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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

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ALSTOM EST SAUVE ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 08 Juin 2004 01:00

Cocorico. Après d’épuisantes négociations avec ces sans coeur de Bruxelles, Nicolas SARKOZY a enfin arraché un accord de principe pour organiser le sauvetage d’Alstom. L’entreprise est définitivement sauvée, les emplois avec et cela à moindre frais. La France conserve l’une de ses entreprises emblématiques dont elle peut être fière. Comme disait Bastiat, c’est ce qu’on dit, c’est ce qu’on voit. Ce qu’on ne voit pas, c’est qu’Alstom est une entreprise condamnée. Elle n’a été qu’artificiellement et provisoirement sauvée, au prix d’un effort démesuré de l’Etat, du contribuable. Et au prix d’une nationalisation qui, pour n’être que partielle, n’en est pas moins une nationalisation contraire aux lois de la concurrence et du marché : celles des droits de propriété. Un paradoxe pour un gouvernement sinon libéral, du moins réputé de droite.

 

1,836 milliards de déficit : 10% du chiffre d’affaires

 

Il se trouve que le jour même où l’accord de principe était établi avec Bruxelles, Alstom publiait ses résultats pour l’exercice 2003-2004 : 1,836 milliards d’euros de perte nette (plus de douze milliards de francs) et cela n’est pas la première fois, puisque le déficit pour l’an dernier était de 1,4 milliards d’euros. A comparer avec le chiffre d’affaires de 16,9 milliards d’euros : le déficit est de plus de 10% du chiffre d’affaires. Aucune entreprise privée ne pourrait résister à un tel cataclysme. Ajoutons que le chiffre d’affaires a reculé de 22% et les commandes de 14% : voilà un bel avenir qui s’annonce. Laissons de côté les autres détails, à commencer par un endettement de 4,9 milliards pour l’exercice précèdent, soit le double des fonds propres. Une paille.

Mais le gouvernement a voulu sauver Alstom à tout prix -et en entier- au lieu de chercher à sauver ce qui pouvait l’être, en « démantelant » l’entreprise. Les injections massives d’argent public n’empêchent pas la réalité de se manifester et les restructurations sont de toutes façons inévitables. Il était prévu 7 000 suppressions d’emplois dans le monde ; ce sera finalement 8 500 (annoncées en même temps que le déficit), en attendant pire pour demain.

Cette situation était donc claire et la logique aurait voulu que l’on tirât les conséquences de ce gigantesque gâchis. Mais voici venir l’Etat, remède miracle comme on le sait. Le maître mot va être « recapitalisation ». Un tel apport de capital pouvait effectivement s’imaginer, avec des actionnaires privés. Mais qui aurait mis un kopek sur Alstom ?

On a donc trouvé mieux que des investisseurs privés. Un investisseur éclairé, qui sait ce qui est bon pour l’économie : l’Etat. L’objectif est de renforcer les capitaux de 1,8 à 2,5 milliards. Cela passe donc par une aide massive de l’Etat. Mais celui-ci, au lieu de se contenter d’apporter de l’argent, ce qui serait déjà scandaleux, préfère convertir ses prêts… en actions. Ce qui veut dire posséder une partie du capital de l’entreprise. Ce qui signifie, en français, nationaliser. Le gouvernement n’a pas renfloué Alstom : il l’a nationalisée.

 

Jusqu’où l’Etat va-t-il s’engager ?

 

C’est ainsi que 300 millions d’euros de titres subordonnés lui donneront une participation de 18,5% dans l’entreprise. Puis l’Etat sera associé étroitement à l’augmentation de capital de 1,5 à 2,2 milliards d’euros prévue par le groupe. Et pour cela l’Etat a exercé ses droits de souscription à hauteur de 185 millions d’euros. Puis il va convertir en capital tout ou partie des 500 millions de prêts supplémentaires subordonnés qu’il vient de consentir à Alstom. Mais il s’est engagé –quel libéralisme- à ce que sa participation au capital d’Alstom ne dépasse pas 31,5% du total. Ce qui, quoi qu’il arrive, fait de l’Etat le premier actionnaire d’Alstom. Le gouvernement est-il sûr d’avoir été élu pour pratiquer cette politique, alors que même la gauche avait abandonné les nationalisations depuis le ni-ni de François MITTERRAND !

D’où vient cet argent ? Il n’a qu’une origine, les impôts. Autrement dit, les contribuables ont payé des impôts pour recapitaliser une entreprise en perdition. Et cela au moment où le déficit et la dette publique sont au plus haut. Le gouvernement sait-il que si, en apparence, il sauve chez Alstom quelques milliers d’emplois, en réalité ces impôts nouveaux détruisent une quantité plus grande d’emplois dans le secteur productif, selon l’effet d’éviction : les dépenses publiques viennent évincer des dépenses privées qui ne pourront avoir lieu à cause des impôts, ce qui ralentira toute l’économie et accroîtra le chômage.

 

Le pragmatisme tient lieu de politique

 

Mais ces financements publics ne suffiront pas. Le gouvernement s’est donc empressé de faire pression sur les banques pour leur demander de garantir 1 milliard d’euros d’augmentation de capital. Alstom a proposé aussi de convertir 700 millions d’euros d’emprunts en capital. Les banques sont très réservées, car elles ne veulent pas d’actions d’une entreprise en perdition. Il n’y a que l’Etat pour accepter un tel marché, avec l’argent du contribuable. Comme cela ne suffira pas, Alstom va bénéficier d’une ligne de caution de 8 milliards, ce qui finit par faire cher du sauvetage.

Mais Bruxelles veille au grain et a eu peur que de telles mesures ne faussent la concurrence et par exemple qu’Alstom profite de tous ces prêts pour baisser artificiellement les prix. Aussi Bruxelles a mis des conditions. Alstom a déjà dû céder 3 milliards d’euros d’actifs en un an. La Commission a demandé de nouvelles ventes, représentant environ 1,5 milliards de ventes de plus. Et surtout l’Etat a dû s’engager à ce que l’entreprise Alstom conclue des partenariats industriels dans un délai de quatre ans. Mais comme Bruxelles se méfie du gouvernement français, il a été précisé que ces partenariats ne pourraient avoir lieu qu’avec des entreprises privées. Pour des groupes publics, il faudrait l’accord préalable de Bruxelles, qui  ne serait sans doute pas donné.

En réalité, dans quelques années, ces accords risquent d’aboutir au démantèlement d’Alstom et donc simplement à sauver ce qui aurait pu l’être dès le départ si on avait reconnu la gravité de la situation. Mais entre temps quel gâchis, en particulier en gaspillage d’impôts. Et quel gâchis politique, puisqu’en donnant à l’opinion l’idée qu’une nationalisation suffit à sauver une entreprise, le gouvernement a commis une faute politique majeure : il apporte de l’eau au moulin de ses adversaires. C’est en brouillant ainsi le message qu’on perd la bataille des idées et qu’on finit pas perdre la bataille politique. Mais le gouvernement préfère le pragmatisme et se méfie de l’idéologie. Ce qui le conduit à faire la politique des pires ennemis de la liberté.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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