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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

36 pages, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Les trois hélicoptères PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 15 Mars 2016 00:00

Ces trois hélicoptères sont ceux de Mario Draghi, de Milton Friedman et de Friedrich Hayek. Le président de la Banque Centrale européenne s’est permis de brocarder Milton Friedman, prix Nobel et chef de l’école monétariste. Il a repris l’image de l’hélicoptère jadis donnée par Friedman qui expliquait que la monnaie déversée par une banque centrale du haut d’un hélicoptère n’avait pour résultat que l’inflation, nocive à l’économie. Lui, Draghi se faisait fort d’inonder le continent européen en déversant du haut de son hélicoptère de Francfort des euros sans aucune limite, sachant que c’était tout bénéfice pour la relance de la croissance. Quant à l’hélicoptère de Friedrich Hayek, cet autre Nobel et chef de l’école autrichienne prédisait qu’il allait tomber en panne car sa mécanique serait déréglée : il valait mieux le laisser dans le hangar.

 

 

Friedman et le néo-quantitativisme

Reprenant la longue tradition d’Aristote à Jean Baptiste Say, Friedman attribue l’inflation à une création excessive de la quantité de monnaie. « L’activisme monétaire » est une erreur : la monnaie ne dope pas l’économie. « Rien n’est moins important que la monnaie…quand elle est bien gérée », dit-il. Mais quelle est la bonne gestion monétaire ?

Elle doit être automatique, il ne faut plus la laisser à la discrétion des banques centrales. Car le besoin de monnaie d’une économie est en proportion constante avec le volume de transactions effectuées. Pour fixer les idées : à un taux de croissance de 5% l’an, le besoin de monnaie exprimé par les entreprises et les ménages devrait augmenter de 5,5 % environ. « La monnaie est un bien de luxe » : on en consomme davantage quand on s’enrichit. Même si on se trompe sur le cap, l’important est de n’en point changer. Balancez des tonnes de dollars du haut de l’hélicoptère, la seule conséquence réelle sera la hausse du niveau général des prix : seules les étiquettes vont changer. Au contraire, une masse monétaire en croissance régulière à un rythme de k% a un effet stabilisateur : quand l’économie s’emballe, la monnaie sera insuffisante et freinera, quand l’économie ralentit, l’excédent de monnaie financera la reprise.

Dans les années 1980, en moins de deux ans le monétarisme a permis de mettre fin, aux Etats Unis et en Europe, à trente cinq ans d’inflation et de dévaluations. Conseiller de Reagan, Friedman a ouvert la voie à vingt années ininterrompues de croissance de l’économie américaine. Mais la politique automatique suppose rigueur et courage des dirigeants politiques, qui doivent renoncer à fabriquer de la fausse monnaie pour financer leurs déficits et rembourser leurs dettes.

 

Hayek et le taux d’intérêt monétaire

Les banques centrales ont aussi l’habitude de jouer sur le taux d’intérêt auquel elles feront payer leur concours. On n’est pas loin du quantitativisme, puisque des taux d’intérêt plus avantageux encourageront plus de demandes de liquidités, donc plus d’émission monétaire. Beaucoup de gens vont alors engager des dépenses et des opérations auxquelles ils auraient renoncé si le taux de la banque centrale avait été plus élevé. Le taux d’achat des liquidités, que Hayek appelle le taux monétaire, peut ainsi se trouver très inférieur au taux d’intérêt réel c’est à dire à ce que rapportent les liquidités empruntées, transformées en crédits bancaires et en financement de projets d’investissement ou de consommation. Cette « prime à l’emprunt » a un effet sur la qualité des crédits accordés. On débouche sur ce que Hayek appelle le « malinvestissement » : les mauvais projets seront financés et ce financement manquera aux bons projets. Freedman regardait la quantité de monnaie émise, Hayek la qualité des contreparties de la masse monétaire : les créances sur les banques, les ménages, les entreprises, les opérateurs en bourse. Loin de s’opposer, les deux approches se complètent, tout comme l’économie de l’offre et l’économie de la demande peuvent se conjoindre (avec toutefois une primauté à l’offre, d’après la loi de Say).

Mario Dragho fait mieux que les deux autres réunis : il multiplie la masse monétaire et abaisse le taux d’intérêt. Mais il n’a aucune crainte : les liquidités et les financements injectés sont orientés vers des emplois réels à haute rentabilité, puisqu’il s’agit de créances sur les Etats, qui en ont bien besoin et ne feront jamais faillite. Vive Draghi : à quand le Nobel ?

 
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