| LES MENACES DE LA MONDIALISATION
UN BON PRETEXTE | ||||||||||||
Si vos intérêts corporatifs et vos privilèges sont
menacés par la mondialisation, vous avez une défense imparable : vous évoquez
les menaces que la mondialisation fait peser sur l’humanité entière. Vous pouvez
même accroître votre pouvoir au prétexte de « maîtriser » la mondialisation
qui joue ainsi le rôle d’épouvantail et justifie de nouvelles réglementations
et atteintes à la liberté. Par exemple la menace du terrorisme « mondialisé »
a inspiré aux Etats-Unis le Patriot Act après le 11 Septembre. Il constitue en fait une légitimation
pour renforcer les pouvoirs de police de l’Etat fédéral et constitue lui-même
une menace pour les libertés individuelles. Pour sa part l’Union Européenne veut harmoniser les
réglementations, fiscales notamment, pour contrer les mécanismes naturels et soi-disant
chaotiques de la mondialisation. L’Union Monétaire Européenne, déjà bien trop
grande, veut encore s’étendre au nom du même principe. Le FMI lui-même, qui n’a
plus de justification depuis 1973 (la fin des changes fixes), se cherche un nouveau
rôle pour « répondre à la mondialisation »… La recrudescence des accords commerciaux bilatéraux
au détriment d’accord multilatéraux, est aussi une façon de se protéger de la
mondialisation. D’ailleurs, si le Doha Round échoue, c’est essentiellement parce que les Etats-Unis,
l’Europe et le Japon ne s’entendent pas pour diminuer leurs subventions à leurs
agriculteurs, encore une fois au nom de la protection contre la mondialisation.
En matière de droits de propriété intellectuelle,
beaucoup de gens ont appelé à des mesures « globales » pour contrer
le non respect de ces droits dans certains pays (surtout grâce à la pratique du
reverse engeenering). Il serait pourtant
dangereux d’adopter une harmonisation mondiale en la matière. Une adaptation fondée
sur une base nationale, et une concurrence entre les différentes pratiques nationales
seront plus à même de faire émerger des règles satisfaisantes en la matière. Enfin et non le moindre, la menace de la mondialisation
est brandie par de nombreux salariés et syndicats qui disent vouloir « préserver »
l’emploi. Comme dans les autres cas, nous devons leur expliquer les avantages
du libre échange et les dangers du protectionnisme.
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