| AVANCER
SUR LA ROUTE DE LA LIBERTE | |
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Les prochaines
étapes sur la route de la liberté commencent maintenant à se dessiner : la
liberté économique appelle une concurrence généralisée, un retour à la propriété
et à la responsabilité, la liberté politique exige une redéfinition de l’Etat
et une restauration de l’état de droit. | |
Franchir ces étapes implique une
mobilisation des esprits et des cœurs. Il serait utopique d’attendre cette initiative
du seul côté de la société politique. Si l’on doit reconnaître le charisme de
certains hommes d’Etat réellement acquis aux idées de la liberté, le système politique
en lui-même et la majorité des politiciens sont avant tout soucieux de garder
le pouvoir, ou de le conquérir. Il ne faut pas demander au chat de veiller au
bol de lait. C’est donc du côté
de la société civile qu’il faut chercher la solution. Hélas,
elle a été souvent laminée par l’Etat Providence et les régimes totalitaires,
et un véritable travail de reconstruction est maintenant nécessaire. La base solide
de cette reconstruction, c’est l’éthique de la liberté. | | |
| L’ETHIQUE DE LA LIBERTE,
BASE DE LA SOCIETE CIVILE |
| L’éthique
de la liberté, c’est celle de la responsabilité et de la communauté. Elle requiert des vertus morales pratiquées par les individus
et reconnues par la communauté, qui permettent l’épanouissement personnel et l’harmonie
des relations entre les personnes. Ces
vertus ne sont pas innées, elles sont le fruit d’une éducation et d’une expérience. |
| | Le
meilleur cadre éducatif est celui de la famille, elle est réellement la cellule
de base de la société civile. Non seulement parce qu’elle assume un grand nombre
de fonctions indispensables à la vie, mais aussi parce qu’elle est une préparation
à la vie, elle enseigne le service, le partage, le respect des autres. Le cadre
scolaire est aussi indispensable, à condition de ne pas couper l’enseignement
de l’éducation, et de prolonger l’éducation familiale. Enfin, il y a la grande
école de la vie, qui permet à l’individu de se parfaire à travers son action.
| | | | LIBERTE
ET RESPONSABILITE |
| Que
peut-on apprendre de l’éducation et de l’expérience éclairées par l’éthique de
la liberté ? La première leçon est que l’on est responsable de ses actes,
que l’on doit relier sans cesse ses actes et les conséquences de ses actes. |

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| | Dans
l’action nous prenons la mesure de nous-même, nous pouvons repérer nos erreurs
et nos faiblesses pour les éviter à l’avenir. Si la liberté permet à chacun de
s’épanouir par l’action, elle peut aussi conduire à l’anéantissement. La liberté
des actes n’a de valeur que quand elle s’ordonne à la dignité de la personne.
| | | | LIBERTE
ET COMMUNAUTE | |
La deuxième leçon est que la responsabilité
de nos actes se révèle essentiellement dans nos relations avec les autres. D’abord parce qu’aucune action humaine ne peut
se concevoir de façon isolée, et que nos comportements individuels modifient toujours
la nature et la qualité de ces relations. Ensuite
parce que la plupart des actes de notre vie impliquent tantôt l’échange, tantôt
le partage, tantôt le pouvoir, qui sont ou devraient être trois sortes de service
des autres. Si
elle s’ordonne à la dignité de la personne, la liberté s’ordonne aussi au service
de la communauté. C’est ce que l’on apprend dans le jeu des solidarités familiales.
C’est ce que l’on pratique dans l’échange marchand et dans l’entreprise. C’est
ce qui justifie le pouvoir. Enfin,
et non le moindre, chacun d’entre nous détient seulement quelques éléments de
la connaissance et de l’information, et nous ne pouvons agir qu’à travers des
processus de coordination et de rencontre avec les autres. Ainsi
liberté, responsabilité et communauté vont-elles de pair. | | |
| LA
SOCIETE CIVILE EN RELAIS DE L’ETAT |
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Malheureusement, tout comme le sens
de la responsabilité, celui de la communauté,
et les communautés elles-mêmes, ont été mis à mal soit par les dictatures, soit
par la philosophie et les mœurs de l’Etat Providence, qui a balayé tout ce qui
était intermédiaire entre les individus et l’Etat. | |
« Chacun pour soi, l’Etat pour
tous » : voilà qui oriente à la fois et paradoxalement vers l’égoïsme
et l’assistanat. L’administration tient lieu de communauté. Le
dramatique tête-à-tête de l’Etat et des individus peut-il cesser aujourd’hui ? L’Etat
s’est déconsidéré, et n’inspire plus confiance. Mais il tient encore une telle
place que bien des gens ont peur du vide que laisserait son retrait. Voilà pourquoi
il est urgent de réhabiliter et de reconstruire la société civile, pour qu’elle
prenne le relais de l’Etat. Relais salutaire et efficace : pour obtenir le
plein emploi, pour assurer la protection sociale et faire jouer la solidarité,
pour prodiguer l’éducation et la culture, les entreprises, les associations, les
clubs peuvent faire mieux que l’Etat. Les communautés sont donc appelées à jouer un rôle décisif au cours des vingt cinq
prochaines années. | | | | LA
COMMUNAUTE HUMAINE |
| Mais,
au cours des vingt cinq prochaines années, le sens de la communauté ne devra-t-il
pas prendre en compte la mondialisation, et ne devra-t-il pas se déduire du sentiment
d’appartenance à la grande famille humaine ? Pour
l’instant, en héritage de l’étatisme du XX° siècle, nous assistons à de nombreuses
et dangereuses flambées de nationalisme et de xénophobie. Le conservatisme économique
et social qui fait rejeter la concurrence des étrangers se double d’un conservatisme
politique et culturel qui multiplie les
tensions entre les peuples. Certains n’hésitent pas à diagnostiquer un choc des
civilisations. C’est une possibilité,
c’est une lecture du monde moderne. On peut cependant lui opposer la tendance
à la reconnaissance universelle de certaines valeurs, qui sont celles de la liberté :
respect de la personne humaine, tolérance de la diversité, libres choix politiques
et religieux. Aujourd’hui et demain, nous serons confrontés à cette difficile
combinaison de l’universalité et de l’individualité. Nous en trouverons la formule
bien plus sûrement dans la mutuelle compréhension que dans le fondamentalisme. |
| | | LA
DYNAMIQUE DE LA LIBERTE |
| On
le voit : la route de la liberté n’est pas une voie royale, mais bien plutôt
un passage étroit, une brèche ouverte dans le mur de l’ignorance, de la violence
et des égoïsmes. | |
| On
pourrait céder à la tentation du scepticisme, voire de l’abandon, si on ne pensait
pas à tous les progrès réalisés depuis vingt-cinq ans, et à la formidable dynamique
de la liberté. Cette formidable
dynamique de la liberté est portée par les idées, par la raison et la passion
des hommes. Elle est stimulée par les attentes de l’humanité entière. |
| | | LA
RECONQUETE DES ESPRITS |
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« Les idées mènent le monde » :
cette formule commune à KEYNES et à HAYEK est corroborée par les évolutions les
plus récentes. Ce qui a permis la diffusion des idées de la liberté, c’est la
reconquête des esprits. | | De
la même façon que les esprits avaient été subvertis et corrompus par le marxisme
et les philosophies collectivistes, ils ont été éclairés par les enseignements
et les initiatives de très nombreux intellectuels : HAYEK et son œuvre, et sa
création de la Société du Mont Pèlerin, mais aussi des chefs d’entreprises comme
Antony FISHER et le réseau d’instituts qu’il a mis en place dans le monde entier,
et encore tous ces « think tanks », toutes ces sociétés savantes présentes
dans le débat des idées. De grands foyers universitaires ont élargi et approfondi
la « Nouvelle Economie » et la philosophie libérale : à Fribourg,
à Chicago, en Virginie, en Californie, à New York, etc. Tous ont guidé et accompagné
les changements majeurs, et ne cessent aujourd’hui de travailler au succès de
la liberté. | | | |
SATISFAIRE LES ATTENTES,
REDONNER L’ESPOIR |
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Nul
doute que l’obstination, la compétence scientifique et l’enthousiasme de ces « légionnaires
de la liberté » trouveront progressivement un écho dans la grande opinion
publique. Car les formules de la liberté sont complètement adaptées à une humanité
en attente. |
| | Attente
des jeunes, qui veulent rompre avec des schémas d’où la générosité, la spontanéité
et la convivialité sont exclues. Ils veulent aussi avoir leur chance, montrer
ce dont ils sont capables, et refusent l’étouffement et la massification des sociétés
dirigées par des castes. Attente
des pauvres, de tous les pauvres de tous les pays, qui veulent accéder au mieux-être
et faire la preuve de leurs capacités, de leurs mérites : ils savent, et
ils sauront chaque jour un peu plus, qu’ils peuvent vivre autrement pourvu qu’on
leur en laisse la liberté, pourvu que leurs enfants puissent être instruits et
intégrés dans le réseau des échanges locaux et extérieurs, pourvu que cessent
la corruption, l’oppression des dictateurs
et des mafias. Attente de ceux
qui doutent, désespèrent et craignent les changements du monde actuel. Ils assistent
impuissants aux barbaries et aux soubresauts du passé, ils ne perçoivent pas la
lumière du progrès dans la liberté. Ils ont besoin de références, de repères dans
le monde nouveau. Ils ont besoin d’espoir. Nous avons tous besoin d’espoir. |
| | | TEMOINS
DE LA LIBERTE |
| Toutes
ces attentes peuvent être comblées, et au delà, par la liberté. La tâche à accomplir
maintenant est de démontrer le lien entre liberté et progrès. Certes le bilan
de ces vingt dernières années nous fournit des éléments pour cette démonstration.
Mais ce bilan a été occulté par les résistances au changement, par les douleurs
de l’enfantement. Il nous reste
alors à dire la vérité, et à pratiquer l’exemplarité. |
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| | La
vérité pour aider les autres à y voir clair dans l’histoire contemporaine, pour
séparer le bon grain de l’ivraie : ce qui a réussi, ce qui réussira, c’est
ce qui relève de la liberté, tous les échecs et tous les drames naissent des atteintes
à la liberté. Il nous faut décliner cette antienne à tous les problèmes de la
vie quotidienne, à tous les évènements marquants. Mais
nous serons crédibles et suivis d’autant plus facilement que nous donnerons nous-mêmes
l’exemple d’hommes libres, responsables et communautaires, que nous cultiverons
à titre personnel ces vertus indispensables à créer un monde d’harmonie. La
liberté est la dignité de la personne humaine. La dignité de la personne humaine
est de porter l’image de la liberté, avec ses exigences et ses espoirs. Dans les
vingt cinq ans à venir, soyons des témoins de la liberté. Non, il n’y a pas
lieu de désespérer. Quelles que soient les impressions que fassent sur nous des
circonstances très voisines, l’humanité marche et s’avance. Ce qui nous fait illusion,
c’est que nous mesurons sa vie à la nôtre ; et parce que quelques années
sont beaucoup pour nous, il nous semble que c’est beaucoup pour elle. |
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