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DYNAMIQUE ETHIQUE
ET CULTURELLE
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Rév. Robert Sirico : Les
vertus de l’entrepreneur |
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Dimension économique de l’entrepreneur Le niveau de
bien être économique est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’a jamais été.
Toutes les études le montrent, quel que soit le critère retenu :
nutrition, santé, logement. A l’exception notable de quelques pays d’économie
centralisée, planifiée, ou en proie à la corruption (Corée du Nord, Cuba…),
toutes les régions du monde sont concernées. Et pour cause, nous connaissons
le secret de la productivité économique. Nous connaissons le secret de
la richesse des nations. Nous savons qu’elle ne trouve sa cause ni dans
les efforts déployés par une armée d’âmes charitables oeuvrant à travers
le monde, ni dans les programmes de développement étatique, produisant
bien souvent des résultats opposés à ceux escomptés. La cause de ce développement
humain doit plutôt être attribuée à l’élargissement des marchés :
la mondialisation ou la globalisation. Au cœur de ce
processus se trouve le caractère unique d’un homme ou d’une femme ayant
la capacité de percevoir ce que les autres n’ont pas perçu, de découvrir
ce que les autres n’ont pas encore découvert, de mettre en relation des
facteurs de production qui débouchent sur une plus grande productivité. Dimension culturelle de l’entrepreneur Pourtant, plutôt
que de rendre hommage à ces hommes et femmes capables de prendre des risques,
de déceler et d’exploiter des opportunités qui soient de véritables bienfaits
pour la société, une certaine culture fait de l’entrepreneur un individu
moralement critiquable. L’image classique que les gens en ont est celle
d’un rapace, d’un voleur doublé d’un menteur aimant les consommations
ostentatoires. Le mythe est d’ailleurs entretenu dans l’opinion par la
littérature, le cinéma et bien entendu, quelques affaires de corruption,
à l’image d’Enron. Cette culture
est encore renforcée par l’auto critique pratiquée par certains hommes
d’affaires à succès. En faveur du socialisme, ils fustigent leur fonction,
leurs homologues et font des donations à des organisations qui détruisent
le monde des affaires. Il semble que
tous les coups soient permis. On peut dire et faire ce que l’on veut afin
de montrer qu’il y a un problème moral avec l’économie de marché et plus
particulièrement avec la « minorité entrepreneuriale »
à l’égard de laquelle on ne veut faire preuve d’aucune tolérance et envers
laquelle on ne reconnaît aucun droit de protection, à l’instar des minorités
raciales, ethniques, religieuses… Cette attitude
est-elle justifiée ? S’il y avait un tel degré de malhonnêteté, nous
ne pourrions pas vivre. Le miracle du marché est précisément que tant
de choses se produisent. Or, l’atmosphère culturelle ambiante affaiblit
la confiance des entrepreneurs et diminue leur sens des responsabilités.
Il faut donc à tout prix changer cela si l’on veut que le processus de
croissance se poursuive. Dimension sociale de l’entrepreneur Il faut commencer
par réfléchir sur la nature de la personne humaine. Qui sommes-nous ?
Nous sommes des êtres matériels. Nous vivons dans un contexte de rareté.
Mais contrairement à l’un des mythes étatiques selon lequel les êtres
humains sont essentiellement des gens qui consomment, n’oublions pas que
nous sommes surtout des esprits qui produisent. Il y a là une réalité
duale. En conséquence, la question « qui sommes nous ? »
appelle une réponse claire : nous sommes des êtres pensants, des
êtres qui raisonnent. Notre intellect peut être décrit comme la dimension
essentielle de notre personnalité qui permet de transcender notre relation
avec la nature. Autrement dit, nous pouvons dépasser les circonstances
dans lesquelles nous nous trouvons de façon normative par l’utilisation
de notre raison : elle fait de l’homme un homme. D’où les idées de
production et de possession. Le processus
de productivité économique étant essentiellement un processus de création,
nous devenons les serviteurs des autres en leur offrant les biens et services
dont ils ont besoin. A travers l’échange il s’agit d’améliorer sa vie.
Cet aspect du service montre aussi la dimension sociale de la personne
humaine. Plus que des individus, nous sommes des personnes en relation
permanente les unes avec les autres. Mais alors, quel équilibre entre
notre individualité, notre capacité de créer et ce qui nous pousse vers
les autres ? Chacun a l’occasion d’essayer de se développer, mais
tout développement personnel combine la créativité, la relation avec les
autres, l’altérité, la capacité à produire, la nécessité de posséder (la
propriété privée). Voilà la dimension sociale et morale de cette personne
qu’est l’entrepreneur. Dimension éthique de l’entrepreneur Dans cette perspective,
le processus de marché est ce qui permet de combiner et d’utiliser l’intelligence
humaine mieux qu’un quelconque gouvernement ne pourrait le faire. C’est
l’idée fondamentale de Mises. Mais cette vision économique de l’homme
ne constitue qu’une partie de la réalité humaine. Nous devons chercher
d’autres sources de vérité pour avoir une compréhension plus profonde
de ce qu’est l’être humain. Par ailleurs,
le processus de créativité économique, l’esprit d’entreprise n’est qu’un
moyen vers une fin étant entendu que chacun doit avoir la liberté de définir
ses fins. Il semble en effet très important pour la dignité de la personne
humaine, son bien être, sa confiance, qu’il distingue le processus économique
de création de richesse de ce qu’il veut atteindre. La liberté économique
n’est pas une vertu en soi. C’est un contexte dans lequel la vertu devient
possible. Il en est du contrat, de la confiance et du développement économique
comme des branches d’un arbre. Ils puisent leurs racines dans les vertus
d’humilité, de modestie, de courage et de persévérance. Il faut entretenir
les racines pour que les branches continuent à vivre. Aujourd’hui, la
culture de l’ouest est menacée si elle ne s’enracine pas dans ce qui fait
de nous des êtres libres et responsables. | ||