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L’économie mathématique

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Chypre : Les subtilités des dirigeants de l’Euroland PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Mercredi, 27 Mars 2013 00:00

Ils ont voulu secourir Chypre tout en détruisant ses atouts

 

Le scénario s’était déjà produit avec l’Irlande. La troïka (FMI, BCE, Commission Européenne) avait subordonné son aide à l’exigence d’une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés pratiqué par ce pays : avec 12,5 % seulement, les Irlandais avaient un taux attractif pour les investisseurs étrangers. Les Irlandais ont refusé de se plier à ce chantage, parce qu’ils savaient bien que leur seule chance d’éponger leur dette publique était dans la poursuite d’une croissance largement stimulée par l’implantation d’entreprises étrangères sur leur sol. Mais à Bruxelles on ne perd jamais une seule occasion de régler leur compte aux « paradis fiscaux ». et au fameux « dumping fiscal ».

C’est aussi le dumping fiscal que les sauveteurs de l’euro ont voulu éliminer en contrepartie de l’avance de 10 milliards d’euros demandée par les Chypriotes. Les Chypriotes ont en effet un taux d’impôt sur les sociétés de 10 % : de quoi encourager les épargnants de tous pays, et surtout les Russes, à apporter leur argent aux banques chypriotes (67 milliards dont 15 milliards russes). On parlait naguère de Chypre comme de la « Suisse de la Méditerranée ». La troïka a donc exigé en échange de l’avance non pas une baisse des taux (comme en Irlande) mais une taxe sur les dépôts bancaires, russes, étrangers ou locaux. Cette procédure est assez scandaleuse, car elle consiste à voler purement et simplement les déposants, même si parmi eux il y a des Russes qui blanchissent de l’argent. Le Parlement de Nicosie a refusé mardi de voter cette taxe (de 6,75 %) même avec un amendement tendant à dispenser de taxe les dépôts inférieurs à 20.000 euros. En dehors de l’aspect juridique de cette mesure, que serait devenue l’économie chypriote privée de son épargne ? Elle n’était pas très bien gérée jusqu’à présent (gouvernement communiste) mais les banques ont surtout souffert des impayés grecs, car les Chypriotes avaient fait une confiance assez aveugle à leurs cousins d’Athènes.

La troïka s’est prise au piège de ses subtilités. Rien d’étonnant à ce que le cours de l’euro plonge en quelques heures pour se retrouver en dessous du seuil de 1,30 dollars. Car les marchés en déduisent que pour « sauver l’euro » les gens de Bruxelles et la Banque Centrale Européenne sont prêts à tout – et même au pire.

 

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