| LA MONDIALISATION RESPECTE LA PERSONNALITE |
| Une réflexion sur la subsidiarité et la mondialisation fait apparaître
la mondialisation sous son vrai jour. |
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Elle
n'est pas destructrice de la personnalité, elle a au contraire
tendance à respecter, mieux : à développer la personnalité.
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Trop
nombreux sont ceux qui pensent que dans une économie mondiale il
n'y a de place que pour des êtres humains standardisés, fabriqués
dans le moule américain, condamnés à manger des hot dogs, à boire
du Coca et à travailler pour une grande compagnie multinationale.
La
mondialisation est au contraire l'occasion de mettre en valeur les
capacités de chacun, car il n'y a de place que pour ceux qui sont
en mesure d'apporter quelque chose aux autres, pour ceux qui sont
performants. Or la performance n'est pas un don du ciel, comme la
beauté ou la santé, c'est le résultat d'efforts individuels, c'est
la volonté de progresser et de faire mieux.
Par contraste, le monde de l'Etat Providence a été celui de la massification,
de la grégarisation, de la "termitière humaine".
Il
ne faut pas se tromper d'adversaire. Oui, aujourd'hui la personne
humaine est menacée, déconsidérée, mais ce sont les régimes les
plus étatistes et les plus collectivistes qui fabriquent cette sous-humanité,
pour la rendre plus docile.
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| LA MONDIALISATION RESPECTE LA DIVERSITE |
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Pas
davantage la mondialisation ne détruit-elle les cultures locales,
n'efface-t-elle la diversité des familles, des régions, des nations.
On l'a vu : l'importance du capital humain requiert des structures
de formation et d'éducation plus efficaces, capables de donner des hommes
de meilleure qualité. La famille, la cité, le tissu associatif sont
les viviers indispensables aux acteurs de la mondialisation.
D'autre
part, s'il est vrai que l'activité marchande tend à introduire un
certain anonymat dans les relations inter-personnelles, et si la
mondialisation nous amène à traiter avec des gens que l'on ne connaît
pas, dont on ignore jusqu'à l'existence, cela fait naître par réaction
un besoin croissant d'enracinement. Les peuples les plus curieux
d'histoire sont les peuples jeunes, qui n'ont pas d'histoire. Les
hommes qui apprécient le foyer sont ceux qui voyagent le plus.
Enfin,
en libérant les individus de la Providence de l'Etat, la mondialisation
leur donne la possibilité et les moyens financiers de reconstituer
les cellules de la société civile.
Pour toutes ces raisons, il y a fort à parier que l’homme du XXI°
siècle sera plus désireux que jamais d'avoir une vie familiale,
communautaire et civique intense.
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| PAS D’INTEGRATION, MAIS DES ECHANGES |
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La
mondialisation ne demande donc pas que les individus et les
peuples soient intégrés dans un espace mondial homogène, mais
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simplement
que les individus et les peuples du monde entier soient en mesure
d'échanger.
Elle
invite les êtres humains à sortir de leur routine, de leur espace
borné, pour s'ouvrir de grands espaces, pour se laisser tenter par
l'innovation. Elle est une formidable découverte des autres, elle
est un étalon précis de sa propre valeur, et stimule le progrès
personnel.
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| UN FACTEUR DE PAIX |
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Parce
qu'elle pousse à la dépolitisation, la mondialisation concourt à
la paix mondiale. Pour faire des profits, les entrepreneurs, depuis
les patrons de PME jusqu'aux actionnaires des grandes compagnies,
n'ont pas besoin d'organiser des guerres ou des révolutions : au
contraire ils les redoutent plutôt, car aucun pays ne s'est durablement
enrichi par la voie des armes, même pas l'Empire Romain.
Dans
leurs ardeurs belliqueuses, dans leurs dépenses somptuaires, les
hommes de l'Etat sont aujourd'hui arrêtés par les retombées économiques
et sociales. Voilà pourquoi leur soif de pouvoir les pousse à s'organiser
en cartels pour s'affranchir du marché qui les rudoie tant.
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| LA MONDIALISATION IRREVERSIBLE |
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Ils
n'y réussiront pas, et pour longtemps la mondialisation est irréversible
au moins pour trois raisons :
- les
techniques qui se perfectionnent à grande vitesse aujourd'hui vont
toujours dans le sens de l'universalité, de la communication à distance,
et se déjouent des obstacles législatifs que veulent mettre en place
les Etats.
- les
pays les plus riches en sont arrivés à un tel degré d'interdépendance
qu'ils se ruineraient instantanément en voulant faire retour à un
commerce inter-national, voire même intercontinental. Ni la nation,
ni le continent ne peut s'organiser en économie autarcique ; cela
est vrai même des Etats Unis.
- les
pays les plus pauvres n'ont d'autre carte à jouer pour sortir de
la misère que la mondialisation. Ceux qui se sont lancés dans la
grande aventure du commerce mondial ont fait un bond spectaculaire,
et rattrappent en quelques années les plus riches. Même si leurs
sociétés sont inégalitaires, elles sont promotionnelles : elles
permettent à un grand nombre de progresser et incitent les autres
à les imiter. Voudrait-on enfermer le Tiers Monde dans sa pauvreté
et priver les plus déséhérités de la seule chance qu'ils ont de
s'en sortir ?
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| CONFORME A LA NATURE HUMAINE |
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Finalement,
on peut penser que la mondialisation est bonne non seulement pour
la paix mondiale, pour la prospérité universelle, mais aussi pour
l'être huamin, parce qu'elle est conforme à sa nature profonde.
Les
erreurs sur la mondialisation sont bien souvent des erreurs anthropologiques
: on ne comprend pas l'être humain tel qu'il est. On l'imagine tantôt
égocentrique, sans autre référence que son intérêt exclusif de celui
des autres, tantôt universel, conforme à un modèle abstrait, bardé
de droits de l'homme tout aussi abstraits.
Or,
et cela est bien connu depuis Aristote, l'homme est un être social,
qui éprouve naturellement pour les autres ce sentiment qu'Adam SMITH
a appelé la "sympathie", qui le pousse à s'entendre, à
échanger, à vivre en paix, à découvir et respecter des règles de
bonne vie en commun. Il faut être disciple de HOBBES et voir l'homme
comme "un loup pour l'homme" pour le condamner à subir
le Léviathan, pour appeler de ses vœux la protection du monstre
étatique, "cet être sans passion, sans génie et sans foi"
comme disait PROUDHON.
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| LA NATURE HUMAINE DEVOYEE |
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Mais
ce qui est naturel ne va pas de soi, comme beaucoup le pensent.
Se conformer à sa nature, assumer sa qualité d'être humain,
cela
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demande
des efforts, cela appelle des exigences. La mondialisation ne les
affranchira du Leviathan que si les hommes cultivent et méritent
leur liberté.
Or,
le poids des cinquante dernières années a été particulièrement lourd
dans ce domaine, parce qu'il a transformé des millions d'êtres humains
en assistés, en esclaves consentants.
Même
ceux qui ont tiré leur épingle du jeu l'ont fait avec le concours
de l'Etat, et si des gens s'en plaignent, ils sont souvent les premiers
à aller pleurer du côté de la puissance publique pour obtenir le
privilège, l'emploi, l'honneur ou la subvention qu'il recherche.
TOCQUEVILLE ne s'y trompait pas : tout en admirant les Américains
pour leur belle indépendance à l'égard de la politique, il avait
pronostiqué le glissement vers l'Etat Providence.
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| EDUCATION A LA RESPONSABILITE |
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C'est
dans le domaine de l'éducation que beaucoup de choses sont à refaire.
Les systèmes d'enseignement centralisé, les systèmes de protection
sociale, sont les deux foyers de perversion des esprits et des cœurs.
L'éducation à la responsabilité ne sera possible qu'avec une profonde
réforme de ces systèmes.
Les
pays qui ne seront pas capables de faire ces réformes seront condamnés
par la mondialisation, faute de pouvoir offrir les personnes de
qualité indispensables, faute d'avoir laissé s'exprimer le sens
de l'initiative, de la performance et de la réussite.
C'est
donc la formation des hommes qu'il faut par priorité arracher au
monopole de l'Etat.
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| PRATIQUE DE LA SOLIDARITE VOLONTAIRE |
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En
sens inverse, la solidarité est un domaine susceptible de
rendre toutes leurs vertus aux hommes libérés de l'Etat. La
reconstruction de la Société
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Civile
devrait permettre de remettre chacun d'entre nous en situation de
responsabilité vis-à-vis des autres : responsabilité des parents
vis-à vis de leurs enfants, et des enfants à l'égard des parents,
responsabilité des élus vis-à-vis des électeurs, des citoyens vis-à-vis
des règles sociales, responsabilité de son emploi, de son métier,
de son épargne, de son patrimoine, responsabilité de ses relations
aux autres.
En
réduisant la part du politique, et en pratiquant le marché au niveau
mondial, l'ordre communautaire peut très vite reprendre vigueur.
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| S’ENGAGER POUR UN NOUVEL HUMANISME |
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Comme
toujours, il n'y aura pas de changement décisif sans un engagement
de la part des hommes libres, qui doivent tendre la main et donner
l'exemple aux hommes et aux peuples asservis, et non pas se réfugier
dans un rejet de la société présente ou dans l'espoir d'un homme
ou d'un parti providentiel.
La
mondialisation nous offre une sérieuse chance de participer à une
aventure passionnante, qui remettra l'homme à sa juste place, au
cœur de la vie économique, au cœur de la société. Sachons saisir
cette chance.
La
mondialisation ouvre la porte au nouvel humanisme du troisième millénaire.
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