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DE QUELQUES ARGUMENTS CONTRE LA
MONDIALISATION | ||||||||||||
Le Professeur Pascalin Salin, un des fondateurs de l'Université d'été de la nouvelle économie, nous présente ici sa vision critique de quelques arguments anti-mondialisation. La mondialisation signifie liberté de mouvement des biens, des capitaux, des hommes et des idées, et concurrence à l’échelle mondiale. La concurrence à son tour n’est pas un état du marché avec un grand nombre de producteurs mais bien une situation où les entrepreneurs tentent de faire mieux que les autres. Sa condition et donc la liberté d’entrée. On devrait dire que la mondialisation existe, qu’elle a même été un « état naturel » durant de longues périodes comme le Moyen Age ou le XIXème siècle ! Mais malheureusement nous avons connu une « démondialisation » au vingtième siècle, justifiée par des arguments fallacieux. C’est le cas de l’avantage comparatif : ce dernier dérive du principe universel de l’échange qui veut que si deux personnes décident d’échanger, c’est qu’elles y ont chacune un intérêt. L’échange est bénéfique, et la mondialisation l’est donc aussi. En effet, pourquoi l’échange devrait-il cesser d’être bénéfique parce qu’il traverse une frontière ? L’idée de l’avantage comparatif découle de ce principe mais est malheureusement formalisée et transposée au niveau du pays comme entité dans l’échange. La dimension humaine et subjective de l’échange est donc perdue ! Un autre argument consiste à dire que l’ouverture des échanges entraîne des conséquences négatives pour certains, un externalité que l’Etat devrait résoudre par une intervention. C’est encore une fois une transposition fallacieuse au niveau collectif d’intérêts privés au détriment des intérêts privés des libres co-échangistes. Un autre argument anti-mondialisation voit cette dernière comme un facteur d’uniformisation. Le paradoxe est que ce genre d’argument émane de gens qui défendent par ailleurs l’harmonisation européenne ! Il y a en réalité un double processus d’uniformisation (pensons à l’anglais comme langue internationale par exemple) et de diversification (développement des langues régionales) qui est guidé par les besoins des gens dans leur quête de différenciation individuelle justement. Enfin, les critiques utilisent la
crise financière récente. Elles se trompent de cible : ce n’est pas le marché
financier mondialisé qui génère de telles bulles, mais bien l’Etat, du fait de
politiques monétaires dont l’instrument est une très grande variabilité de taux
d’intérêt.
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