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MONDIALISATION : LA COURSE VERS
LE BAS ? | ||||||||||||
| Pierre Garello : La « course
vers le bas » ? Les anti-mondialistes
ont répandu l’idée de la « course vers le bas » (« race
to the bottom »), expression qui a un contenu émotif très important mais
qui n’en est pas moins erronée. L’argument est que lorsqu’on fait tomber les barrières
de protection commerciale, les facteurs de production et en particulier le capital
se dirigeraient vers le territoire où ils peuvent être les plus productifs ou
les plus profitables. Cela peut être pour des raisons de fiscalité moindre, de
moindres réglementations environnementales ou sociales, des salaires plus bas.
Les réglementations existantes dans le pays d’origine ne pourraient alors plus
perdurer parce que le capital dans le pays d’origine s’est enfui, y réduisant
d’autant les recettes fiscales et les biens publics financés par celles-ci :
les standards sociaux seraient donc menacés. Premièrement : ce scénario
est-il réaliste ? S’il y a de la vérité dans le processus décrit, il n’y
a pas toute la vérité. Le rendement
n’est pas la seule variable prise en compte par les investisseurs : il y
a aussi le risque. Par ailleurs, les coûts du travail plus bas s’accompagnent
aussi d’une productivité beaucoup plus basse. De même il y a le problème des coûts
de transport entre la production et son marché. D’ailleurs les pays recevant le
plus d’investissements étrangers sont les pays les plus développés ! Deuxièmement, la théorie
du cycle international du produit nous enseigne qu’il est normal qu’un produit
innovant fasse son apparition dans les pays développés, puis que pour des raisons
de coûts, de possibilités d’apprentissage et de concurrence, il soit peu à peu
fabriqué dans des pays moins développés. Cela est juste l’expression de la division
du travail. Il serait donc stupide de vouloir interrompre ce cycle naturel du
produit. Troisièmement, supposons
que Danone veuille délocaliser ses usines de France vers Mais quelle serait l’alternative ?
L’harmonisation ? Que tous les pays soient au même salaire minimum par exemple
? On imagine les conséquences catastrophiques dans les pays moins développés !
Ce qui est paradoxal c’est que nos États promeuvent simultanément, d’un côté la
recherche et l’innovation qui forceront à un moment ou à un autre l’adaptation
des gens et d’un autre côté s’opposent à l’ouverture qui entraînera de nécessaires
adaptations. Évidemment dans le premier cas il est difficile de voir qui devra
s’adapter alors que dans le deuxième c’est beaucoup plus facile…
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