HUMANISME ET PAGANISME
 
L'ECOLOGIE RELIGIEUSE

L'écologie politique peut aller jusqu'à devenir écologie religieuse.

L'environnement est devenu pour certains une véritable religion, et quelques écologistes n'hésitent pas à vivre en sectes, avec leurs rites et leur mystique.

Cela révèle sans doute que les religions traditionnelles ne satisfont pas tout le monde, mais voilà aussi qui donne aux discours sur l'environnement un caractère passionné et engagé qui rend difficile le dialogue.

La religion écologique peut inspirer le sectarisme.

 
LA DEESSE GAIA

Dans cette religion, la planète Terre a une place à part.

C'est Gaïa, la déesse féconde mais exigeante.

La grande tradition panthéiste se manifeste à nouveau : la nature est pleine de divinités, les espèces vivantes ont un esprit qui leur vaut la reconnaissance de droits, et qui justifie qu'on leur porte un vrai culte.

Le culte de la vie devient aussi culte de la matière : où est d'ailleurs, dans cette religion, la frontière entre matière et esprit ?

 
L'ETAT DE NATURE

D'essence divine, la terre et la matière ont offert le bonheur à l'humanité.

Chez beaucoup d'écologistes il y a une nostalgie de l'état de nature. L'homme pourrait retrouver le paradis perdu s'il se dépouillait de sa hantise du progrès et du changement, et s'il savait retourner au contact des plantes, des animaux, s'il vivait en paix avec la terre. Certains n'hésitent pas à parler d'un "pacte avec la terre".

 
L'HOMME EN ACCUSATION

Evidemment, l'homme n'a pas la sagesse de se plier aux volontés de la planète.

L'homme est un être malfaisant, le plus grand prédateur de toutes les espèces vivantes, éliminant toute forme d'existence autre que la sienne propre.

L'homme est incapable de respecter son environnement. Pour sa jouissance immédiate, il transforme la planète en un vaste dépotoir.

L'homme utilise son savoir à la destruction, non à la création.

Tout progrès de l'humanité est donc dangereux.

 
L'HUMANITE EN PERDITION

Mais l'humanité ne va pas tarder à payer son tribut à la terre.

L'humanité s'est multipliée au delà de toute raison, sans commune mesure avec les ressources naturelles. Une fois celles-ci épuisées, ce sera le règne de la famine, de l'écrasement des uns par les autres.

"La termitière humaine m'épouvante" disait Saint Exupéry, faisant écho au fameux diagnostic de Valéry : "Le temps du monde fini commence".

Nous sommes dans la lignée intellectuelle de Malthus : si les hommes ne savent pas contrôler leurs propres pulsions, s'ils font croître leur espèce au delà de ce que la nature peut leur fournir, la nature prononcera son verdict et prendra sa revanche.

 
LES ERREURS DES MALTHUSIENS

En réalité, ces prophètes de malheur, ces malthusiens, commettent la même erreur que leur illustre inspirateur il y a cent cinquante ans.

D'abord ils croient à la croissance démographique exponentielle, comme celle que connaît le nénuphar.

Ils ignorent complètement l'aptitude des populations à faire varier la taille de leurs familles au cours du temps.

Fort heureusement, on sait qu'une population cesse de croître lorsqu'elle atteint un certain seuil de richesse, de connaissances.

 
 
LA CROISSANCE : UNE VRAIE CHANCE

Dans ces conditions, la croissance économique est la vraie réponse aux déséquilibres démographiques.

Alors qu'elle est vivement critiquée par la plupart des écologistes, la croissance est une vraie chance pour les populations les plus nombreuses et les plus pauvres. Il faut bien rompre en un point le soi-disant "cercle vicieux des malthusiens" : si la population augmente, la seule solution est que le produit augmente encore plus vite. C'est une loi vitale.

Si le produit croît plus vite, la population, à son tour, se freinera.

N'oublions pas que la croissance c'est aussi l'ouverture, l'échange, donc l'acquisition de nouvelles informations, la maîtrise de nouvelles techniques. La croissance rend les hommes plus dynamiques.

 
L'HOMME, ULTIME RESSOURCE

Le pessimisme malthusien est fondamentalement un pessimisme sur l'homme.

Trop de gens sous-estiment la capacité des individus à améliorer leur sort et, globalement, l'aptitude de l'humanité à accroître les ressources, et en premier lieu les subsistances.

On l'a dit : les ressources ne sont pas données par la nature physique, par la déesse Gaïa : elles sont le fruit exclusif de l'esprit humain. Et c'est ce qui fait le caractère spécifique de l'homme par rapport aux autres espèces vivantes : lui seul est capable de survivre en produisant plus qu'il ne détruit. S'il détruit, c'est pour créer davantage.

En dernier ressort, l'homme est l'ultime ressource. C'est pourquoi tous les efforts devraient tendre vers la constitution de plus en plus rapide de ce capital humain : par l'éducation, par l'information, par la communication entre les hommes.

 
LA LIBERTE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT

Si des parties entières du monde restent à l'écart de la croissance et du développement, si le sur-peuplement les menace, c'est parce que le capital humain ne peut pas se constituer, ou qu'un capital humain existant ne peut s'y exprimer.

Ces régions sinistrées sont celles de la dictature, du cloisonnement : les dirigeants n'ont aucun intérêt à ce que les peuples progressent et menacent leur pouvoir, ni à ce que les peuples communiquent et échappent à leur étreinte.

A l'inverse, c'est la liberté qui sert le développement, en faisant exploser les rigidités, les superstitions et les incompréhensions.

 
DOMINEZ LA TERRE

Seul l'homme libre est en mesure de répondre à sa vocation, à sa nature propre,  à dominer la terre.

L'homme n'est pas un être parmi d'autres. C'est lui qui est d'essence divine, et pas le reste de la création. L'ordre naturel est fondé sur cette hiérarchie des êtres, et l'homme est placé au sommet de la pyramide terrestre.

Il n'a pas de compte à rendre aux obscures divinités des sources, des volcans et des océans.

L'homme n'est pas soumis à la création, il la domine et la prolonge.

 
POUR L'ENVIRONNEMENT : L'HUMANISME MARCHAND

Derrière l'écologie de marché, il y a donc un humanisme authentique.

L'humanisme, c'est la foi dans les capacités et dans le devenir des hommes.

C'est la reconnaissance de la dignité et du progrès de chacun.

L'environnement n'a rien à craindre de l'initiative des hommes, dans la mesure où elle s'exprime librement, à travers des échanges, suivant des procédés de marché, en respect de la propriété individuelle.

Le marché n'est pas la victoire de l'argent, ou du matérialisme. C'est avant tout un mode d'organisation des relations entre les hommes, une procédure d'information et de découverte qui a fait ses preuves, et qui permet à chacun de donner sa mesure.

Il est donc tout à fait justifié de parler d'un "humanisme marchand", d'en faire la condition essentielle de la croissance économique mais aussi de la sauvegarde et de l'amélioration de l'environnement.

 
CONFIANCE A L'HOMME LIBRE

Il est vrai que l'être humain a ses faiblesses, et que la société des hommes, marchande ou non, sera toujours imparfaite.

Mais l'homme a aussi ses aspirations à aller plus loin, à monter plus haut.

Pour vivre en harmonie avec la nature, commençons par vivre en harmonie avec l'homme lui-même. Plaçons le au dessus de toute autre valeur et ne le soumettons pas à la servitude, n'admettons pas sa soumission à des lois écologiques obscures et à des planificateurs de la planète.

Pour comprendre et résoudre les problèmes de l'environnement, nous n'avons qu'un moyen : faire confiance à l'homme libre.

   
Une carrière sans frontière La route de la servitude Hayek contre le rationalisme constructiviste