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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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EURO-DOLLAR PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 08 Décembre 2003 01:00
 Dette

Entre les deux monnaies la bataille fait rage. Cette semaine, le dollar s’est échangé au taux le plus faible depuis la création de l’euro : 1,21 dollars pour 1 euro. Le dollar a perdu plus de 20% en un an par rapport à la monnaie européenne. Pourquoi ?

J’ai mené mon enquête auprès d’experts tant américains qu’européens et j’ai utilisé le peu de connaissances qui me restaient en matière de monnaie et de politique macro-économique. J’étais en effet troublé, comme beaucoup d’entre vous sans doute, par le fait que l’Amérique en pleine expansion avait une monnaie faible, tandis que l’Europe sclérosée avait une monnaie forte. Je ne pouvais évidemment pas me contenter de l’approche hélas très répandue qui inverse les termes de la formule précédente et qui dit : l’Amérique est forte parce qu’elle a une monnaie faible et l’Europe est faible parce qu’elle a une monnaie forte. Cette thèse de la « dévaluation compétitive » fait en effet bon marché d’un grand nombre de réalités, voire même de la logique économique la plus élémentaire. La santé américaine est celle des entreprises américaines, encouragées par les réductions d’impôts et la souplesse du marché du travail, tandis que l’euro-sclérose s’explique par le poids des charges et de la législation dite « sociale ». Dans ces conditions, les Américains n’ont pas besoin de dévaluer pour être compétitifs, et les Européens auraient beau dévaluer, ils ne seraient pas compétitifs pour autant. La preuve en est d’ailleurs qu’à l’intérieur de l’Euroland et en dépit des taux de change, certains pays se portent très bien comme l’Irlande ou les Pays-Bas –et ne parlons pas de la Grande Bretagne qui n’appartient pas au Club. 

Alors quoi ? Les marchés des changes sont, à tort ou à raison, sensibles aux effets d’annonce. Et deux informations pourraient avoir retenu leur attention au cours de la semaine passée.

La première concerne les Etats-Unis. Si l’on en croit le Wall Street Journal, les marchés auraient très mal réagi à une mesure prise par le Congrès concernant la réforme du système de santé. 54 sénateurs (contre 44) et 220 députés (contre 215) ont voté un « bill » réformant Médicare et Medicaid. A la veille des élections, les Républicains ont voulu faire du zèle et ont élargi l’aide apportée aux malades âgés ou infortunés. Ils coupent ainsi l’herbe sous les pieds des démocrates qui avaient fait de cette réforme leur cheval de bataille. Mais, comme toujours, le financement de ces largesses fédérales a été laissé dans l’ombre. Sans doute des assurances privées sont-elles arrivées à intervenir, mais les autorités fédérales devront aussi mettre la main à la poche. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’Etat américain est en effet déjà sur-endetté : la dette publique dépasse le seuil de 60% du PIB considéré comme « raisonnable » par les Européens (critère de Maastricht). On a le sentiment que le gouvernement part à l’aventure, et qu’il devra encore émettre du dollar pour rembourser ses dettes. Aux Etats-Unis, comme nous le disons avec insistance dans cette Lettre depuis des mois, les finances publiques peuvent ruiner une économie prospère. 

Et du côté de l’Europe ? On aurait pu s’attendre à ce que les très mauvais résultats de la Conférence de Naples, les très mauvaises perspectives du sommet de Bruxelles, et les très mauvais comportements des Français et Allemands dans l’affaire des déficits fassent plonger l’euro. Il n’en a rien été, tant s’en faut. Une lecture audacieuse m’en a été donnée : les marchés ont été enchantés de la leçon donnée par les Chefs d’Etat à Mario Monti et à la Commission, c’est une revanche de la souveraineté nationale sur l’eurocratie. Cette interprétation me plaît, parce que cela signifierait que les marchés jouent contre l’Europe intégrée. Mais jouent-ils ensuite contre les Etats les plus dépensiers et les plus endettés ? L’Euro bloque en fait toute sanction discriminante. 

Je peux donc en conclure que les relations entre euro et dollar sont aujourd’hui guidées par des mouvements d’humeur des opérateurs sur le marché des changes, et qu’on ne saurait rien dire de sérieux sur la question, ni prévoir ce qui va se passer à plus long terme. Je me tais.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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