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DYNAMIQUE INSTITUTIONNELLE
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La première session de la quatrième journée
de l’Université d’Eté
de la Nouvelle Economie (mercredi 1er septembre) était consacrée
aux problèmes institutionnels liés à l’élargissement de l’Europe. A cette
occasion, le Professeur Carlo Lottieri, de l’Université de Sienne, confrontait deux conceptions de l’ordre
juridique du nouvel espace européen. |
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Carlo Lottieri : La forme du droit dans une Europe unifiée |
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Le modèle juridique étatique : le droit
produit par le parlement Au sein d’une
Europe élargie, on perçoit de plus en plus l’exigence d’un droit commun,
d’un ordre juridique qui permette d’améliorer les rapports, d’élargir
les horizons et d’exploiter toutes les opportunités d’échanges commerciaux
entre pays membres. Or, dans les démocraties européennes, le droit n’est
aujourd’hui que l’ensemble des règles valides imposées par les organismes
autorisés selon les procédures légales. En d’autres termes, le droit est
essentiellement le résultat des décisions parlementaires. Pour cette raison,
et parce que l’intégration induit la fusion des structures étatiques (les
conditions de la participation à la nouvelle Europe prévues par le traité
de Maastricht ne concernent pas les sociétés mais seulement les Etats,
leurs dettes, leurs déficits … ), le droit européen, tel qu’il émerge,
semble devoir s’inscrire dans la tradition du positivisme juridique et
reproduire son formalisme, sa vocation à légitimer tous les arbitraires
des hommes au pouvoir, son incapacité à défendre la liberté individuelle.
Or, dans une
Europe élargie à des pays beaucoup plus pauvres, le risque encouru est
que la société politique renonce à être un mécanisme d’harmonisation pour
devenir un instrument de spoliation, multipliant les rentes. Tout comme
au XXème siècle la croissance de l’Etat
Providence a été largement liée aux initiatives des groupes de pression,
au XXIème siècle la classe politique européenne pourrait trouver
d’importantes opportunités pour faire progresser la redistribution des
ressources. Dans cette perspective, la dynamique institutionnelle liée
à l’entrée des pays de l’Est serait loin de
pouvoir assurer un futur plus libéral à l’Europe. La tradition juridique européenne L’alternative
au modèle juridique étatique réside dans la tradition du droit naturel
commun. Les règles juridiques y trouvent leurs origines dans les choix
et les décisions des individus. Il ne faut pas oublier que le droit est
une activité humaine qui répond à la même logique que les autres activités
humaines : elle a des coûts ; elle distribue des profits ;
elle satisfait le consommateur et tire d’énormes avantages de la concurrence
et de l’esprit entrepreneurial. De plus, le
droit est toujours inséré dans une société en mouvement et, pour cette
raison, il est appelé à évoluer en donnant une réponse aux problèmes du
présent. Dans un ordre mondial où les rapports se multiplient et où de
nouvelles réalités économiques émergent, la solution ne peut venir d’un
processus d’unification politique européenne, mais plutôt de la renaissance
de la « lex mercatoria », largement
marquée par la culture juridique américaine et anglaise. C’est un ordre
légal sans législateur basé sur la coutume, la jurisprudence et surtout
sur les ententes contractuelles. Chaque décision ne concerne directement
que ceux qui sont affectés par la solution donnée par un juge ou un arbitre,
ce qui lui confère un caractère beaucoup plus stable. Le droit commercial
globalisé se situe justement dans cette tradition que le positivisme juridique
aurait voulu consigner au passé et qui en réalité continue à se développer
sous des formes toujours nouvelles. Ainsi, le fonctionnement
de cette « lex mercatoria » repose largement sur l’arbitrage (processus
privé qui fait intervenir la décision du juge en dernière instance) et
la médiation (dont le but est de rechercher les accords et ententes qui
font prévaloir la coopération sur le conflit, la raison sur l’irrationalité).
Le droit international
privé est aussi marqué par le développement et le succès d’entreprises
juridiques transnationales. Apparues sur le marché en réponse aux exigences
des consommateurs et en suivant une intuition entrepreneuriale,
ces entreprises mondialisées sont en train de changer la dimension spatiale
du droit. Elles font émerger des règles qui ne résultent pas de la volonté
de quelques Etats mais du choix d’un petit groupe d’entreprises légales
qui organisent des contrats et élaborent de nouveaux arrangements. Dans
cette production de règles, le rôle fondamental est joué par le droit
de propriété qui reste la base de tout genre d’arrangements entre les
parties et qui connaît une croissante sophistication grâce aux innombrables
formes de contrats élaborées par les juristes. L’émergence
de ces règles ne résulte donc pas de monopoles nationaux fermés et territoriaux,
mais d’un oligopole ouvert international et contestable, où chaque entreprise
sauvegarde sa propre position sur le marché seulement si elle sait satisfaire
ses clients en donnant des solutions juridiques capables d’aider le développement
des relations économiques et commerciales. Deux conceptions opposées du droit et de la
société A l’heure où
l’Union s’ouvre à l’Europe centrale et orientale,
où l’on assiste à l’émergence de nouvelles réalités comme la Chine, l’Inde, le Brésil… où les rapports se multiplient à l’échelle
de la planète, le projet des politiciens et de la bureaucratie Bruxelloise
inspiré des modèles juridiques positivistes, normativistes
et territoriaux, exprime très clairement cette volonté de perpétuer un
ordre légal absorbé par un Super Etat à l’échelle européenne. Cette logique
d’Etat est étayée par une constellation de principes pseudo
religieux. L’Union européenne se veut laïque
et humanitaire et nous dit que le projet de cartellisation politique qu’elle
exprime vise à sauvegarder le vieux continent des guerres, à multiplier
les droits et éliminer les risques, effacer les inégalités … Il serait donc
important de s’insérer dans le débat sur l’Europe et le processus d’intégration
politique afin de confronter cette conception à la logique libérale. Il
faut en effet montrer le visage liberticide du super Etat qui est en train
de s’imposer. Il faut encore montrer que le contenu, le caractère et la
qualité du droit doivent être défini en fonction de l’activité humaine
et non comme le produit d’une volonté politique, marquée par une volonté
de puissance très destructrice contre laquelle les hommes libres doivent
lutter pour défendre le droit et son rôle essentiel dans la civilisation
humaine. | ||