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DETTE PUBLIQUE, DEPENSES PUBLIQUES
ET DEFICIT | ||||||||||||
Le Professeur
Pierre Garello de l'Université Paul Cézanne revient ici sur quelques
vérités en matière de dette publique et de dépenses
publiques. Ce sujet est lié très fortement à celui de la concurrence
fiscale. En effet, lorsque les territoires autour d’un territoire A baissent leurs
impôts, la concurrence fiscale pousse à
baisser les impôts sur le territoire A lui-même. La tentation est alors grande
de financer les dépenses publiques par l’endettement public. Est-ce vraiment
une bonne idée ? En France, la situation est grave : la dette
de l’Etat central qui était de 30% du PIB en 1978 est passée à 50% en 2006. Si
on y ajoute la dette des collectivités territoriales, on arrive à 64%. Comme le
PIB a lui aussi augmenté, la dette en termes absolus a été multipliée par 4. En
termes réels, elle est passée de 223 milliards d’euros en 1980 à 1.180 milliards
d’euros en 2007. En Europe : l’Autriche, la République Tchèque
sont proches de la France. La Belgique est revenue d’une dette de 120% du PIB
à 80%, l’Irlande de 80% à 20% : il est donc possible de réduire la dette.
En dehors de l’Europe, le Japon est un mauvais élève : 160% du PIB. Les USA
sont plutôt en bonne voie, vers 40%, comme la Nouvelle Zélande ou le Canada. On
notera que la dette est plus ou moins nocive suivant la manière dont on dépense
l’argent. Si l’argent est investi, cela peut être acceptable. Si l’argent est
dépensé en redistribution, cela n’est pas acceptable. Or, en 2007 le budget de
l’Etat français mentionne que 3.8% du budget irait à l’investissement. Il y a
bien sûr l’argent de l’Education Nationale et de la Recherche Développement qui
représentent aussi une forme d’investissement. Est-il de qualité ? De façon générale, l’investissement public serait-il
un meilleur moteur de la croissance que l’investissement privé ? Il y a des
preuves suffisantes d’effet d’éviction de l’investissement privé par l’investissement
public. D’abord l’argent prélevé en impôts ou en financement de la dette ne va
pas en investissement d’entreprises privées. Dans un pays qui distribue l’argent
public, il est de moins en moins rémunérateur d’investir de l’argent privé et
d’entreprendre. Voilà sans doute pourquoi les pays avec une forte
dette ont à terme une croissance moindre ; les données établies pour l’IREF
par notre collègue P. Minford le prouvent nettement. Vaut-il mieux financer les dépenses par l’impôt ou
la dette ? Y a-t-il équivalence ? En théorie, pour des agents parfaitement
rationnels, la dette d’aujourd’hui signifie des impôts demain. Mais en pratique,
la rationalité des agents économiques n’est pas parfaite : il peuvent ne
pas prendre en compte leur propre futur, et encore moins celui des générations
futures ! Dans ces conditions, il paraît clair qu’un homme politique a intérêt
à faire appel à une nouvelle dette plutôt que de lever de nouveaux impôts. Les
déficits permettent d’augmenter les impôts. Beaucoup de gens pensent qu’avec la dette importante
que nous avons il n’est pas possible de baisser les impôts. Cela est faux, comme
l’ont prouvé les études menées par l’IREF. Il faut au contraire s’attaquer aux
dépenses pour réduire en même temps impôts et dette. Les excédents budgétaires
apparaissent en effet quand la croissance est accélérée par des baisses d’impôts.
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