LE RESPECT DES DROITS DE PROPRIETE PRIVEE ET L'ORDRE INTERNATIONAL

Par le Pr. Victoria Curzon Price, de l’Université de Genève

 

Un ordre spontané émerge entre nations qui respectent les droits de propriété privée. Ces sociétés n’exercent plus de violence interne, ce qui tend à générer un ordre. Le commerce volontaire au sein et entre ces sociétés génère de la richesse. Commerce et paix vont main dans la main. Lorsque les nations ne respectent plus les droits de propriété, naissent violence et désordre. Les traités internationaux seront fragiles car la violence au sein des nations entraîne généralement la violence entre nations.

D’un point de vue historique, les « institutions internationales » de Bretton Woods issues de la deuxième guerre mondiale ont été préparées par des nations respectueuses des droits de propriété. En fondant leur esprit sur l’universalité des droits de propriété, elles chérissaient l’idée qu’il n’y aurait plus de guerre. Malheureusement, les nations qui ont signé ces traités – comme l’URSS de Staline - étaient pour la plupart non respectueuses des droits de propriété et n’entendaient pas changer leur attitude à cet égard. Ces institutions ont donc permis l’ordre et la paix entre pays déjà respectueux des droits de propriété privée. La fin du communisme avait entrouvert la porte de l’espoir d’un renouveau, mais la Russie aujourd’hui, donne de nombreux signes peu encourageants.

Si en gros une bonne vingtaine de pays à l’époque de Bretton Woods respectaient les droits de propriété, il faut rappeler que ce respect y était tout relatif. En effet, la pratique de la « troisième voie » suppose un niveau élevé de réglementations et de fiscalité. Comme l’a bien montré l’échec du Doha Round, dans ces pays le respect des lobbies prend rapidement le pas sur le respect des droits de propriété.

Tout effort vers un ordre international devra passer en premier lieu par le respect des droits de propriété au niveau national. Nous sommes donc très loin de l’ordre global…

 

 

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