DYNAMIQUE ETHIQUE ET CULTURELLE
 

La seconde session du mercredi 1er septembre de l’Université d’Eté s’ouvrait par l’allocution de Douglas Rasmussen, Professeur de Philosophie à Saint Jones University, à New York. Il s’agit pour lui de mettre en évidence une attitude morale et culturelle qui anime l’être humain et incarne l’esprit d’entreprise.

 

Douglas Rasmussen : Le climat moral et culturel de l’esprit d’entreprise

 

L’esprit humain source de richesse

La source ultime de la richesse économique et morale se trouve dans l’esprit humain qui seul permet de découvrir et de rendre réelles les potentialités que la nature et l’homme peuvent fournir. Donc sans l’esprit humain, aucune richesse ne peut exister.

L’éclairage intellectuel nécessaire à l’entrepreneur pour déceler une occasion de profit et créer de la richesse est le même que celui qui est nécessaire à l’individu pour mettre en place sa vie et découvrir ce qui est bon pour lui. C’est à proprement parler l’exercice de la raison pratique, que l’être humain doit mettre en œuvre, maintenir et soutenir pour se diriger dans la vie.

Lorsque l’on exerce correctement cette capacité, on développe des vertus morales telles que l’intégrité, l’honnêteté. Autrement dit, un bon exercice de la raison pratique pousse à l’excellence, au dépassement de soi, à la perfection humaine. Un de ces objectifs est alors la création de richesses ou de profits. Il est en effet bon pour l’être humain de chercher à améliorer sa condition matérielle.

Mais pour ce faire, il faut veiller à mettre en œuvre les moyens appropriés. On oublie trop souvent que, tout individu étant unique, il faut comparer ce qui est bon pour son développement sans recourir à des « recettes rationnelles », des plans à suivre. Chacun de nous ayant des capacités propres, il doit avoir la possibilité de construire sa propre forme de développement, d’équilibrer les différents biens. Par ailleurs, toutes ses activités faisant partie, comme le disait Hayek, de la grande société, elles s’exercent non pas dans l’isolement mais au contact avec d’autres, à travers des relations nombreuses et variées. Ainsi avons-nous besoin d’un contexte qui respecte le potentiel attaché à notre personnalité et à notre caractère unique.

 

Environnement politique et social

Pour que chacun d’entre nous puisse développer sa propre personnalité, nous devons créer un contexte politique et social dont les grands principes ne portent pas préjudice à quiconque ou n’imposent pas une forme de développement individuel plutôt qu’une autre.

Un tel ordre politique et légal doit être fondé sur des principes qui protègent ce qui est à la fois commun et particulier à toute forme personnelle de développement. Autrement dit, un ordre au sein duquel chacun a la possibilité de choisir lui-même son mode de développement.

Un tel ordre politique et légal doit être basé sur les droits « négatifs », qui sont conçus pour protéger et non pour guider : il s’agit de la liberté et de la propriété. En protégeant ces principes, plutôt que d’imposer la vertu ou le développement humain, il établit les conditions qui réservent à chaque être humain la possibilité de choisir. La protection de la liberté est donc la seule chose vers laquelle un ordre politique et légal doit tendre. C’est indispensable au développement économique et moral. Rechercher plus est pure folie.

Dès lors, assurons-nous que l’ordre politique ne nuit pas à la liberté et protégeons la possibilité pour chacun de choisir. Il en ressortira un monde dans lequel les entrepreneurs sont admirés pour leurs vertus et leur créativité ; un monde ou se trouvent plus de richesse morale et matérielle ; un monde dans lequel les vertus morales sont présentes ; un monde qui réclame que la liberté demeure la valeur essentielle. Et la base de tout cela est donc un climat moral et culturel, un climat qui admet, qui reconnaît pour chacun d’entre nous l’impératif moral qui consiste à atteindre sa propre forme d’épanouissement.

 
Sommaire des interventions l'Université d'Eté
Retour à la page d'accueil