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Premiers
moments de la XXVI° Université d’Eté : le dîner du 31 Août, au cours
duquel deux éminents économistes ont prononcé les discours d’ouverture
sur le thème de la concurrence. Voici d’abord le texte de la communication
du Pr. Gerald O’Driscoll, actuellement senior fellow au Cato Institute
de Washington, après avoir enseigné à New York Uny, Iowa Uny et UC (Santa
Barbara) et avoir mené une carrière de banquier (il a été Vice Président
de la Banque Fédérale de Dallas, puis a représenté la Citicorp auprès
du Congrès à Washington). Le discours du Pr Enrico Colombatto sera retranscrit
la semaine prochaine. |
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Il est devenu un lieu commun parmi les critiques de l’économie de marché concurrentielle de la présenter comme une sinistre invention anglo-saxonne. Je me permets d’attirer votre attention sur la richesse de votre propre histoire, et particulièrement sur les contributions de J.B. Say et d’autres grands économistes français dont je vais m’inspirer ce soir. Comme nous le faisait remarquer le grand économiste autrichien Ludwig von Mises (dans l’Action Humaine, PUF, 1985), la concurrence est un système de coopération sociale. L’aspect concurrentiel d’une économie de marché réside dans les efforts des producteurs pour satisfaire les désirs des consommateurs. Dans une économie moderne, la grande majorité de ces individus ne se connaissent pas. Pourtant la concurrence conduit les producteurs à satisfaire les consommateurs anonymes. Grâce à la concurrence, les biens seront disponibles au prix le plus bas pour les consommateurs. Mais ce système ne se résume pas au simple fait de produire et distribuer des marchandises au meilleur marché. La concurrence est dynamique et mène à l’invention et à l’innovation, élargissant le champ des opportunités et la création de richesse pour le plus grand nombre possible de gens. Le libre échange représente la manifestation de la concurrence au plan international, c’est à dire l’extension la plus large possible du système de coopération sociale de l’économie de marché. Le commerce international unit les ouvriers du textile de l’île Maurice avec les investisseurs banquiers de New York dans un lien de coopération, améliorant la situation de chacun. Les seuls groupes à la traîne sont ceux qui ne participent pas au système d’échanges internationaux. Le grand spécialiste d’économie monétaire, Allan Meltzer, a récemment rappelé les résultats de la diffusion du libéralisme autour de la planète. « Durant les années d’après-guerre, de plus en plus
de gens dans plus en plus de pays ont vu leur niveau de vie s’accroître
à un rythme jamais connu auparavant dans l’histoire. Les standards en
matière de santé, d’éducation et d’espérance de vie se sont améliorés.
La mortalité infantile a chuté. De plus en plus de nations ont pu élire
leurs gouvernements. La liberté a pu se répandre comme jamais on ne
l’avait vu. Cette performance impressionnante est essentiellement due
aux efforts et aux aspirations d’une foule de gens décidés à se battre
pour sortir de la pauvreté et de la tyrannie. Ces aspirations semblent
exister partout. Elles n’ont pas été découvertes dans les années d’après-guerre,
ni même ne manquaient-elles pas dans les années d’entre-deux-guerres.
Aux Etats-Unis, au Canada en Europe occidentale et en Australie les
gens se sont battus pendant deux siècles pour améliorer leurs vies et
celles de leurs enfants, et pour étendre la liberté. » (Allan Meltzer, « Leadership and
Progress », The Irving Kristol Lecture of the American Enterprise
Institute, 26 Février 2003, p. 4). Des économistes de différentes obédiences politiques s’accordent sur les avantages de la concurrence et du libre échange. En revanche, leurs positions diffèrent quant aux soubassements institutionnels d’une économie concurrentielle. De mon point de vue, toutes les économies de marché trouvent leur fondement dans un système de droits de propriété privée. La propriété privée représente un domaine protégé au sein duquel les individus peuvent prendre des décisions quant à l’emploi des ressources. Lorsque la propriété est protégée, les bénéfices de l’utilisation de telles ressources s’accumulent pour les propriétaires. Ce n’est que dans ces conditions que la concurrence fonctionne comme dans les descriptions de manuels d’économie. Dans toutes les sociétés, les individus connaissent des conflits d’intérêts. La propriété privée et la concurrence facilitent la résolution pacifique de tels conflits. En effet, un système de propriété privée régi par l’état de droit pose les limites d’une forme acceptable de concurrence pour les ressources. Dans les sociétés qui ne connaissent pas de protection efficace des droits de propriété privée sur les ressources, les conflits autour de ces dernières sont ‘résolus’ par la violence et la guerre. A l’inverse, dans une économie de marché, ceux qui veulent davantage d’une ressource se la procure de manière pacifique sur le marché. Beaucoup de pays du Moyen Orient ou de l’Afrique subsaharienne protègent mal les droits de propriété, sont fermés au commerce international et n’ont pas d’économie de marché. Ces régions sont aussi le lieu de 70 % des conflits majeurs. Naturellement, leurs économies croissent moins vite que celles des autres régions. Le conflit autour des ressources naturelles est la source de la plupart de ces guerres, que cela soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Le résultat des élections détermine non seulement le contrôle politique mais aussi le contrôle des ressources vitales ; les perdants ne peuvent pas accepter le résultat de manière pacifique. Une élection représente la différence entre pauvreté et prospérité pour les gagnants et inversement pour les perdants. D’où le fait que les sociétés dans lesquelles les ressources clés telles que le pétrole sont nationalisées soient en fait des sociétés en conflit. Le seul résultat stable dans de telles sociétés sujettes aux conflits est une dictature assez puissante pour imposer l’ordre et partager le butin. Cette situation était celle du gouvernement de Saddam Hussein en Irak et permet d’expliquer sa longévité. Le parti Baath au pouvoir contrôlait « les leviers de commande » (pour employer l’expression de Lénine) de l’économie iraquienne. Le secteur pétrolier pesait plus de 60 % du PIB et représentait 95 % des rentrées de devises. Quelle que soit l’opinion que l’on ait eu sur la guerre en Irak, le gouvernement américain doit désormais décider entre soit maintenir le secteur pétrolier entre les mains de l’Etat, soit le privatiser. L’administration Bush est terrorisée à l’idée de privatiser en Irak et penche très fort pour un maintien du pétrole entre les mains de l’Etat.. Si elle agit de la sorte, la guerre n’aura servi à rien. La source du conflit interne entre les principaux groupes en Irak perdurera. Ainsi, un conflit interne va résulter de cette décision et une nouvelle dictature est susceptible d’émerger. Ce sera donc une véritable défaite après la victoire La leçon de tout ceci est que la propriété privée et l’économie de marché constituent la véritable source de la prospérité en Occident. Et la seule source d’espoir pour les pays en développement est le même système libéral qui a permis le miracle économique de l’Occident. |
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