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EUROPE DES
MARCHANDS OU EUROPE DES GOUVERNANTS ?
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C’est avec l’intervention d’Hardy Bouillon
que s’ouvrait la seconde session de l’Université
d’Eté de la Nouvelle Economie consacrée, lundi 30 septembre
2004, à « l’entrepreneur, acteur d’une Europe en transition ».
Ce professeur à l’Université de Trèves, spécialiste
de philosophie économique et politique, dirige le « Center
for the New Europe », à Bruxelles. |
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Hardy
Bouillon : Les effets de la politique de l’Union
Européenne sur l’Esprit d’Entreprise allemand |
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La situation des entrepreneurs en Allemagne En Allemagne,
comme partout ailleurs en UE, les entrepreneurs voient leurs activités
taxées et réglementées. Ce lourd fardeau de la réglementation
s’apparente à une discrimination négative : les entrepreneurs
se voient contraints de consacrer plus d’une semaine par an à
se familiariser avec la réglementation sur la gestion de leurs
activités. Mais l’entrepreneur
est aussi l’objet de discriminations positives. A la différence
des employés, ils sont exonérés des cotisations sociales obligatoires,
ainsi que des cotisations retraites et de l’assurance chômage.
De façon générale,
si nous cherchons à établir un bilan de la situation de l’entrepreneur
en Allemagne, elle semble se dégrader. L’Institut
allemand de recherche économique a établit qu’en 1960 les entrepreneurs
investissaient environ 25% du PIB. Aujourd’hui, ce chiffre n’atteint
que 20%. A la même période, les charges sociales sont passées
de 21% à plus de 30%. L’économie parallèle représentait 5.8% de
l’activité en 75 et 17.1% en 2003. Les rapports traitant de la
liberté économique indiquent, quant à eux, que l’Allemagne est
passée du 9ème rang en 1970 au 22ème aujourd’hui.
Selon l’Association
of Free Entreprisers, plus de 1,5
million d’Allemands très qualifiés ont quitté le pays depuis 89 pour
un meilleur environnement économique. Les principales
erreurs de la politique économique allemande sont bien connues.
Des comparaisons issues, une fois encore du rapport de l’Economic Freedom,
laissent présager ce qui pourrait être fait en vue d’améliorer
la situation économique du pays eu égard à la taille du gouvernement,
aux dépenses, et taxes (en 2002 l’Allemagne se plaçait au 107ème
rang sur 123 pays), à la réglementation sur le crédit (49ème
sur 123), le marché du travail (94ème sur 95) et des
affaires (56ème rang sur 84). Les relations entre l’Union
européenne et l’entreprise allemande La liberté économique
peut-elle venir de Bruxelles ? Certains ont pu le croire
puisque des décisions prises à Bruxelles dans le passé ont mené
à plus de concurrence. Par exemple, Mario Monti a imposé aux constructeurs
automobiles allemands de mettre fin à l’interdiction faite aux
détaillants de vendre des voitures à des consommateurs allemands
ainsi que d’imposer des prix pour le marché commun. L’Union
européenne a été louée pour ce genre de mesures imposées en faveur
de la concurrence forcée. Mais cela signifie-t-il que les entrepreneurs
allemands comptent sur les politiques de l’UE afin de libérer
les Etats membres ? Certainement pas. Le principe régissant
les relations entre l’Allemagne et l’UE n’est en aucune façon
de libérer les Etats membres des entraves à la concurrence. La
concurrence forcée est un élément subsidiaire à l’intérieur de
l’Union et non un élément constitutif.
De façon plus
générale, la concurrence forcée peut-être un attribut du marché
libre. La seule concurrence forcée qu’un entrepreneur pourrait
volontiers accepter consisterait à empêcher un tiers d’empiéter
sur les droits individuels des autres. Par exemple, un producteur
atteignant une position sur le marché parce que les consommateurs,
restés libres, préfèrent ses biens, n’entrave pas la liberté de
ses concurrents. Dans ces conditions, restreindre sa position
sur le marché au nom de la concurrence, comme c’est le cas avec
Microsoft, est une façon non légitime de forcer la concurrence.
De la même manière, la réglementation anti-trust est un exemple
parfait de concurrence forcée. Elle s’oppose à la liberté individuelle.
Finalement, rien ne garantie que l’UE sera en faveur d’une véritable
concurrence. En conclusion,
il apparaît que l’entrepreneur allemand est victime d’effets pervers
qui sont dus principalement à l’adoption d’une définition « fonctionnelle »
de l’entrepreneur. Et cela au même titre que les entrepreneurs
des autres pays de l’UE. Mais, les entrepreneurs allemands qui
souffrent aussi d’une perte constante de liberté économique n’attendent
pas de l’UE un changement de situation. Ce serait naïf de leur
part. |
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