POURQUOI LES ETATS PERSISTENT A TRICHER AVEC LE LIBRE ECHANGE

David Nott, président de Reason Foundation, donne ici quelques raisons de l'interventionnisme étatique et propose des pistes pour en sortir.

Les auteurs du Public Choice, et notamment le Prix Nobel James Buchanan, ont décrit les mécanismes à l’œuvre à l’intérieur des administrations et bureaucraties publiques. Les hommes et les femmes qui y travaillent sont en réalité comme les autres : ils cherchent à accroître leur pouvoir, leur budget, le nombre de leurs électeurs. Comme le rappelait Tocqueville, la concurrence entre gouvernements les force à s’améliorer.

Prenons quelques exemples. En 2001, G.W. Bush augmente de 30% les droits de douanes pour « protéger l’industrie américaine » de la « concurrence déloyale étrangère ». Cette soi-disant protection a en réalité coûté beaucoup plus cher aux Américains que ce qu’elle leur a apporté, comme l’a bien démontré une étude de l’OMC. Alors pourquoi cette mesure ? C’est que la région productrice d’acier aux Etats-Unis est un réservoir potentiel de votes pour les républicains, votes qu’il a fallu aller récupérer. Il en est de même pour les subventions et protections accordées aux paysans, aux Etat-Unis ou en Europe.

Actuellement 50% des gens en prison aux Etats-Unis le sont pour délit non violent ayant un rapport avec la drogue. L’année dernière l’American Enterprise Institute a produit une étude démontrant que les coûts de cette politique anti-narcotiques étaient plusieurs fois supérieurs à ses avantages.

La question cruciale ici est : comment faire pour limiter l’action de l’Etat ?

La mondialisation, et la concurrence qu’elle introduit, ont restreint les pouvoirs de l’Etat. Les flux mondiaux de capitaux lui échappent de plus en plus. La liberté dans la mondialisation représente donc, quand elle existe, une limite importante imposée au pouvoir politique.

Mais limiter l’action de l’Etat requiert aussi de notre part de faire passer le message scientifique de la science économique. Les gens doivent comprendre le fonctionnement du politique, le fonctionnement des marchés. Nous devons leur sortir de la tête l’idée que le public doit résoudre tous les problèmes et que dans une certaine mesure le marché peut résoudre leurs problèmes, si tant est qu’on ne l’étouffe pas.

Enfin, il faut que nous trouvions des alliés politiques pour mettre en application notre message de responsabilité. De plus en plus d’hommes politiques gèrent leurs circonscriptions, leur ville etc. comme des chefs d’entreprises. Ils gèrent les deniers de leurs administrés au mieux dans une logique d’efficacité. Suivant les modèles de gouvernance, ils cherchent et font désormais appel à des entreprises privées mises en concurrence pour répondre à la demande de biens publics. C'est avec ce type d’hommes politiques qu’il faut travailler.

 

 

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