DU "MONDE NON GLOBALISE" AU "MONDE GLOBALISE"

Par le Pr. Enrico Colombatto, de l’Université de Turin, Président de l’ICER

 

Le monde « non-globalisé » fait typiquement face à quatre types de coûts qui sont élevés : des coûts de communication, des coûts de transport, des barrières artificielles et des coûts de transaction (la protection des droits de propriété et le respect des contrats). Ceci signifie que le coût d’évasion d’un tel monde est élevé. La solution logique pour un agent rationnel n’est donc pas d’essayer de contourner les institutions en place, mais au contraire d’en profiter au maximum.

Ceci explique que les sociétés fermées « non globalisées » connaissent un taux de recherche de rentes (de revenus prélevés aux dépens des autres) très élevé. Ceci explique aussi pourquoi les coalitions conçues pour obtenir des rentes ont la vie dure : il y a donc un mécanisme auto renforçant. Généralement d’ailleurs, il faut noter que les institutions formelles permettent ce jeu de recherche et capture de rentes alors que les institutions informelles permettent au contraire de s’évader partiellement du verrouillage institutionnel formel. Le résultat est que les sociétés « non globalisées » connaissent l’inefficience généralisée et peu d’activité entrepreneuriale ou alors détournée vers des activités non productives. Ces sociétés ne connaissent pas la croissance.

Par contraste, le monde « globalisé » est fondé sur la liberté de choix. Celle-ci permet la redistribution des ressources vers leurs usages les plus productifs. A partir de là, la possibilité de saisir les opportunités de croissance engendre un mécanisme cumulatif qui permet justement la croissance. A vrai dire, même dans le monde dit « globalisé » il reste une large sphère où préside un jeu institutionnel formel de type « non globalisé ». Dans ce cas, il est évident que les plus riches ont plus de ressources pour détourner ou s’échapper de ce verrouillage institutionnel non productif qui touche donc plus ceux qui n’ont pas les moyens de « bouger ». Accroître la liberté de choix de tous, « globaliser » est donc la solution pour enfin connaître la croissance.

Malheureusement les organisations internationales, et donc dites « globalisées », renforcent très souvent les cartels locaux et utilisent le prétexte de la mondialisation pour institutionnaliser le statu quo. Ces institutions globales, tout autant que les institutions nationales doivent céder la place au choix institutionnel : chacun devrait pouvoir sélectionner le type d’institutions qu’il désire. Par exemple en matière monétaire, je souhaiterais pouvoir utiliser librement le dollar en Italie. Ce choix des institutions contractuelles, ce « shopping institutionnel » serait bien meilleur (de part ses propriétés évolutionnistes d’adaptation et d’amélioration par sélection), que des institutions « globales » uniques.

 

 

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