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| PROPRIETE = RESPONSABILITE |
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En
survolant une région du Sahara, des aviateurs ont été stupéfaits
d'observer une oasis de verdure et de fertilité au cœur d'un paysage
lunaire.
Miracle
de la nature ? Non : miracle de la propriété.
Car
cette enclave verte était la propriété privée d'une tribu, gérant
ses réserves d'eau, et se protégeant contre les dévastations des
hommes et des animaux de passage.
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y a un lien reconnu entre la propriété et la responsabilité.
On
ne prend soin, on ne répond, que de ce que l'on possède. La propriété
rend gestionnaire, et bon gestionnaire. C'est même la légitimation
la plus satisfaisante de la propriété privée.
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| EFFICACTTE DE LA RESPONSABILITE
CIVILE |
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Quand
les droits de propriété sont reconnus et respectés, il est facile
d'obtenir de chacun qu'il ne porte pas atteinte à l'environnement.
Car l'environnement c'est obligatoirement la propriété d'un autre.
Un dommage causé à l'environnement est un dommage causé à autrui.
Comme tel, il ouvre droit à réparation; voilà de quoi dissuader
la plupart des gens de détruire la nature.
Pendant
de longs siècles, la responsabilité civile, évoquée devant des juges,
a été suffisante pour régler la plupart des problèmes d'environnement.
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| LE POIDS DE LA LEGISLATION |
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Mais
peu à peu les Etats ont voulu nationaliser les questions d'environnement,
et le droit civil s'est effacé devant La réglementation publique.
Désormais,
la protection juridique de l'environnement ne se réfère plus aux
relations privées entre particuliers, mais elle relève de l'ordre
public.
Réciproquement,
celui qui porte un préjudice à autrui mais a respecté les normes
posées par les pouvoirs publics est irresponsable.
Au
cours du XIXème siècle, par exemple, les réglementations ont arbitré
en faveur de l'industrialisation, même lorsqu'elle était polluante,
même lorsqu'elle n'avait cure de l'environnement.
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| BIENS ENVIRONNEMENTAUX, BIENS
PUBLICS ? |
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Ce
transfert d'approche juridique, du privé vers le public, du dommage
personnel vers la défense de l'intérêt général, s'est fondé sur
l'argument suivant :
-
la nature n'est pas toujours susceptible d'appropriation
-
la logique de la propriété privée et de la responsabilité civile
ne peut donc jouer.
Cet
argument a été renforcé par la théorie économique des "biens
publics".
Comme
un jardin du même nom, un bien public peut servir à tout le monde,
et le fait que les uns s'en servent n'empêche pas les autres de
le faire aussi. Non exclusivité, non rivalité : ces deux caractéristiques
ne se retrouvent-elles pas dans les biens environnementaux ?
S'il
en est ainsi, les biens environnementaux doivent être gérés par
la puissance publique.
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| LA TRAGEDIE DES COMMUNS |
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Depuis
vingt ans, économistes et juristes réunis autour de "l'école
des droits de propriété" réagissent contre l'assimilation des
biens environnementaux à des biens publics.
Ils
font d'abord remarquer que la gestion par la puissance publique
aboutit non pas à la défense de l'environnement et à l'élimination
des pollutions, mais à la destruction de la nature et du cadre de
vie. C'est la "tragédie des communs" : la désolation des
pays qui ne reconnaissent pas la propriété privée. Mais juristes
et économistes n'ignorent pas pour autant les difficultés techniques
qui peuvent faire obstacle à l'attribution de droits de propriété
sur les biens environnementaux, à la protection et à la circulation
de ces droits. Tout l'effort de l'écologie de marché va désormais
se concentrer sur cette question : comment réduire les communs et
étendre les propriétés ?
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| PRIVATISATION DES BIENS ENVIRONNEMENTAUX |
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La
question peut être facilement réglée pour un certain nombre de biens
environnementaux. Ils ont souvent été collectivisés par un simple
hasard historique ou par une volonté politique, et techniquement
rien n'empêche qu'ils soient privatisés.
De
nombreux biens environnementaux, comme les parcs naturels, les réserves,
peuvent être produits par des entreprises ou des individus privés,
suivant la logique du marché.
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| UN MARCHE DES RESSOURCES NATURELLES |
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Dans
certains cas, la solution est moins évidente, mais elle existe.
Des
ressources naturelles dont les contours sont difficiles à saisir,
comme l'eau pure ou encore mieux l'air pur, peuvent faire l'objet
d'un marché.
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faut au préalable décider qui sera titulaire des droits de propriété
sur ces ressources naturelles. Une fois la première attribution
de droits réalisée, tout va ensuite se normaliser : par le jeu du
marché ces droits iront à ceux qui sont susceptibles de donner leur
plus haute valeur sociale aux biens environnementaux.
Dans
certains cas, ce sera le pollueur, dans d'autres cas le pollué.
Les
uns paieront pour avoir le droit de polluer, les autres pour avoir
le droit de ne pas être pollués.
Ce
prix a une signification sociale: il indique la limite que l'ensemble
des consommateurs et des producteurs est disposé à reconnaître pour
l'usage des biens environnementaux comparativement aux autres biens.
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| QUI DEVRAIT POSSEDER LES OCEANS
? |
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Un
marché des ressources naturelles permettrait de déboucher sur de
meilleures solutions que celles que propose aujourd'hui le droit
de la mer. Qui devrait posséder les océans ? A cette question on
répondra: ceux qui tirent la plus grande valeur ajoutée de l'usage
des océans. Aujourd'hui le droit de la mer donne la préférence au
principe de territorialité, et encourage ainsi le pillage des bancs
de poisson, ainsi que la pollution marine en haute mer. Si les pécheurs
étaient propriétaires des ressources marines, elles seraient mieux
gérées. C'est d'ailleurs ce que l'on observe pour les huîtres, pour
les langoustes aux Etats Unis - par opposition à ce qui concerne
les espadons ou les cétacés.
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| COMMENT SAUVER LES FORETS
? |
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Chaque
année, notamment en Provence ou en Corse, des milliers d'hectares
de forêts sont incendiés. |
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Pour
quelles raisons ? D'une part certaines de ces forêts sont domaniales
et l'administration manque de moyens pour les entretenir. D'autre
part les forêts privées ne sont pas rentables compte tenu des réglementations
mais aussi des charges qui pèsent sur les exploitants. Enfin, beaucoup
d'incendies ne sont pas innocents: ils sont une manière de rendre
à la construction ce que les plans d'occupation des sols lui avaient
enlevé.
Dans
tous ces cas, on voit qu'un recours accru à la propriété privée,
et son respect scrupuleux par les pouvoirs publics, serait un progrès.
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| FAUT-IL ECONOMISER L'ENERGIE
? |
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De
la même façon le gaspillage de l'énergie dénoncé par la plupart
des écologistes n'existe que dans la mesure où cette énergie n'est
pas privatisée.
Si
les champs pétrolifères sont propriété privée, les producteurs s'organisent
très vite pour ne pas épuiser les gisements: le cartel des pétroliers
permet de régulariser les ressources à long terme. Le marché aboutit
à des quotas de fait bien plus réalistes que ceux que pourrait imaginer
n'importe quel planificateur.
Economiser
l'énergie, cela devrait signifier en réalité soumettre l'énergie
aux lois de l'économie. On est souvent loin du compte, avec des
prix administrés, subventionnés, fixés par les pouvoirs publics
en fonction d'intérêts politiques mais sans rapport avec l'offre
et la demande.
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| LES RESSOURCES NE SONT PAS
"NATURELLES" |
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Jusqu'à
présent, on a raisonné, comme le font la plupart des écologistes,
comme si les ressources naturelles n'étaient pas renouvelables.
Si on surconsomme aujourd'hui, il n'y en n'aura plus pour demain.
Les
thèses catastrophistes assimilent la planète à un magasin contenant
un certain nombre de produits. C'est une vue purement statistique
du problème. Les ressources dites "naturelles" ne le sont
pas tellement que cela, et elles apparaissent et se régénèrent bien
mieux qu'on ne le croit en général.
En
effet, c'est seulement le génie créateur de l'homme qui transforme
la matière et les éléments naturels en ressources.
Le
pétrole ne représentait pour les Romains qu'un combustible de faible
valeur; il est devenu un carburant précieux. C'est pourtant bien
le même produit "naturel". Et, demain, si le pétrole classique
est épuisé, d'autres sources d'énergie prendront la relève parce
que l'ultime ressource, l'esprit humain, aura fait son oeuvre.
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| PROPRIETE = CREATION |
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Voici,
à la lumière de ces dernières considérations, que la propriété privée
des biens environnementaux prend une nouvelle dimension, et une
nouvelle légitimité.
Reconnaître
et étendre des droits de propriété sur l'environnement, c'est permettre
aux hommes de développer leur esprit créatif. Chaque propriétaire
est apte à entretenir et surtout à augmenter les ressources disponibles
pour tous.
En
reconnaissant à chacun le droit de propriété, on le conduit sur
la voie de la création. Non seulement la propriété élimine les pillages,
mais elle crée les ressources en transformant le monde.
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