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| L'ENVIRONNEMENT : UNE REDECOUVERTE |
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Qui
ne se sent ou ne se dit concerné par les problèmes d'environnement
? Pour 51 % des jeunes de 15 à 24 ans, c'est ce qui les intéresse
le plus.
Il semblerait que rien n'ait jamais été fait
jusqu'à présent dans ce domaine, et que les hommes aient vécu jusque
là inconscients des risques qu'ils faisaient courir à la nature,
insensibles à ses charmes et à ses exigences.
Voici
qu'on découvre l'environnement.
En
réalité, c'est très périodiquement que l'humanité s'interroge sur
le sort du monde physique. Lucrèce prônait le retour à la terre.
La Renaissance avait la nostalgie d'une existence bucolique. Et
Saint François d'Assises nous avait appris à aimer nos frères les
animaux.
L'environnement
fait partie de l'éternel humain, et s'il occupe tant les esprits
aujourd'hui, ce n'est qu'une redécouverte.
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| UNE REDECOUVERTE DRAMATIQUE |
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Mais
cette redécouverte ne se fait-elle pas de façon dramatique ?
N'est-il
pas plus urgent d'intervenir aujourd'hui que par le passé ?
Que
va devenir la planète bleue ? Le sort des générations futures n'est-il
pas irréversiblement, impitoyablement compromis ?
A
en croire certains, le troisième millénaire s'ouvrirait sur l'apocalypse.
Les
prophéties les plus catastrophiques sont les plus écoutées : effet
de serre, couche d'ozone, nucléaire : ces "risques majeurs"
font naître l'inquiétude, parfois le désespoir, et (pourquoi pas
?) la révolte.
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| LA CROISSANCE EN ACCUSATION |
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La
révolte gronde contre la société contemporaine qui sacrifierait à l'artificiel au détriment du naturel, à l'économique
au détriment de l'écologique, au matériel au détriment du spirituel, à l'immédiat au détriment du
lointain.
La
croissance est mise en accusation par la plupart des défenseurs
de l'environnement.
Dans
sa soif du "toujours plus", dans son impatience suicidaire,
cette société de consommation oublierait les équilibres physiques
essentiels, et accepterait toutes les pollutions, toutes les dégradations,
tous les gaspillages.
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| LA SOLUTION EST POLITIQUE |
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Mais
cette croissance sans frein, cette société de consommation, ont
- aux yeux des Verts - des raisons profondes, des partisans acharnés
: elles s'inscrivent dans une logique du profit. Ceux qui détruisent
l'environnement sont ceux qui en profitent. Ils ont conquis et cultivé
la puissance de l'argent, la puissance du pouvoir - les deux vont
de pair.
Ainsi
naît l'écologie politique.
L'écologie
de tous ceux qui pensent que la solution radicale, face à un drame
radical, consiste à changer la société, à contester la culture et
les valeurs dominantes, à combattre le mythe de la rentabilité.
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| RIO : LE DEVELOPPEMENT DURABLE |
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L'écologie
politique a eu récemment son sommet : la conférence de Rio.
Les
problèmes de l'environnement ne peuvent être abordés qu'au niveau
mondial, et une planification, mise en place dans le cadre du Programme
des Nations Unies pour l'Environnement est devenue indispensable.
A
Rio, on remet le sort de la planète entre les mains des dirigeants
politiques.
A
Rio, on retrouve les vertus du plan et on dénonce le marché, le
profit.
A
la logique du profit on substitue l'objectif du "développement
durable".
A
vrai dire, le contenu du développement durable est assez flou, et
surtout négatif : il faut cesser de "traiter la planète comme
un magasin en cours de liquidation".
Pour
cela, il faut maîtriser la démographie, gérer avec parcimonie l'exploitation
des ressources naturelles, développer des formes de progrès qui
prennent mieux en considération le long terme et l'intérêt des générations
futures.
Le
développement durable est une sorte d'état stationnaire, où le stock
mondial de richesses ne varie pas, mais permet à l'humanité de survivre
parce qu'il est mieux distribué entre Nord et Sud, entre riches
et pauvres.
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| DE LA MACRO A LA MICRO-ECOLOGIE |
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En
dépit de son écho médiatique, la conférence de Rio n'a pas convaincu
tous les défenseurs sincères de l'environnement.
L'approche
de l'écologie politique éveille des doutes et des critiques.
Peu
à peu, les idées des "environnementalistes de marché"
gagnent du terrain. Aux Etats unis, ils représentaient moins de
10 % des spécialistes et étaient absents des publications et
des congrès il y a dix ans. Aujourd'hui la balance est presque
égale entre les tenants de l'écologie de marché et les autres.
Cette
évolution des esprits en matière d'écologie est d'ailleurs à comparer
avec celle que l'on a observée en économie.
La
science économique a abandonné les approches globales, et a tourné
le dos aux initiatives politiques et à la planification pour mettre
l'accent sur les décisions individuelles et la coordination décentralisée.
On
assiste peut-être aujourd'hui au même glissement de la macro-écologie
vers la micro-écologie : une écologie qui prend en compte le comportement
de chacun, qui insiste sur les responsabilités personnelles vis-à-vis
de l'environnement.
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| LES DEFAILLANCES DE L'ETAT |
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Le
succès croissant de cette "micro-écologie" doit beaucoup
aux défaillances de l'Etat en matière d'environnement.
Les
administrations publiques sont souvent les premières à dégrader
les paysages, à polluer. Quand l'Etat se mêle de gérer l'environnement
il commet des erreurs majeures, et a du mal à prévenir des catastrophes
comme celle de Yellowstone.
Il
faut aussi constater les dégâts subis par l'environnement dans les
pays de l'ancien bloc communiste et planificateur. On les découvre
avec effarement aujourd'hui. Ce n'est pourtant ni la loi du profit
ni la croissance économique ni la propriété privée qui est à leur
origine.
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| L'ENVIRONNEMENT POLITISE |
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Une
autre réaction contre l'écologie politique vient aussi de l'excès
de politisation de beaucoup de ceux qui prétendent défendre l'environnement,
mais veulent surtout faire passer une idéologie et contrôler le
pouvoir.
Les
Verts sont devenus un groupe de pression, et arbitrent les élections
dans de nombreuses démocraties occidentales.
Mais
surtout certains d'entre eux ont vu dans l'environnement l'occasion
de réinventer la lutte des classes et de ressusciter la planification.
L'écologie
politique, en se référant à une philosophie sociale périmée, et
en réunissant tous les nostalgiques du dirigisme, a quelque chose
d'anachronique.
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| LES PERSPECTIVES DU MARCHE |
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Pendant
le même temps, le marché marque des points.
Le
succès éclatant qu'il a remporté sur le plan dans le domaine de
l'économie est en train de se prolonger dans le domaine de l'écologie.
C'est
que pendant trop longtemps on a ignoré les possibilités du marché.
A
force d'insister sur les imperfections - incontestables - d'un système
fondé sur la liberté et la responsabilité personnelles, on a fini
par se persuader que l'autre système, celui de la planification
politique, était la solution. Comme le notait George STIGLER, cette
attitude est comparable à celle d'un jury d'un concours de chant
qui, ayant à trancher entre deux finalistes, donne le premier prix
à la seconde cantatrice sans l'avoir entendue, au prétexte que personne
ne pourrait chanter aussi mal que la première... Si maintenant on
consent enfin à écouter le marché, on s'aperçoit qu'il ne chante
pas si faux que cela !
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| RESPONSABILITE ET PROPRIETE |
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Car
le marché, c'est avant tout le jeu de la responsabilité et de la
propriété individuelles.
On
gère l'environnement avec d'autant plus de soin que l'on y a un
intérêt direct. Et quel intérêt serait plus direct que celui du
propriétaire ?
La
chose de tous n'est la chose de personne.
Il
n'y a rien d'étonnant à ce que les plages privées soient en général
mieux entretenues que les plages publiques. Ce n'est que l'application
d'un principe général : qui n'a rien ne fait rien.
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| CAPITALISME ET PATRIMOINE |
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Une
autre vertu du marché commence enfin à être reconnue : il permet
de prolonger le calcul des hommes dans le temps.
On
peut renverser la proposition habituelle des adversaires de la société
de consommation. Ce n'est pas le marché qui pousse à gaspiller aujourd'hui
et à ignorer le futur ; c'est l'absence de marché et de propriété.
En
effet, le capitalisme, si souvent en accusation, se définit avant
tout par la possibilité de capitaliser, de constituer un patrimoine,
que le grand-père peut transmettre à ses petits enfants.
A
l'inverse, dans des régimes qui ignorent le marché et la propriété,
et la capitalisation, les hommes sont condamnés à vivre au jour
le jour. Ils vivent avec la mentalité du "après nous le déluge".
Voilà ce que l'on a observé dans les pays socialistes, de l'Est
ou du Sud.
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| DEMAIN L'ECOLOGIE DE MARCHE |
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En
fin de compte, l'écologie de marché fonde ses espoirs sur les vertus
de la liberté individuelle.
Les
systèmes centralisés et politisés ont fait la preuve de leur échec
et de leur nocivité dans la plupart des domaines. La planification
n'a débouché que sur la ruine économique et la dictature politique.
Pourquoi l'environnement exclurait-il les recettes de la liberté
?
On
peut prédire que l'écologie de marché est la formule de l'avenir,
parce qu'elle seule est compatible avec le sens de l'initiative
et de la responsabilité des hommes libres.
L'écologie de marché préserve la liberté. La liberté
préserve l'environnement.
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