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| UN BESOIN D'ETHIQUE |
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L'Ethique,
comme l'environnement, est à la mode.
On
en parle beaucoup, c'est sans doute parce qu'on ne la pratique guère.
Comme
toutes les périodes de transition, celle-ci donne une impression
de trouble, voire de déroute intellectuelle, spirituelle et morale.
Scandales,
violence, drogue, sexe : signes, entre autres, d'une crise de société.
Quel
pays, quel peuple, y échappe-t-il ?
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LE CAPITALISME NE STIMULE GUERE
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L'intérêt
pour l'éthique est sans doute l'une des suites de la victoire apparente
du capitalisme sur le socialisme.
Personne
ne conteste l'efficacité d'un système social fondé sur la propriété
privée et le marché. Mais pour beaucoup de gens ce que l'on gagne
en efficacité, on le perd en générosité, en solidarité, en justice
sociale. Pour gagner de l'argent, ne faut-il pas laisser au vestiaire
toute considération morale, toute valeur spirituelle ?
Sur
le plan éthique, le capitalisme ne fait pas recette.
Cette
réaction traduit en fait une double méconnaissance.
D'une
part on prête au socialisme des vertus qu'il n'a jamais eues, et
qu'il ne pouvait pas avoir puisqu'il procède d'une erreur fondamentale
sur l'être humain et ses aspirations.
D'autre
part, on assimile la société occidentale actuelle à un monde capitaliste,
alors qu'elle est loin d'être libérée du socialisme et qu'elle est
davantage une "société d'économie mixte" plutôt qu'une
économie de marché.
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RELEVER LE DEFI DE LA LIBERTE
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De
la sorte, les partisans de la liberté doivent relever le défi, et
prouver que le capitalisme a un contenu éthique, qui est lui-même
parfaitement compatible avec la chrétienté (par exemple) et même
avec la catholicité, comme cela a été fortement exprimé dans l'encyclique
Centesimus Annus.
A
vrai dire, ceux qui ont forgé la pensée libérale n'ont jamais cessé
de se donner des repères éthiques, et c'est appauvrir la civilisation
occidentale que de la ramener à une seule dimension matérielle,
à une performance économique globale en termes de croissance et
de niveau de vie.
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| L'ECONOMIE SCIENCE MORALE |
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Parallèlement
à cet effort de réflexion sur l'esprit du capitalisme, la nouvelle
démarche d'un certain nombre d'économistes les conduit à réintroduire
l'éthique dans leurs analyses.
Le
besoin de s'interroger sur les liens entre éthique et économie procède
désormais d'un impératif scientifique.
En
effet, ces économistes redécouvrent l'importance des
institutions dans les comportements humains : le cadre social, politique,
juridique, explique la richesse ou la pauvreté des nations. Or,
ce cadre n'est-il pas lui-même emprunté à une éthique, à une vision
du rôle de l'homme dans la société, de ce qui est réputé juste,
normal, anormal ?
On
renoue ainsi avec la tradition d'Adam SMITH, et au-delà avec les
Scholastiques et au-delà encore avec Aristote. L'économie redevient
une science "morale".
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SCIENCE MORALE, SCIENCE CARREFOUR
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La
conversion des économistes les amène à être eux-mêmes, à l'image
de HAYEK, tout à la fois philosophes, juristes, historiens, politologues.
S'ils n'ont pas tous ces talents ni ces connaissances, les économistes
prennent au minimum la précaution de s'intéresser aux travaux des
spécialistes de ces diverses disciplines, et de dialoguer avec eux;
Voilà
pourquoi il n'est pas étonnant aujourd'hui d'assister à un rapprochement
entre économie et éthique.
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LES FONDEMENTS DE L'ETHIQUE
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Mais
quelle est donc cette éthique à laquelle on se réfère de plus en
plus ? Comme beaucoup de concepts, celui-ci se sent, se perçoit,
plus facilement qu'il ne se définit. Intuitivement et étymologiquement,
nous savons que l'éthique est ce qui nous permet d'identifier le
bien et le mal.
Mais
sur quoi fonder cette identification ? Qui nous dit le bien et le
mal ?
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ETHIQUE, RELIGION ET RAISON
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Pendant
de nombreux siècles, éthique et religion ont été mêlées. C'est la
révélation divine ou les croyances métaphysiques qui nous indiquent
le bien et le mal.
Dans
ces conditions, le concept de bien et de mal est relativisé. Il
n'y a pas une Ethique, avec un grand E, mais des éthiques (que l'on
devrait appeler des méta-éthiques). Voilà qui est difficile à admettre,
c'est une gageure de faire cohabiter des hommes à l'intérieur d'une
société, ou des sociétés voisines et différentes, s'il n'y a pas
une commune acceptation d'un bien et d'un mal.
L'éthique
ne se dégage de la religion que par l'appel à la raison.
Celle-ci
est en effet le lot commun de l'humanité et, si elle ne nous permet
pas de tout comprendre, elle est en mesure de nous éclairer sur
ce qui est mauvais pour nous, sur ce que des hommes vivant en société
doivent éviter.
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ETHIQUE ET POLITIQUE
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Ainsi
naît par exemple l'idée qu'il n'est pas souhaitable de reconnaître
aux dirigeants un pouvoir sans limite. Des obligations éthiques
s'imposent à tout gouvernement ; elles consistent à respecter la
vie, la liberté et la propriété. C'est du moins l'éthique qui est
à la base de la civilisation occidentale. Le grand problème est
donc de savoir quelle éthique a une audience assez large pour que
tous les hommes, de toutes les périodes et de tous les pays, la
reconnaissent et fondent sur elle les règles du jeu social.
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ETHIQUE ET ECONOMIE
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Mais,
de la même manière, n'est-il pas besoin d'une vue du bien commun
pour retrouver les "Harmonies Economiques" chères à BASTIAT
?
Comme
la politique, et sans doute en articulation avec elle, l'économie
et ses acteurs ne doivent-ils pas respecter des valeurs de référence,
qui permettent de guider leur comportement vers le bien commun ?
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ETHIQUE ET LIBERTE
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Pour
les libéraux, la valeur de référence ne fait pas de doute : c'est
la liberté laissée à chaque individu de découvrir le chemin de son
propre progrès.
Adam
SMITH a montré que cette liberté était hautement souhaitable pour
tous les individus de la société. Aujourd'hui les libéraux doivent
aller plus loin dans leur recherche sur l'éthique de la liberté;
Ils doivent s'interroger sur ces fameuses "valeurs morales
et spirituelles" dont HAYEK disait qu'elles étaient le complément
nécessaire de l'économie de marché.
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