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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Septembre 2002 01:00
 Pendant les travaux, le libéralisme continue... l www.libres.org

La loi Fillon, la faillite de France Télécom, l’enterrement de DL : que peut-il bien y avoir de commun entre ces trois évènements de la semaine ?

En apparence pas grand chose, si ce n’est la confirmation des analyses et des prévisions que je fais avec vous depuis longtemps : les hommes politiques français ne sont pas mûrs pour les réformes libérales, elles s’imposent pourtant au vu des résultats catastrophiques du secteur public, et ce ne sont pas les dernières performances électorales du libéralisme qui lui ont redonné quelque crédibilité dans l’opinion publique.

En fait, en profondeur, je crois que le vrai clivage dont la France se meurt actuellement est celui qui s’est instauré entre ceux qui partent du réel, ceux qui ont par devoir, par état et par goût personnel le sens des responsabilités, et ceux qui considèrent la société comme un meccano construit par une élite maîtrisant la technique et la science. Les uns sont sur le terrain, les autres sont dans les salons. HAYEK opposait ainsi les libéraux et les constructivistes, et son dernier ouvrage « La présomption fatale » démontrait que tous les maux accumulés au XX° siècle provenaient de cette orgueilleuse prétention d’une certaine élite et de presque tous les hommes politiques de bâtir un monde meilleur à partir de schémas purement abstraits, dans l’ignorance du réel.

Car le réel se ramène à l’action humaine, à ces efforts et ces arrangements d’hommes libres et responsables pour améliorer leur sort en se rendant mutuellement service, en coordonnant leurs activités, dans le cadre d’un état de droit permettant à chacun de faire respecter ses droits individuels tout en respectant ceux des autres.

Nous voilà loin de l’actualité, direz-vous ! Je crois au contraire que nous sommes au cœur des aberrations de la société française actuelle. Pourquoi le gouvernement actuel est-il dans l’incapacité d’éviter la ruine de l’économie et ne veut-il pas revenir sur « les acquis » de la loi Aubry ? Parce que ni François FILLON, ni les autres gouvernants ne sont confrontés quotidiennement aux problèmes de la gestion des entreprises. Ils ne peuvent se mettre à la place d’un entrepreneur, ils n’ont ni une clientèle à satisfaire, ni un personnel à gérer, ni une gestion à équilibrer. Ils ne peuvent pas davantage mesurer les effets délétères des 35 heures sur le travail des salariés, ni la démotivation des cadres. Ils ne peuvent comprendre la perplexité des PME face à l’organisation des tâches et à l’embauche. Ils abordent le problème comme le font tous les technocrates : à partir de décisions en termes de pouvoir, pour ménager les susceptibilités ou neutraliser les hostilités syndicales, pour se donner l’alibi d’un progrès social, finalement pour faire mieux que les socialistes – en faisant pareil. La seule différence est qu’en quelques mois l’objectif génial des 35 heures, partager le travail pour qu’il y en ait pour tout le monde, a totalement disparu, plus personne ne se faisant aujourd’hui la moindre illusion sur l’aptitude des lois AUBRY à résorber le chômage. Le moindre sens des réalités, la moindre connaissance des comportements humains auraient dû persuader les gouvernants de l’imminence d’une nouvelle vague de chômage – elle est là.

C’est le même mépris de la réalité qui a inspiré la gestion des entreprises publiques, et notamment de France Télécom. Voilà des lustres qu’on nous rebat les oreilles des mérites de l’Etat et des syndicats pour administrer les entreprises, différemment et mieux que ce que l’on aurait avec la loi du profit et la propriété privée du capital. Aujourd’hui on constate que là où il n’y a pas de propriété il n’y a pas de responsabilité, que les représentants des syndicats cherchent leur intérêt personnel bien plus que l’intérêt du personnel, et a fortiori du client. Enfin, sans le contrôle du profit, les dirigeants s’engagent dans n’importe quelle aventure.

Comment ne pas voir encore que les partis politiques eux-mêmes se sont érigés en castes, et que le système est verrouillé ? La nomenklatura en place, de droite ou de gauche, vise à se perpétuer. Malheur aux francs-tireurs, à ceux qui s’écartent de la ligne. Les modifications envisagées pour la loi électorale au cours des prochains scrutins vont dans un sens unique : créer autoritairement un bipartisme, ôter toute chance d’entrée à de nouvelles idées et de nouvelles personnes. Libres à ceux qui le désirent d’accepter le diktat. Personnellement et au risque d’être taxé d’ «  irréalisme politique »,  je le refuserai.

Je le refuserai parce que le « réalisme » politique est de se couper du réel, de construire des assemblages de partis, de courants, de législations, qui nous éloignent chaque jour un peu plus de ce que devrait être un gouvernement « civil ». Le piquant de l’affaire c’est qu’aujourd’hui tout le monde se pique d’ « empirisme » et professe un mépris total pour le « dogmatisme », alors que l’on tourne de plus en plus le dos au réel, qu’on ignore de plus en plus la logique de l’action humaine et des interactions sociales. Sans doute le dogmatisme est-il vu par les politiciens comme la rude obligation d’avoir un programme, de le proposer à des électeurs, et d’y rester fidèle.

Le dogme libéral, c’est de partir du réel. Les constructivistes ne l’admettront jamais.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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