LA MONDIALISATION, GRANDE FETE DE L'HUMANITE

Le Professeur Jacques Garello clôt ici la série de présentations individuelles, avec une réflexion sur la nature profondément humaniste de la mondialisation.

La mondialisation n’est pas la conquête du monde par la violence mais au contraire l’établissement de relations pacifiques à travers le marché.

Il y a eu un débat dans les années 1990 entre la thèse du « choc des civilisations » (Samuel Huntington) et celle de la « fin de l’histoire » (Francis Fukuyama), saluant l’avènement mondial de la démocratie et de l’économie de marché. Le débat est entretenu par une mauvaise conception de la nature de la civilisation. Il est vrai que le monde est fait de cultures fort différentes, mais seule une vertu commune est réellement « civilisatrice » : celle qui peut donner la liberté et respecter la dignité humaine. L’histoire a montré que cet objectif de civilisation a été dur à atteindre : très souvent proches du but (au Moyen âge par exemple), nous sommes régulièrement retombés en barbarie.

Alors : mondialisation civilisée ou barbare ?

La mondialisation a été l’occasion d’une grande libération. Désormais, les individus ne sont plus prisonniers dans des espaces politiques fermés, territorialisés. Nous pouvons nous déplacer, consommer des produits étrangers. Mais si les hommes sont libérés d’un côté, ce n’est pas pour subir d’un autre côté la servitude de la barbarie. Une mondialisation se doit d’être civilisatrice, c'est-à-dire qu’elle doit permettre aux êtres humains d’accomplir cette mission extraordinaire qui leur échoit : s’accomplir, devenir des Hommes. C’est l’essence même de l’humain et de la civilisation que de créer et par là même, de s’épanouir.

La mondialisation nous rend donc acteurs. Elle exige donc la double référence à l’entreprise et à la propriété. Pensons à l’œuvre de Muhammad Yunus, qui permet à des gens parmi les plus pauvres du monde de monter une entreprise et ainsi d’échapper à la misère, de pouvoir éduquer leurs enfants etc.  Il a rappelé que le développement vient « d’en bas », et pas d’en haut à travers une quelconque planification. Le développement est une entreprise humaine.

Mais il n’y a pas d’entreprise sans propriété. La propriété est une institution indispensable pour établir des relations pacifiques fondées sur les contrats et le libre échange. Sans elle pas de mondialisation. Mais elle est aussi l’expression de la personnalité, et le fondement de la responsabilité. Voici pourquoi le mur de Berlin est tombé : le socialisme empêchait les gens d’être créateurs, responsables, humains. A son tour, l’État Providence nous déresponsabilise puisqu’il prend de plus en plus de décisions à notre place et nous prive d’exercer nos talents créatifs. La mondialisation offre au contraire l’occasion d’être créateur, entrepreneur.

Bien sûr toute création a une dimension sociale, parce qu’elle est destinée à satisfaire les besoins de la communauté : le marché indique ce qui est bon pour les autres. L’échange est dans la nature des hommes, il existe dans le cœur des enfants, observait Adam Smith. La mondialisation multiplie les échanges, elle rapproche donc les hommes et les peuples, elle nous aide à mieux comprendre les autres cultures.

Des hommes libérés, acteurs et réunis, voilà la promesse de la mondialisation : elle est la véritable grande « fête de l’humanité ».

 

 

 

 

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