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Jacques Garello l www.libres.org

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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Revue des livres

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APOLOGIE DU LIVRE. DEMAIN, AUJOURD'HUI, HIER
On prédit la fin du livre. Ou, du moins, la fin du papier. Dans son ouvrage, Robert Darnton nous rassure. La numérisation est inévitable et très utile. Mais le livre et les bibliothèques survivront dans un monde numérisé et encore plus libre.
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Couverture du livre APOLOGIE DU LIVRE. DEMAIN, AUJOURD'HUI, HIER
Catégorie: Année 2011
Editeur: Gallimard
N° du Catalogue: 6
Année: 2010
Visites: 6969
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

L’auteur, ancien journaliste, aujourd’hui directeur de la prestigieuse Bibliothèque universitaire de Harvard, fait l’éloge du livre sous une forme papier tout en soutenant que la numérisation est inévitable. Il a d’ailleurs contribué à lancer deux entreprises d’édition numériques : l’Electronic Enlghtenment, une base de données numériques constituée des correspondances de Voltaire, Rousseau, Franklin et Jefferson) et Guttenberg-e, une série de monographies numériques produites à partir de thèses de doctorat en histoire qui ont été primées. Et il a même entrepris d’écrire un livre numérique sur l’édition et la librairie en Europe au XVIIIe siècle. Il l’écrit à juste titre : « toute tentative pour sonder l’avenir tout en affrontant les problèmes du présent devrait se fonder, je le crois, sur l’étude du passé ».

Le titre de son ouvrage est partiellement trompeur. La bibliothèque de Harvard est la première grande bibliothèque à avoir ouvert ses portes à Google pour lui permettre de mettre en ligne son énorme collection. Les arguments de Darnton tiennent à la fois du bon sens et de l’amour de la liberté. Pour lui, Google Book Search rendra le savoir livresque accessible à une échelle mondiale nouvelle. Les possibilités de recherche seront immenses et permettront à tous de lire ce qu’ils n’auraient pas pu lire autrement. D’ailleurs, à Harvard il s’est aussi battu pendant deux ans pour rendre tous les articles universitaires des enseignants accessibles en ligne à titre gratuit. Mais l’époque du zapping et de la navigation sur la Toile va-t-elle tuer les livres ? Rien n’est moins sûr. Un moyen de communication n’en chasse pas forcément un autre : « la publication des manuscrits prospéra longtemps après l’invention de Gutenberg, les journaux n’éliminèrent pas le livre imprimé, la radio ne remplaça pas le journal, la télévision ne détruisit pas la radio et Internet ne poussa pas les spectateurs à renoncer à leurs postes de télévision ». Il est vrai, l’entreprise Google Book Search souffre de nombreuses imperfections et d’inexactitudes bibliographiques.  Il n’y a pas d’éditeurs comme pour les livres classiques…

Il y a d’autres limites à l’entreprise Google. Tous les livres ne pourront pas être numérisés. La bibliothèque du Congrès américain, la plus riche et la plus complète, n’a pas ouvert ses fonds à Google et de nombreux livres n’existent qu’en un seul exemplaire. Le copyright ne cessera de poser problème. Des éditeurs n’accepteront jamais l’accès libre aux ouvrages numériques. De même, si Google fait faillite, que se passera-t-il ? Qui aura la puissance et l’argent de reprendre et de continuer ce travail ? Et d’autres formes de technologie pourraient apparaître. Les livres numérisés ne seront pas tous facile à lire et des gens n’y arriveront jamais. Le microfilm qu’on considérait comme l’avenir du livre est mort rapidement.

L’avenir sera  numérique, écrit Darnton. Paradoxalement, l’entreprise de Google ne rend pas les bibliothèques classiques obsolètes. Au contraire, elle les fera connaître au monde entier. Et qui pour remplacer un bibliothécaire compétent. C’est comme pour les éditeurs, ce sont les meilleurs connaisseurs des livres. Le comble, Bill Gates en personne a confessé préférer le papier imprimé à l’écran d’ordinateur pour une longue lecture : « La lecture sur écran est encore bien inférieure à la lecture sur papier. Même moi, qui ai ces écrans coûteux et m’imagine en pionnier du mode de vie Internet, dès qu’un texte dépasse quatre ou cinq pages, je l’imprime et j’aime à l’avoir avec moi et à l’annoter. »

Pour Darnton, la liberté de lire triomphera des restrictions et des réglementations étatiques. Ca passera nécessairement par le numérique.

Date d'insertion: Vendredi, 21 Janvier 2011 17:47

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