|
LES FONDEMENTS DE |
||||||||||||
|
Poursuivant les retranscriptions de Axel
Arnoux : L’engagement de l’entrepreneur Le rôle de l’entrepreneur
est précisément d’entreprendre, de bien servir sa clientèle, en conséquence
de réussir. Cette réussite passe par l’adhésion du personnel aux objectifs
de l’entreprise. L’entrepreneur a donc intérêt à soutenir la production
intellectuelle de ceux qui militent pour la liberté de créer et la liberté
d’entreprendre, et à s’investir dans la diffusion et la discussion de
ces idées avec le personnel. Le monde politique ou syndical : danger
pour l’entrepreneur ! Le monde politique
est peu enclin à la réforme. La preuve en est que les quelques tentatives
de mesures dites « libérales » que Or, la situation
est critique. Considérant le seul secteur industriel, il apparaît clairement
que les charges sociales, la réglementation, la fiscalité et les chocs
monétaires ont constitué autant de pressions auxquelles les entreprises
ont eu du mal à résister. Sur le seul
segment des instruments électroniques, ce secteur d’activité représentait
environ 10 000 personnes en France il y a 20 ans. Il n’en compte
plus que 1 200 aujourd’hui, dont 900 chez Chauvin Arnoux. Notre
entreprise s’est adaptée aux événements notamment par la mise en place
en 1985 d’une stratégie d’internationalisation dans différentes régions
du monde : en Chine, aux USA, en Allemagne, en Angleterre, en Italie,
en Suisse, en Autriche, en Espagne, au Liban et en Suède. L’objectif :
trouver de nouveau débouchés. Cela a été bénéfique voire salutaire.
J’avais il y a vingt ans une dizaine de concurrents français, il en
reste deux aujourd’hui dont le chiffre d’affaire a été divisé par 5.
Seule l’innovation, la diffusion de produits toujours plus sophistiqués
et adaptés aux besoins des consommateurs, permettent de résister à la
concurrence américaine et asiatique. Aussi, le message
que l’entrepreneur pourrait envoyer aujourd’hui à la classe politique
française c’est qu’il ne souhaite plus y participer ni la financer.
Concernant le
MEDEF, ex CNPF, je ne me suis pas résolu à y adhérer en 25 ans de carrière.
Il me paraît en effet difficile de défendre la baisse des impôts tout
en courant après les subventions et les ministères. De plus, comment
défendre les principes de libre marché en participant au monopole de
La diffusion d’idées et de principes Pour peu que
l’on ait quelques convictions, il est possible d’entreprendre à l’intérieur
même de l’entreprise un véritable travail de fond. Cela passe par la diffusion
d’informations totalement disparues dans les entreprises mais aussi d’idées
et de principes. Chez Chauvin Arnoux, plusieurs opérations ont été menées
dans ce sens. La première
d’entre elles a consisté à diffuser le véritable bulletin de paie ou
le salaire complet. C’est une notion à la fois comptable, économique
et juridique. En déclinant aux salariés le net payé par l’employeur,
plus l’ensemble des charges sociales (retraites, assurance maladie)
en part salariale et patronale (environ le double de ce qui est perçu
par le salarié), cette démarche procédait de la volonté de réduire l’ignorance
du monde du travail. En plus des
charges sociales, nous leur montrions également l’importance des prélèvements
directs : 10, 20 ou 30% du net perçu au titre de l’impôt sur le
revenu. Ainsi l’employé français peut-il mesurer le poids véritable
de la fiscalité en France : 65 et 75% pour un ouvrier, 85 à 90%
pour les cadres. Avec l’ISF, l’impôt sur le capital qui repose sur la valeur des biens
et non pas sur les flux monétaires que ces biens peuvent générer, il
faut considérer 10 ou 11 mois par an de travail pour le compte de l’Etat. Certaines personnes se sont ainsi retrouvées dans des
situations où leur impôt sur le capital était supérieur à leurs revenus !
Attendons de voir ce que donnera la promesse de « bouclier fiscal ».
Finalement,
cette diffusion d’information sur les véritables revenus, sur la véritable
valeur du travail, sur les sommes payées pour les logements sociaux,
le chômage, la maladie… rendait plus de transparence à un système social
et fiscal fort complexe. La seconde initiative
a consisté à établir un calcul actuariel sur les retraites. On calculait
les pensions futures dans le cadre de la répartition et, grâce à un
calcul actuariel, on comparait cela avec le rendement des placements
financiers pour déterminer les pensions dans le cadre de la capitalisation.
Là encore les résultats étaient assez impressionnants : en moyenne,
sur 25 ans, un ouvrier épargnait un capital de 300 000 euros et pouvait
prétendre à une pension deux fois plus importante que celle que la répartition
était supposée lui garantir. Le voyou n’est plus le patron mais l’Etat
Au sein de l’entreprise,
les réactions ont été extrêmement fortes : le voyou n’était plus
le patron mais l’Etat. Ce ressentiment a encore
été accentué par la mise en place de cours d’économie libérale. Avec
toute l’équipe de l’ALEPS, un programme de
formation a été mis en place qui concernait tant l’ouvrier que le manager.
Il s’agissait de faire découvrir ou redécouvrir les principes de l’échange,
du capital, de l’investissement, des systèmes publics et privés. Voilà donc des
façons de faire qui permettent à l’entrepreneur de s’inscrire dans la
démarche qui consiste à diffuser en France les idées de liberté et de
responsabilité. Finalement, l’entrepreneur a un rôle extrêmement important
pour initier et organiser la diffusion d’informations susceptibles d’animer
la société civile. Il doit être un leader pour pousser et organiser
ce type d’apprentissage. Il semble que ce soit le meilleur moyen de
faire bouger les choses. Ils y a bien
sûr d’autres aspects purement professionnels : démontrer que si
l’industrie va mal, ce n’est pas à cause des Indiens ou des Chinois
mais plutôt de la situation politique française ; que les délocalisations
ne visent pas à détruire les emplois en France mais plutôt à créer des
richesses et éviter les faillites. Il faut dire la vérité sur ce qu’est
la puissance publique et les systèmes sociaux français. J’insisterai
pour terminer sur ce dernier point : la classe dirigeante politique
et syndicale prend les salariés pour des demeurés en leur mentant de
façon éhontée. Le personnel a assez de bon sens et est assez proche
de la réalité pour savoir distinguer le mensonge et la vérité. Les gens
en ont assez de la propagande et perçoivent confusément qu’on leur cache
l’essentiel. Apportez-leur les moyens de se forger leur propre opinion
et vous verrez qu’ils savent mesurer les enjeux de la concurrence, les
méfaits du dirigisme et du parasitisme, et qu’ils comprennent ce qui
se passe et se passera pour eux. L’entrepreneur en reçoit gratitude.
Il n’a pas seulement réussi à changer les mentalités, il a rendu service
à des hommes et des femmes qui étaient dans l’ignorance et la crainte.
Le 22 Février
2006
| ||||||||||||