| PEUT-ON REDUIRE L’ETAT ? |
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La liberté économique
a fait son chemin à travers la mondialisation, en dépit des déviations
et des blocages.
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Mais la remise en cause
de l’Etat Providence, de l’économie dirigée et des politiques macro-économiques,
c’est aussi la remise en cause de l’Etat lui-même, et de la façon
dont il a fonctionné au XX° siècle.
La réduction de l’Etat,
la redéfinition de son rôle et de son pouvoir : voilà des problèmes
débattus depuis vingt cinq ans. Ont-ils trouvé une solution ?
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| LA DEMOCRATIE EN
CRISE : LA SOCIETE POLITIQUE CONTESTEE |
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La question se pose
aujourd’hui avec une acuité particulière, parce qu’il existe une
vraie crise de la démocratie.
Non seulement l’accès
à la démocratie a été chaotique dans les pays naguère soumis à des
régimes totalitaires, mais la pratique de la démocratie s’est dévoyée
dans les nations réputées libérales. On voit les citoyens se désintéresser
de la chose publique, parce qu’ils ne croient plus à l’efficacité
et encore moins à la probité des élus et des dirigeants, parce qu’ils
ont le sentiment que les groupes de pression ont fait le siège du
pouvoir et que l’Etat est devenu, comme le disait BASTIAT, « cette
grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde s’efforce
de vivre aux dépens des autres ».
Les hommes de l’Etat
ont voulu élargir ses compétences, pour élargir leurs clientèles.
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REVENIR
A LA SUBSIDIARITE
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Mais ce qu’il
a gagné en pouvoir apparent, l’Etat l’a perdu en crédit. Le
paradoxe est qu’il est incapable d’assumer ses missions naturelles,
au moment où il prétend multiplier ses missions nouvelles.
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L’Etat ne peut
plus garantir les droits individuels, en particulier la sécurité
des personnes et des biens. Pour assurer les libertés fondamentales,
il faut donc délimiter son domaine, et pour ce faire recourir
au principe de subsidiarité.
Ce principe veut
que l’Etat intervienne seulement lorsqu’il y a impossibilité
pour les autres cellules de la société de régler leurs propres
problèmes à leur niveau. Que les individus, les communautés
et les diverses organisations privées soient libres d’agir
par priorité, puis en cas de nécessité absolue que l’on puisse
recourir à la puissance publique, au niveau local d’abord,
puis enfin, en dernier recours, au niveau central, celui de
l’Etat.
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| EN DESSOUS DE L’ETAT,
EN DESSUS DE L’ETAT |
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Le principe de subsidiarité
permet de deviner ce que pourra être le futur de l’Etat au XXI°
siècle. L’Etat sera soumis à une double pression ; du bas et
du haut.
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En bas, on observera
– et on observe déjà – une renaissance des entités et des aspirations
régionales : le jacobinisme a certainement vécu, les rigidités
et les gaspillages de la centralisation sont devenues intolérables.
En haut, on observera
– et on observe déjà – la nécessité pour l’Etat de se fondre dans
des structures politiques plus larges, et de prendre en compte un
phénomène inattendu et inconnu depuis le Moyen Age : les pouvoirs
politiques sont en concurrence, les souverainetés s’effritent. Les
frontières actuelles, produits artificiels de l’histoire moderne,
n’ont guère plus de sens.
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UN ETAT
MONDIAL ?
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Certains en viennent
à pronostiquer et à souhaiter l’émergence d’un Etat mondial. Ce
« mondialisme », au sens strict, reviendrait en fait à
reconstituer au niveau planétaire le pouvoir perdu par l’Etat au
niveau national.
Un gouvernement mondial
aurait tous les défauts de la centralisation jacobine, et toutes
les tares d’un monopole sans contrôle possible.
Pour la bonne entente
entre les peuples, pour assurer la liberté, mieux vaudra, aussi
bien au niveau mondial qu’au niveau continental, une concurrence
entre Etats, avec une totale liberté de circulation ou, au pis aller,
un fédéralisme flexible assorti d’un droit de sécession.
Mais la meilleure garantie
contre l’arbitraire des Etats et du pouvoir politique à tous les
échelons demeurera longtemps la mise en place et le respect de règles
de droit fixant les pouvoirs et les obligations des gouvernants.
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| LA LEGISLATION, EPEE
DE L’ETAT |
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Cependant, comme l’enseigne
l’histoire de la poule et de l’œuf, il est aujourd’hui difficile
d’imaginer un état de droit s’imposant à l’Etat quand c’est l’Etat
qui fait le droit !
Cette emprise des Etats
sur le droit contemporain a été dénoncée notamment par HAYEK. Il a
expliqué comment les législations mises en place par les élus et
les dirigeants s’éloignaient de plus en plus du vrai droit. Et quand
la législation revient à nier le droit, il n’y a plus moyen de garantir
la liberté. La pensée d’HAYEK est en écho du constat de BASTIAT,
dès le début du XIX° siècle : « La loi n’est plus le
refuge de l’opprimé, mais l’arme de l’oppresseur. La loi n’est plus
un bouclier mais une épée ».
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LE DECLIN
DU DROIT
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Ce « déclin du
droit » est dû, comme l’avait montré BASTIAT, à cette croyance
bien ancrée dans les esprits suivant laquelle le législateur a tout
pouvoir pour imposer sa loi, pour faire le droit.
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En réalité le droit
est antérieur au législateur, parce qu’il est inscrit dans la personne
humaine elle-même : la liberté, la propriété, le respect de
la vie sont de droit naturel et aucune loi d’aucune assemblée ne
peut les atteindre, les limiter ni, a fortiori, les violer.
Or, pour les besoins
de leur carrière politique, élus, partis et dirigeants s’arrogent
la possibilité de réaménager à leur façon les droits individuels,
jusqu’à les vider de leur sens, voire à les supprimer. Ainsi en
est-il en particulier du droit de propriété, jugé contraire à la
« justice sociale », alors que « l’homme naît propriétaire »,
disait BASTIAT, puisque la propriété fait le lien entre la liberté
et la responsabilité.
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REINVENTER
LE CONTRAT
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De la même manière le législateur (ou le
juge) s’est mis en tête de réécrire les contrats et conventions librement
passées par les particuliers. |
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Le « contrat de
travail » est évidemment un exemple extrême de cette caricature
du droit, puisqu’employeurs et employés se voient imposer la quasi-totalité
des clauses de ce pseudo-contrat : durée, rémunération, contenu,
contentieux, responsabilité sont établis suivant les prescriptions
des gouvernements ou les interprétations des juges.
Fort heureusement, en parallèle avec la contestation de la souveraineté
étatique, la liberté contractuelle refleurit, notamment dans les
échanges extérieurs, qui laissent peu de prise à la souveraineté.
La mondialisation se développe à travers de telles relations interpersonnelles.
L’économie de réseaux appelle une renaissance du contrat.
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RESPECTER
LA PROPRIETE
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Les vertus de
la propriété privée réapparaissent aussi, dans des domaines
où on ne les attendait pas.
La protection
de la propriété intellectuelle est un premier exemple, d’une
grande importance pratique à une époque qui donne une prime
à l’innovation, l’information et la diffusion des connaissances.
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Un autre exemple est
celui de la protection de l’environnement. Face aux échecs et aux
scandaleux privilèges nés de « l’écologie politique »
bâtie autour de l’idéologie du « développement durable »
et réalisée à travers la réglementation étatique anti-marchande,
« l’écologie de marché » a pris son essor et contribuera
sans aucun doute à assurer, grâce à la propriété privée, la conservation
et la reconstitution des ressources naturelles devenues rares, qu’il
s’agisse des espèces, des essences, de l’air ou de l’eau.
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| RESTAURER L’ETAT
DE DROIT |
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Redécouvrir la
propriété privée, le libre contrat, la sécurité des biens
et des personnes, rétablir les droits individuels contre l’inflation
législative : voilà les bases d’un retour à un véritable
état de droit.
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Une situation où les
gouvernants sont là pour protéger le droit, et non pour le façonner
à leur manière.
Une situation où les gouvernants eux-mêmes sont soumis à la règle
de droit. HAYEK disait qu’à tout prendre l’égalité devant la règle,
l’isonomie, est plus importante pour la liberté que la démocratie.
Car la démocratie peut engendrer les privilèges, les lois d’exception,
faites par et pour les hommes de l’Etat.
Aujourd’hui, il faut
déconnecter le droit et le pouvoir. Pour maintenir la société politique
à l’intérieur de ses limites, il faut restaurer l’état de droit.
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