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LA PEUR INFONDEE DES DELOCALISATIONS | ||||||||||||
Philippe Maître : La peur infondée des délocalisations Le débat scientifique
sur les délocalisations est en fait clos. Elles ne menacent pas l’emploi au niveau
macroéconomique, comme le montrent bien les études empiriques, souvent publiées
d’ailleurs dans des journaux pas vraiment libéraux ! Pourtant en France,
et la campagne électorale récente l’a bien montré, les gens ont des a
priori : la mondialisation détruirait des emplois et exploiterait le
tiers monde. Les médias se faisant très souvent le relais de ces analyses infondées,
le débat public est donc d’une extrême pauvreté. Et lorsque le député Jean Lassalle
entame une grève de la faim, il le fait contre une délocalisation vers une autre
région française, c'est-à-dire contre de l’emploi créé ailleurs en France ! Pourquoi une qualité si
faible du débat public ? Certainement parce que les délocalisations sont
mal définies. On croit que les entreprises 1) délocalisent leur production à l’étranger
2) « réexportent » 3) génèrent du chômage. Il faut alors être capable
de distinguer les importations de délocalisations, c'est-à-dire les « réexportations »
des importations courantes. Tâche difficile… De même, peut-on utiliser l’indicateur
de fermetures d’entreprises ? Même réponse ! Enfin quelle est la part
de ces « délocalisations » pour « réexporter » dans les Investissements
Directs de l’Etranger ? Impossible à dire : le concept même de délocalisation
défini ainsi est donc critiquable. Le Sénat français a d’ailleurs conclu que quantitativement,
la meilleure définition de délocalisation permet de dire que 4% des IDE seulement
correspondent à des délocalisations pour « réexportation ». De plus, les délocalisations
génèrent de la richesse, et plus de concurrence, ce qui est une bonne chose. En
fait, exactement comme le progrès technique, les délocalisations peuvent détruire
de l’emploi localement et à court terme, mais en génèrent globalement à long terme.
La baisse des prix du fait des délocalisations accroît le pouvoir d’achat des
consommateurs, générant donc plus de demande pour les entreprises. Les marges
supérieures des entreprises sont utilisées pour investir plus, et donc créer de
l’emploi. Et au passage, les revenus des pays pauvres augmentent, ce qui signifie
de nouveaux marchés pour les pays riches aussi ! L’intégration économique
mondiale permet enfin de pacifier les relations internationales.
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