|
Peut-on gagner de l'argent sans perdre son
âme ?
L'économie a-t-elle pour seule référence l'efficacité
?
De nombreux économistes en doute aujourd'hui, parce qu'ils ont
mis en évidence le rôle de l'environnement institutionnel
dans les comportements individuels. Or, les règles sociales, constitutionnelles,
les pratiques politiques, monétaires et budgétaires n'apparaissent
ni ne se développent au hasard : elles impliquent une vision de
l'homme et de la vie en société, et la prise en compte de
valeurs spirituelles, morales et intellectuelles.
Nombreux sont ceux qui ont vu dans l'effondrement du socialisme le résultat
d'une erreur fondamentale sur la nature et les aspirations des hommes
: c'est l'éthique qui a abattu le mur de Berlin, au même
titre et davantage que les pénuries, l'échec économique.
Pour autant, la solution alternative, le marché et le libéralisme,
aurait-elle une dimension éthique supérieure ? Les uns en
doutent et dénoncent un capitalisme "sauvage" qui ignorerait
les aspirations individuelles et les solidarités collectives.
Les autres pensent que c'est sa supériorité éthique
qui fait le succès de l'économie de marché. Nous
avons déjà parlé à Aix de l'"humanisme
marchand", et de la "justice sociale". Mais, au moment
où tant de peuples se trouvent au seuil du marché, ne faut-il
pas remettre à l'étude ces liens si subtils, voire mystérieux,
qui relient éthique et économie ?
Des économistes certes, mais aussi des philosophes, des pasteurs,
des juristes et des entrepreneurs, s'y emploieront tout au long de cette
semaine.
|