrie et la multiplication du nombre de pauvres, comme en son temps à l’Est du rideau de fer. 

Le salaire complet est une arme capitale pour sortir librement et sereinement des aberrations de notre fiscalité, des mensonges de nos systèmes sociaux, de l’étatisation de notre économie, en un mot du socialisme.

Plus que jamais, l’individu est l’avenir de notre pays. Laissons le libre de bâtir sa destinée, en coopération avec autrui, dans le respect de chacun et de ses droits de propriété.

 


[1] Président Chauvin Arnoux Group www.chauvin-arnoux.com

Mise à jour le Dimanche, 27 Janvier 2013 19:07
 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...