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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

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CONSTITUTION : LA MAIN N’A PAS TREMBLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 07 Mars 2005 01:00
 La conscience des générations futures

« Il ne faut toucher à la Constitution qu’avec une main tremblante » : ce conseil était celui de Montesquieu, l’un des pères intellectuels de la démocratie constitutionnelle.

Notre Président et nos Parlementaires n’ont pas eu la main tremblante, ils ont fait preuve d’audace. Il faut dire qu’ils devaient s’acquitter de deux tâches d’une ampleur historique : construire l’Europe et sauver la planète. Leur audace est donc digne des plus grands éloges.

Il est vrai qu’elle avait été stimulée ces derniers temps par quelques signes inquiétants. D’une part un certain discrédit frappait les hommes de l’Etat, il fallait donc apporter à nos concitoyens la preuve que gouverner ce n’est pas se loger, mais c’est loger les autres (Monsieur Borloo s’y emploie) et c’est encore sauver les niches écologiques (qui sont aussi des niches électorales). D’autre part l’étoile de notre diplomatie commençait à pâlir face à l’éclat de la nouvelle Secrétaire d’Etat des Etats Unis et au succès du Président Bush sorti soudainement de la stupidité maladive où l’avaient enfermé les médias et la classe politique française. Il fallait donc affirmer à la face du monde entier que la France était bien toujours la conscience morale et politique du monde, en donnant une leçon de conduite altermondialisée dans la plus pure tradition de la conférence de Rio. Donc, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Hexagonie, les princes qui nous gouvernent étaient en devoir d’affirmer quelque chose de grand, quelque chose de beau, quelque chose de généreux – dans le prolongement et la nostalgie du discours gaullien. 

Je ne dirai rien des amendements constitutionnels nécessaires à l’ouverture de la voie référendaire pour le projet de constitution européenne. Ils peuvent passer pour techniques, bien qu’au passage la hiérarchie entre constitution et traités internationaux soit quelque peu bousculée. Je ferai au contraire quelques commentaires sur la « charte de l’environnement » pour en montrer et la grandeur, et la beauté et la générosité. 

Grandeur : on n’a pas lésiné sur la philosophie. C’est grand comme du Robespierre invoquant la déesse Raison. Ici c’est la déesse Nature, notre mère Gaïa, qui inspire l’idolâtrie de nos législateurs. D’entrée de jeu, j’apprends que « le peuple français » considère « que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ». On mesure mal la portée de cette « considération », et on ne savait pas le peuple français si intelligent. Le voici en effet qui vient de rompre avec toutes les superstitions et croyances obscurantistes qui ont habité des esprits simples persuadés que l’homme est une créature de Dieu. Nous voici enfin réconciliés avec la science, celle des matérialistes et des évolutionnistes : l’homme matière né de la matière. Marx a enfin triomphé. L’ère positiviste, scientiste vient de s’ouvrir, enfin ! 

Beauté : c’est beau comme du Cousteau, du Michel Serres ou du Hans Jonas, trois descendants de Malthus qui ont compris toute la beauté de la nature et toute la laideur de l’humanité qui la détruit. « La diversité biologique, l’épanouissement personnel et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ». Qu’avec pudeur ces choses-là sont dites ! Qui penserait que derrière les « modes de consommation ou de production » se cachent l’horrible capitalisme sauvage, l’ultra-libéralisme américain, la société de consommation ? C’est à peine si le discours du Premier Ministre l’a laissé entendre, en visant le protocole de Kyoto – et ceux qui n’en veulent pas. Et quelle belle attention portée « aux générations futures et autres peuples » sacrifiés sur l’autel de la « réponse aux besoins du présent » ! Tout est dans cette formule : la lutte des âges, la lutte des classes, le Nord richissime et prédateur contre le Sud pauvre et exploité. Voilà qui appelle en retour l’émergence de nouveaux « droits à l’environnement » que l’on vient enfin d’honorer, pour les assortir d’ailleurs de trois articles sur les « devoirs » : devoir de préserver et d’améliorer l’environnement (article 2 : qui et comment ?), devoir de prévenir les atteintes à l’environnement (article 3 : qui et comment ?), devoir de contribuer à la réparation des dommages portés à l’environnement (article 4 : lesquels et comment ?). Quelle belle charte ! 

Générosité : les querelles partisanes médiocres ont été oubliées, pour ne voir que l’intérêt de la planète et des générations futures. Quand parle Raffarin, fermez les yeux : vous croiriez entendre du Bové ou du Mamère, en moins drôle il est vrai. L’écologie politique abaisse les barrières entre la droite et la gauche, elle soude le peuple de France autour d’un idéal digne de ce nom. Le Président rappelle à propos qu’il est le Président de tous les Français, et pas seulement de ceux qui ont voté pour lui au premier tour ; ce rappel pourrait être utile en 2007.

Au moment où les grincheux sont tentés de voir dans notre pays désordre social, grèves sauvages, corruption et privilèges, voici que nous sommes invités à nous fondre dans la grande famille humaine, et au nom de l’humanisme d’épouser les thèses marxistes. On peut répéter aux Cassandre de toutes origines ce message d’espoir que nous vaut le courage constitutionnel de nos parlementaires : « nous étions au bord du gouffre, nous avons fait un grand pas en avant ».

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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