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| QUELLE
ACTION POLITIQUE DANS LES PROCHAINES ANNEES ? |
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Après avoir tenté
l'analyse théorique des liens qui unissent réflexion économique
et action politique, après avoir dressé un bilan des idées économiques
qui circulent dans le monde contemporain, il est sans doute
temps de se risquer à un exercice prospectif : que
sera l'action politique dans les prochaines années ? |
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Cet
exercice est périlleux, mais nécessaire.
Périlleux, parce que l'histoire nous réserve
des surprises - entendons par là que les comportements individuels
peuvent infléchir les évolutions sociales d'une manière qui ne nous
est pas intelligible. Ces surprises peuvent être heureuses, comme
la libération des pays communistes - attendue depuis si longtemps
que l'on n'y croyait plus. Elles peuvent être malheureuses, comme
le retour des dirigeants français au "socialisme marxiste"
(suivant l'expression de François MITTERRAND) en 1981.
Exercice nécessaire, parce qu'il peut nous
guider dans l'effort permanent que nous menons pour orienter nos
pays vers les formules de la liberté.
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LES EVOLUTIONS
INELUCTABLES
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Pour essayer de comprendre ce qui nous attend,
commençons par admettre que nous n'échapperons pas à certaines évolutions
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- évolution des aspirations : les générations
nouvelles attendent autre chose, les situations nouvelles appellent
autre chose ;
- évolution des institutions : le cadre
suranné des Etats souverains dans lequel les choix politiques s'opèrent
aujourd'hui sera sûrement abandonné ;
- évolution des messages : le langage politique
se renouvellera, ainsi que les relations entre le pouvoir et le
citoyen.
Quelles
sont les idées économiques qui accompagneront ces diverses évolutions
?
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ECHEC
DE LA PLANIFICATION
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Parmi les nouvelles aspirations, il y a
sans doute au premier rang, celle qui consiste à dépasser
économie et politique dans une préoccupation éthique.
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L'économie
a été immergée dans le politique durant six siècles au moins.
L'alliance de l'économie et du politique
a été portée à son sommet avec le socialisme planificateur.
Et l'échec de cette alliance n'a pas seulement
Été fonctionnel. Il a été humain : l'homme n'a plus trouvé son compte
dans cette vie sociale, sans espoir, sans projet, sans responsabilité,
sans liberté.
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| L'ECONOMIE
ETHIQUE |
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Aujourd'hui science économique et message
évangélique convergent dans la direction de l'économie éthique.
La science économique met en relief l'importance
du capital humain, de l'initiative, de la propriété privée, de l'échange,
du service des autres, de la communication. L'économie expliquée
par l'école autrichienne est catallactique, elle transforme le monde
en une rencontre qui permet de mieux suivre les besoins de chacun,
en une information sur les autres.
Au même moment, dans son Encyclique "Centesimus
Annus", le Pape Jean Paul II réconcilie le capitalisme et l'Eglise
Catholique, en froid depuis l'origine ! Pourquoi la réconciliation
? Parce que le capitalisme permet à l'homme de créer, de dominer
la terre, mais aussi de se créer, d'aller au plus haut de ses aspirations.
Parce que le capitalisme ne met pas en scène un homme parfait, rationnel,
mécanique, mais un individu soumis à l'erreur - et cependant capable
de la reconnaître et de la redresser. Parce que le capitalisme est
à base de contrat, d'engagements et de droits mutuels, qui sont
les fondements de la paix civile.
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LES
INSTITUTIONS NEES DE L'EXPERIENCE SOCIALE
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Mais
les institutions présentes sont-elles prêtes à recevoir l'économie
éthique ? Elles sont héritées des siècles précédents et se sont
encore durcies avec ce siècle d'Etat Providence.
Or
l'histoire, aussi bien que l'analyse économique, nous montre comment
des institutions inadaptées finissent par se déformer, s'adapter,
ou disparaître.
Faut-il s'en étonner ?
Les institutions ne sont pas là au hasard.
Elles découlent, directement ou indirectement, de choix individuels
plus ou moins conscients. A coup sûr, elles sont le résultat de
l'expérience sociale.
Des règles pratiquées dans le cadre d'espaces
restreints, et qui pour cette raison peuvent faire l'objet d'unanimité,
ont tendance à s'élargir quand elles ont des vertus éprouvées par
ceux qui se les sont données, et finissent par s'institutionnaliser
c'est à dire par revêtir un caractère relativement permanent, général
et égal.
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DE
NOUVELLES INSTITUTIONS
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| Les institutions disparaissent-elles
suivant le même processus et au même rythme qu'elles apparaissent
? |
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La question demeure
ouverte. Pour les uns, toute règle sociale, et tout régime politique,
s'expose à une rupture assez brutale. Pour les autres, il y
a des phénomènes de contestation progressive, de désobéissance
à la règle, puis de désuétude de la règle. |
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Mais,
quelle que soit la réponse, on peut tenir le pari que le monde éthique
appelle déjà et appellera de plus en plus des institutions appropriées,
plus personnalisées, plus flexibles, plus participatives et plus
communautaires.
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UN NOUVEAU
DISCOURS
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Ces évolutions institutionnelles seront
sans doute provoquées et accompagnées par un nouveau discours politique.
Jusqu'à présent ce discours a été à sens
unique : l'Etat offre plus de rentes et demande plus de pouvoirs.
Le nouveau discours devra tenir compte du
double fait, premièrement que les rentes perdent un peu plus dE
leur valeur chaque jour puisqu'elles se sont multipliées sans que
les richesses croissent pour autant, puisque les richesses ne croissent
qu'avec les profits, et deuxièmement que les excès de pouvoirs de
l'Etat deviennent intolérables même aux hommes les plus serviles.
Les hommes veulent retrouver leur prospérité,
il veulent retrouver leur dignité.
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RETROUVER
LE CHEMIN
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Le message
politique que les gens attendent sans doute est donc celui
qui rend aux individus initiative et responsabilité, puisque
ce sont les recettes du succès matériel, mais aussi du mieux-être
spirituel.
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Faut-il
de l'héroïsme pour lancer ce message ?
En apparence oui, en réalité non.
En apparence, un peuple rentier et asservi
entend mal les appels à l'effort et à l'autonomie.
En réalité, il faut observer le désenchantement
des aînés, le désarroi des jeunes, pour comprendre que tous attendent
de relever la tête. Mais pour l'instant ils ne perçoivent aucune
direction, aucune étoile.
Parce qu'il ignorent qu'ils portent en eux
leur étoile, et qu'il suffit de balayer devant leurs yeux le brouillard
des conditionnements, de l'ignorance et de l'isolement.
Libérer, enseigner, réunir : voilà qui permet
de retrouver le chemin.
Voilà une action politique, voilà un message
pour les années à venir.
Voilà un espoir.
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