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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Ca va mieux : tant pis ! PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 23 Août 2016 00:00

Depuis trois mois la mode est au « Ca va mieux ». Il s’agit, comme nous l’avons rappelé dans notre dernière Lettre, d’une farce-attrape : lire la conjoncture économique avec la lunette de la conjoncture politique. La bataille autour des chiffres n’a pas grand sens : d’une part, ces chiffres sont sollicités et contestables ; d’autre part, la conjoncture n’est que le pâle reflet des réalités économiques, qui sont inscrites dans les structures nationales et mondiales. A scruter chaque jour le sens de la fumée conjoncturelle, on en oublie qu’il y a un foyer et un vent. Faute de réfléchir aux réformes structurelles, elles sont remises à plus tard : tant pis pour l’économie française.

Peut-on dissocier l’observation de la conjoncture économique française de la campagne des présidentielles ? Où est le foyer ? D’où souffle le vent ?

 

Le foyer : trop d’Etat

L’étatisme sévit dans ce pays depuis des siècles, mais il atteint depuis un demi-siècle un niveau fatal. Trop d’Etat, c’est trop de dépenses publiques, c’est trop d’impôts. Trop d’Etat c’est trop de réglementation et de bureaucratie, c’est moins d’innovation. Trop d’Etat c’est trop de privilèges et de passe-droits, c’est moins de concurrence. Trop d’Etat c’est trop de redistribution, trop de spoliations, c’est trop d’assistanat.

Trop d’Etat, c’est non à la propriété, non à la liberté, non à la responsabilité. Tous les ingrédients de la croissance économique et de l’harmonie sociale sont en voie de disparition.

 

La fumée conjoncturelle

Le chômage serait passé en dessous de 10 % de la population active. Inversion significative de la courbe? Il faut comparer ce niveau à celui de la plupart de nos partenaires européens et constater que les emplois marchands créés sont très inférieurs aux emplois aidés ou publics.

L’objectif de croissance fixé par le gouvernement pour 2016 (1,5 %) serait sans doute atteint. Mais au deuxième trimestre, croissance zéro (nous l’avions prévu après les manifestations anti-loi du travail) et il faudrait deux fois 0,7 % au cours des deux derniers trimestres : les attentats et la perte de 10 % de touristes rendent le défi incertain. Le taux global masque de véritables crises dans certains secteurs (l’hôtellerie, mais aussi l’industrie, en baisse de 0,8 %).

Le déficit budgétaire ne dépasserait pas de beaucoup l’objectif de 3 % du PNB. Mais les rentrées fiscales vont souffrir de la faible croissance et les économies sur les dépenses n’ont pas été de 15 milliards comme le prétend Bercy, mais de 300 millions suivant la Cour des Comptes. Les dernières largesses électorales du Président représentent une facture imprévue de quelque 4 milliards d’euros.

 

Le vent du large

Le révélateur des faiblesses structurelles de l’économie française est sa position par rapport aux concurrents étrangers. Le match France-Allemagne a été perdu depuis fort longtemps, c’est un fait avéré. Le déficit de la balance commerciale s’est dégradé au cours du 1er semestre 2016, passant de 8,5 milliards d’euros à 9,7, en dépit d’une facture pétrolière très allégée. Non seulement les exportations plafonnent, mais surtout les importations s’emballent. Le « made in France » est un échec, les consommateurs achètent de plus en plus de produits étrangers. Nos entreprises manquent de compétitivité à cause du niveau de la fiscalité (un taux record d’impôt sur les bénéfices), à cause des troubles sociaux (la CGT a bloqué l’activité pendant un mois), à cause de charges sociales imposées par un monopole public aberrant.

L’économie française est également tributaire de la politique menée par la Banque Centrale Européenne. En alimentant en liquidités les banques et en pratiquant des taux négatifs, Mario Draghi organise une course à l’endettement et à l’irresponsabilité, incompatibles avec une gestion rigoureuse. La France en pâtit plus que la plupart des pays de la zone, car la rigueur y est malmenée depuis un demi-siècle, compte tenu de l’importance du secteur non-marchand et du niveau des prélèvements obligatoires.

Enfin, et en dépit de la rencontre de Naples, les changements introduits par le Brexit ne sont pas connus et ne le seront pas de si tôt – les négociations avec les Anglais peuvent durer deux ans encore, et les retombées politiques sur le Royaume Désuni ne sont pas encore visibles.

Toutes ces réalités devraient s’imposer au gouvernement actuel mais, plus encore, aux électeurs que l’on cherche à enfumer avec une mise en scène électorale.

 
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