STRATEGIES DE COMMUNICATION POUR LA MONDIALISATION

Michel KELLY-GAGNON, Président du patronat canadien, propose de présenter la mondialisation sous un jour plus attrayant pour le grand public au cours de la dernière journée de la XXX° Université d'Été (mercredi 29 août).

 

Michel Kelly-Gagnon : Stratégies de communication pour la mondialisation

Le modèle social continental européen qui a inspiré de nombreuses sociétés, y compris le Québec, est fondé sur deux éléments : des contributions sociales obligatoires et des réglementations importantes sur le marché du travail. J’ai observé dans mon travail en tant que lobbyiste qu’il est difficile de réformer ces réglementations. Lorsque des impôts sont prélevés pour protéger les travailleurs d’un secteur, ils sont en effet très populaires. Ceci génère évidemment un électorat en faveur de ces réglementations. De plus, particulièrement au Québec, il existe toute une série de « petits impôts » de l’ordre de moins de 1% bien souvent, ce qui les rend « indolores » et rend leur remise en question difficile.

Pour gagner le combat des idées, il faut éviter certains arguments. Présenter la mondialisation comme quelque  chose  « d’inévitable »  est  une  mauvaise  tactique  psychologique.  Il  vaut  mieux  montrer  que  la mondialisation est « souhaitable ». De même l’expression de « forces du marché » a ce côté obscur (de la force !), mystérieux et incontrôlable. Il vaut mieux parler de la liberté pour les individus de pouvoir choisir, de pouvoir contracter avec qui ils veulent.

Il faut choisir un vocabulaire qui fasse passer le message des avantages des marchés. Par exemple, il faut expliquer que 80% des prélèvements sur le travail sont payés par les salariés ce qui signifie des salaires nets beaucoup plus bas : cette remarque est très persuasive.

L’analyse des sondages d’opinion est aussi une stratégie à explorer. Et ici, les sondages d’opinion devraient mentionner les gens qui sont syndiqués et ceux qui ne le sont pas. En effet, il est très fréquent que des gens syndiqués pensent le contraire de leurs leaders syndicaux : ceci permet de montrer en quoi les syndicats ne sont pas représentatifs. Enfin il faut changer la mentalité du statu quo et la peur du changement de beaucoup de gens et leur faire comprendre les avantages d’un système plus dynamique qui seul peut générer l’innovation et le progrès.

 

 

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