| DU "MONDE NON GLOBALISE"
AU "MONDE GLOBALISE" | ||||||||||||
Le monde « non-globalisé » fait typiquement
face à quatre types de coûts qui sont élevés : des coûts de communication,
des coûts de transport, des barrières artificielles et des coûts de transaction
(la protection des droits de propriété et le respect des contrats). Ceci signifie
que le coût d’évasion d’un tel monde est élevé. La solution logique pour un agent
rationnel n’est donc pas d’essayer de contourner les institutions en place, mais
au contraire d’en profiter au maximum. Ceci explique que les sociétés fermées « non
globalisées » connaissent un taux de recherche de rentes (de revenus prélevés
aux dépens des autres) très élevé. Ceci explique aussi pourquoi les coalitions
conçues pour obtenir des rentes ont la vie dure : il y a donc un mécanisme
auto renforçant. Généralement d’ailleurs, il faut noter que les institutions formelles permettent ce jeu de recherche
et capture de rentes alors que les institutions informelles permettent au contraire
de s’évader partiellement du verrouillage institutionnel formel. Le résultat est
que les sociétés « non globalisées » connaissent l’inefficience généralisée
et peu d’activité entrepreneuriale ou alors détournée vers des activités non productives.
Ces sociétés ne connaissent pas la croissance. Par contraste, le monde « globalisé » est
fondé sur la liberté de choix. Celle-ci permet la redistribution des ressources
vers leurs usages les plus productifs. A partir de là, la possibilité de saisir
les opportunités de croissance engendre un mécanisme cumulatif qui permet justement
la croissance. A vrai dire, même dans le monde dit « globalisé » il
reste une large sphère où préside un jeu institutionnel formel de type « non
globalisé ». Dans ce cas, il est évident que les plus riches ont plus de
ressources pour détourner ou s’échapper de ce verrouillage institutionnel non
productif qui touche donc plus ceux qui n’ont pas les moyens de « bouger ».
Accroître la liberté de choix de tous, « globaliser » est donc la solution
pour enfin connaître la croissance. Malheureusement les organisations internationales,
et donc dites « globalisées », renforcent très souvent les cartels locaux
et utilisent le prétexte de la mondialisation pour institutionnaliser le statu
quo. Ces institutions globales, tout autant que les institutions nationales
doivent céder la place au choix institutionnel : chacun devrait pouvoir sélectionner
le type d’institutions qu’il désire. Par exemple en matière monétaire, je souhaiterais
pouvoir utiliser librement le dollar en Italie. Ce choix des institutions contractuelles,
ce « shopping institutionnel » serait bien meilleur (de part ses propriétés
évolutionnistes d’adaptation et d’amélioration par sélection), que des institutions
« globales » uniques.
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