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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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LES MINISTRES SOUTENEURS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Décembre 2004 01:00
 Le radeau des médusés

Le remaniement ministériel nous a permis d’installer des ministres souteneurs. Bastiat avait inventé la catégorie des « enrailleurs », ceux qui par leurs initiatives empêchent les autres de travailler et détruisent le progrès au fur et à mesure qu’il apparaît en prenant des mesures qui compliquent la vie de tout le monde. Pour ma part, je reconnais à ces jeunes ministres la qualité de « souteneurs », car ils se proposent, avec beaucoup de bonne volonté, de soutenir la croissance.

Hervé GAYMARD et Jean François COPE ont délivré leurs premiers messages sur le thème : « le cap des 2,5% sera maintenu ». Ils y auront beaucoup de mérite, dans la mesure où pour l’instant la reprise de la croissance est comme l’Arlésienne. Jean Pierre RAFFARIN, nouveau BIZET, nous chante tous les jours les airs d’un opéra où le principal personnage n’est pas visible. Notre analyse de conjoncture rejoint pour une fois celle de la grande presse : loin d’assister à une reprise de l’économie, nous sommes sur la voie du tassement, alors que la plupart de nos partenaires étrangers semblent tirer parti d’une croissance mondiale tirée par les Etats-Unis dont les dernières performances s’affichent à un taux de 3,9% (on n’attendait que 3,7%), pratiquement le double que ce que nous aurons fait en 2004.

Mais pleins d’ardeur le jeune tandem ne s’arrête pas à ces contingences, et avec beaucoup de courage il relève le défi : faire croître une économie à un rythme qu’il a souverainement et courageusement choisi.

C’est que rien n’arrête ces souteneurs-là. Ils appartiennent à un milieu et à une génération où l’on est persuadé que la croissance est un acte de gouvernement comme un autre. Ils n’ont évidemment rien compris au procédé par lequel les richesses sont créées. Ou bien plutôt, ils pensent que le procédé utilisé depuis trois ans, sinon vingt ans, est le bon. J’entendais Jean François COPE déclarer : « Nous avons tout fait pour soutenir la consommation, maintenant les résultats doivent être là ». C’est beau comme du Keynes.

D’abord la consommation n’est pas « le moteur » de la croissance, comme le répètent inlassablement les perroquets keynésiens. S’il suffisait de distribuer de l’argent pour que la machine économique se remette en route et que les emplois réapparaissent en nombre, ce serait trop facile : plus vous dépensez, plus vous devenez riches ! Ensuite, on voudrait bien savoir quel argent supplémentaire les Français ont touché depuis trois ans, alors que leur pouvoir d’achat ne cesse d’être entamé par les prélèvements obligatoires en hausse constante, par l’interdiction ou la démotivation de travailler davantage (grâce aux 35 heures), et par la stagnation générale.

Ces jeunes gens ne savent pas que l’argent ne peut venir que de deux sources : ou bien la redistribution – et ce que l’on prend à Pierre pour le donner à Paul n’est plus à Pierre -, ou bien la production nette de richesses. Mais celle-ci n’existe que s’il y a des entreprises capables de proposer des produits de qualité sur un marché élargi et concurrentiel. Or les entrepreneurs sont doublement « enrayés » : d’un coté par la fiscalité, la réglementation et le pseudo droit du travail qui les dissuadent d’investir et de développer leurs affaires, et de l’autre par les coûts prohibitifs de la main d’œuvre et des services publics, qui plombent leur compétitivité internationale. En clair, la France manque de liberté économique : sur ce critère elle est classée aujourd’hui au  46ème  rang, le  dernier des pays de l’Europe des Quinze (Wall Street Journal). Sur 60 pays dont on compare la compétitivité, elle est 30ème (FMI). Et si l’on compare maintenant l’attractivité pour les investisseurs étrangers, la France ne figure pas, et de loin, dans les 20 premiers pays du monde (Banque Mondiale).

Il faut dire à la décharge de ces jeunes économistes que leur professeur et maître ne les a pas tellement familiarisés avec la science économique. Par exemple lorsque Jacques CHIRAC proclame « la baisse des impôts sera possible quand la croissance le permettra », il inverse les termes du problème. Il est en effet prouvé et logique que c’est la baisse des impôts qui contribue puissamment à la croissance. Les Français entreprenants et dynamiques, les locomotives qui tirent le train de la France, un train où s’ajoutent chaque année des wagons de privilèges, de parasites et de scandales politico financiers, demandent avant tout qu’on leur rende l’argent qu’on leur a confisqué. Sans quoi certains partent à l’étranger, et d’autres préfèrent se tourner les pouces. Tous les pays qui ont révisé leur fiscalité à la baisse, qui ont cessé de traquer l’épargne, le patrimoine, le profit, ont connu un redémarrage spectaculaire : Espagne, Irlande, Pays Bas, Grande Bretagne entre autres. Mais il est vrai que dans ces pays on a aussi réformé l’Etat, on l’a tenu dans des limites budgétaires et réglementaires plus étroites, on a privatisé, simplifié, économisé. Pas question de cela pour la France, où les enrailleurs professionnels sont à l’œuvre, sinon au travail : syndicalistes, corporatistes, bureaucrates, technocrates, voire même gouvernants…

Hayek disait : « Il n’est pas sage de demander les solutions à ceux qui ont créé le problème ».

Je crains que les souteneurs ne soient aussi les enrailleurs. Le pire, c’est que, pour soutenir leur impossible défi, ils demanderont aussi aux contribuables de les soutenir.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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