VERS LA PRIVATISATION DE LA SECURITE SOCIALE ?

George Lane, spécialiste en économie de la protection sociale nous offre ses vues sur la Sécurité sociale. D'où vient-elle ? Où va-t-elle ?

 

La Sécurité Sociale française remonte à 1944-1946. C’était alors une planification élaborée par les syndicats et les politiciens dans et pour une situation exceptionnelle : la fin de la deuxième guerre mondiale. Cette planification a retiré aux individus la capacité de s’assurer par eux-mêmes auprès d’assureurs privés. On a donc nationalisé au passage pas moins de 33 entreprises d’assurance. Les Français sont depuis lors « assujettis » à la Sécu ! Ce système a supprimé notre liberté d’assurance, et fonctionne suivant des règles si compliquées qu’il n’y a aucune transparence ni aucun contrôle - ce qui arrange bien les syndicats qui gèrent les caisses.

En réalité ceux qui ont élaboré cette planification ont conçu la Sécu comme un instrument de redistribution, obligatoire bien sûr. L’absurdité du système tient au fait qu’il a été élaboré dans un contexte de plein emploi et de « baby boom » et qu’on ne prévoyait ni l’éventualité du chômage ni le vieillissement de la population. 

Comment passer aujourd’hui d’un système public à un système libre privé ? Cela peut paraître utopique alors  que l’évolution a déjà été amorcée, non seulement à l’étranger, mais aussi chez nous. Seuls les politiciens veulent donner l’illusion de la « durabilité » du système collectiviste. Déjà depuis  1967  la  branche  maladie  est  individualisée.  D’autre  part  le  marché  de  l’assurance  s’est grandement perfectionné. Les compagnies d’assurance ont été dénationalisées, puis rapidement rachetées par de grands groupes étrangers qui en ont amélioré la gestion.

En sens inverse de nombreuses réglementations ont été imposées sur le secteur « prévention » de la protection sociale. Il fallait en effet s’attaquer au problème des déficits chroniques. En dépit des restrictions du côté de la dépense et des augmentations de la base sur laquelle on prélevait les contributions sociales, le système est menacé d’explosion. Pour autant, il faut garder un certain optimisme : nombreux son ceux qui  ont compris la nécessité d’un passage à un système privé.

 

 

 

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