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LE LIBERALISME ET LE DOGME DE LA
DEMOCRATIE | ||||||||||||
Le Professeur Carlo Lottieri de l'université de Sienne s'attaque ici à un dogme : la démocratie majoritaire moderne. La démocratie est devenue un dogme. Il est impossible de la critiquer sans passer pour un despote. La démocratie n’est pas le libéralisme. Elle n’est pas par essence libérale, et a tendance à s’éloigner du libéralisme. Les révolutionnaires libéraux français ont par exemple très rapidement compris la dimension despotique du « gouvernement populaire ». Il y a pourtant une espèce d’indentification aujourd’hui entre démocratie et libéralisme. Pourquoi ? L’explication principale est que le vingtième siècle a mis en parallèle l’affrontement d’une part du fascisme et de la démocratie et d’autre part du socialisme et du libéralisme. D’où l’apparente parenté entre démocratie et libéralisme. Cependant la démocratie porte des germes antilibéraux. Premièrement la démocratie rime avec absence de responsabilité. Le pouvoir y est provisoire, ce qui ouvre la porte au parasitisme : les politiciens tentent naturellement d’exploiter au maximum ce pouvoir transitoire. Deuxièmement, le processus de démocratisation d’une nation a tendance à renforcer les liens entre ses individus du fait de « l’expérience commune » dans ce processus. Et d’ailleurs, troisièmement, il faut surtout noter le collectivisme implicite de ce système : c’est Rousseau avec le mythe du « grand Nous » et la théologie de la volonté générale qui débouchent sur l’expansion des pouvoirs publics et des limites de plus en plus contraignantes à la liberté individuelle. Pourquoi la démocratie a-t-elle donc connu un tel succès ? C’est sans doute la conséquence d’une conception étroite du libéralisme historique, et particulièrement du libéralisme constitutionnel du 19ème siècle. L’idée d’égalité y est centrale. Mais elle débouche par exemple sur le droit de vote universel. Or, ce vote signifie que les ressources privées vont voir leur sort décidé par une majorité. L’idée de dignité humaine a aussi été pervertie d’une manière similaire. Le libéralisme n’a malheureusement jamais eu assez de force pour s’opposer aux nouvelles tendances. Il nous faut donc aujourd’hui saisir l’opportunité de la mondialisation pour contrer ces tendances. Par exemple l’idée du fédéralisme concurrentiel, incarnant la renaissance du contrat et de la concurrence comme fondations d’une société libre, est un élément essentiel du mouvement vers la mondialisation. Il nous faut nous distancer du dogme étatiste obsédé par les idées d’unité et d’uniformité. Enfin, ce n’est pas tant la démocratie qui pose problème mais l’Etat dans la démocratie, la « démocratisation de l’Etat ». Voilà à quoi il faut s’attaquer.
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