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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

36 pages, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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ROUSSEAU (1712 - 1778) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 13 Janvier 2012 01:00

Une philosophie à pleurer

Michelet a admiré Rousseau : « Il a vaincu, tous ont pleuré ». Des milliers de ses contemporains ont été conquis par ses bons sentiments, par sa sensiblerie : ses appels au cœur, aux passions ont masqué toutes les incongruités de son œuvre.

Les pleurs tiennent lieu de raison. Rousseau ne se proposait-il pas de « perfectionner la raison par le sentiment » ? Ont aussi pleuré sans doute les millions de victimes des dictatures, de la Terreur au Marxisme, qui ont tiré leur légitimité de la « philosophie » de Rousseau.

De l’état de nature à l’état social : la grande corruption

Chez Rousseau l’état de nature est un paradis sur terre, où l’homme est bon, même s’il est amené à user parfois de la force – mais c’est une force naturelle. La nature est bonne, Rousseau est le vrai père de tous les écologistes.

Mais voilà que le paradis  s’est perdu. Le monde d’abondance naturelle et d’harmonie spontanée disparaît avec la multiplication des hommes  qui crée une rareté des ressources, et avec elle un processus d’appropriation : les hommes se regroupent pour lutter pour la propriété des terres. Alors les inégalités apparaissent : la société a corrompu l’homme. La science, la connaissance, la division du travail qui crée des solidarités artificielles : tout cela ne constitue pas un progrès, mais une régression. Avec l’état social apparaît l’oppression, l’aliénation, et Rousseau a pu passer pour « libéral » à cause de sa révolte contre le despotisme des monarques et de la religion.

Le contrat social fondé sur la volonté générale

Alors, Rousseau anarchiste ? Point du tout, car il propose la solution alternative à la propriété et au despotisme : le contrat social. Ce n’est ni celui de Hobbes, ni celui de Locke, c’est un contrat jailli spontanément des peuples. Le peuple est une entité issue du subconscient collectif, il n’est pas le produit d’une institution, mais d’un sentiment commun. La communauté n’est pas bâtie sur l’échange ni sur les relations interpersonnelles, mais sur le sentiment d’appartenance. Rousseau est ainsi le philosophe du holisme, de la supériorité du tout sur l’élément.

Grâce au contrat social, les règles de la société holiste s’imposeront à tous, au nom de la volonté générale, seule source du droit : le pouvoir naît de la souveraineté populaire. Les règles naissent de la démocratie, c'est-à-dire du suffrage universel. Mais Rousseau prend soin de disséquer les procédures de vote, en soulignant que l’opinion personnelle qui s’exprime dans l’isoloir n’a plus d’importance une fois le vote majoritaire acquis, car chacun se retrouve dans le résultat, quel qu’il soit, puisqu’il exprime la volonté générale.

La démocratie populaire

Rousseau peut ainsi passer pour l’inventeur de la démocratie populaire « moderne ». Expression de la volonté générale, la démocratie ne saurait être contestée. Elle n’est pas « représentative », il n’y a pas d’élus exprimant des opinions différentes et investis d’un mandat impératif, il n’y a que des « législateurs » oeuvrant dans le sens du bien collectif.

La tâche prioritaire du Législateur (ici le singulier est un signe fort) est de mettre en place un système d’éducation, puis une religion officielle, sous l’autorité d’un Etat – dont on ne sait avec clarté ni qui le constitue ni comment. L’éducation d’Etat a pour mission de maîtriser l’individualité de l’enfant pour l’amener à se fondre dans le collectif. Et la « religion civile », consubstantielle au  pouvoir politique, ne peut être reniée ou combattue que par des individus insociables, « incapables d’aimer sincèrement les lois, la justice », et qui seront naturellement « punis de mort ». Voilà qui nous ramène à l’état de nature !

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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