|
DYNAMIQUE ETHIQUE
ET CULTURELLE
|
||
|
|
||
|
Douglas Rasmussen : Le climat moral et culturel de l’esprit d’entreprise |
||
|
L’esprit humain source de richesse La source ultime
de la richesse économique et morale se trouve dans l’esprit humain qui
seul permet de découvrir et de rendre réelles les potentialités que la
nature et l’homme peuvent fournir. Donc sans l’esprit humain, aucune richesse
ne peut exister. L’éclairage
intellectuel nécessaire à l’entrepreneur pour déceler une occasion de
profit et créer de la richesse est le même que celui qui est nécessaire
à l’individu pour mettre en place sa vie et découvrir ce qui est bon pour
lui. C’est à proprement parler l’exercice de la raison pratique, que l’être
humain doit mettre en œuvre, maintenir et soutenir pour se diriger dans
la vie. Lorsque l’on
exerce correctement cette capacité, on développe des vertus morales telles
que l’intégrité, l’honnêteté. Autrement dit, un bon exercice de la raison
pratique pousse à l’excellence, au dépassement de soi, à la perfection
humaine. Un de ces objectifs est alors la création de richesses ou de
profits. Il est en effet bon pour l’être humain de chercher à améliorer
sa condition matérielle. Mais pour ce
faire, il faut veiller à mettre en œuvre les moyens appropriés. On oublie
trop souvent que, tout individu étant unique, il faut comparer ce qui
est bon pour son développement sans recourir à des « recettes rationnelles »,
des plans à suivre. Chacun de nous ayant des capacités propres, il doit
avoir la possibilité de construire sa propre forme de développement, d’équilibrer
les différents biens. Par ailleurs, toutes ses activités faisant partie,
comme le disait Hayek, de la grande société, elles s’exercent non pas
dans l’isolement mais au contact avec d’autres, à travers des relations
nombreuses et variées. Ainsi avons-nous besoin d’un contexte qui respecte
le potentiel attaché à notre personnalité et à notre caractère unique.
Environnement politique et social Pour que chacun
d’entre nous puisse développer sa propre personnalité, nous devons créer
un contexte politique et social dont les grands principes ne portent pas
préjudice à quiconque ou n’imposent pas une forme de développement individuel
plutôt qu’une autre. Un tel ordre
politique et légal doit être fondé sur des principes qui protègent ce
qui est à la fois commun et particulier à toute forme personnelle de développement.
Autrement dit, un ordre au sein duquel chacun a la possibilité de choisir
lui-même son mode de développement. Un tel ordre
politique et légal doit être basé sur les droits « négatifs »,
qui sont conçus pour protéger et non pour guider : il s’agit de la
liberté et de la propriété. En protégeant ces principes, plutôt que d’imposer
la vertu ou le développement humain, il établit les conditions qui réservent
à chaque être humain la possibilité de choisir. La protection de la liberté
est donc la seule chose vers laquelle un ordre politique et légal doit
tendre. C’est indispensable au développement économique et moral. Rechercher
plus est pure folie. Dès lors, assurons-nous
que l’ordre politique ne nuit pas à la liberté et protégeons la possibilité
pour chacun de choisir. Il en ressortira un monde dans lequel les entrepreneurs
sont admirés pour leurs vertus et leur créativité ; un monde ou se
trouvent plus de richesse morale et matérielle ; un monde dans lequel
les vertus morales sont présentes ; un monde qui réclame que la liberté
demeure la valeur essentielle. Et la base de tout cela est donc un climat
moral et culturel, un climat qui admet, qui reconnaît pour chacun d’entre
nous l’impératif moral qui consiste à atteindre sa
propre forme d’épanouissement. | ||