| L'EUROPE : HARMONISATION OU CONCURRENCE ? | ||||||||||||
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Vaclav Klaus: Euroscepticisme et européisme
1. L'économie sociale de marché
C'est la dimension économique et sociale de l'Européisme. C'est un choix en faveur d'un régime de réglementation, de redistribution, fondé sur la croyance que le marché a de graves défaillances, et que le capitalisme a besoin d'être contrôlé si l'on ne veut pas déboucher sur la jungle ou l'anarchie. Evidemment on feint d'ignorer que les défaillances de l'Etat sont bien plus réelles et nombreuses que les soi-disant " défaillances du marché ". Il semblerait que les Européistes n'aient tiré aucune leçon de l'échec dramatique de l'épisode communiste.
2. L'intégration par l'harmonisation et la centralisation
Comment procéder pour l'intégration européenne. A la conception qui voudrait que l'Union devienne un espace d'ouverture, un modèle de libéralisation, s'oppose l'idée qu'il faut que tous les pays se fondent dans un ensemble harmonisé et homogénéisé. La réglementation unificatrice est préférée à la concurrence. On débouche naturellement sur une autorité supra-nationale, et sur des normes unifiées qui sont alignées sur les pays où les coûts sont les plus élevés et la compétitivité la plus faible.
3. Une démocratie dont le peuple est absent
Les Européistes se disent démocrates, mais en fait ils n'ont aucun égard pour le citoyen et pour les droits individuels. Ce qui les intéresse c'est le jeu des groupes sociaux, et en fait ce sont les corporations, les grandes sociétés, les grands syndicats, les grandes administrations qui mènent le jeu social. On retrouve ainsi un schéma de fonctionnement cher à Galbraith : la dynamique sociale jaillit de la confrontation entre macro-cellules sociales, sans que le citoyen " de base " puisse contrôler quoi que ce soit.
4. La diplomatie, un domaine réservé
Dans le domaine des relations internationales, les Européistes n'ont pas davantage cure de ce que pensent les citoyens, qui ne sont jamais consultés sur la conduite des affaires étrangères. La diplomatie est le monopole des gouvernants, leur domaine réservé. Ils la pratiquent avec une approche géo-politique, en termes de grands équilibres entre blocs et nations. C'est un jeu auquel évidemment on ne peut associer les électeurs ! Parallèlement l'idée d'une diplomatie nationale, proche des intérêts des citoyens, n'est pas admise par les Européistes : la diplomatie doit être européenne, l'Europe doit parler d'une seule voix, c'est une tour de Babel.
5. Une vision constructiviste
C'est l'aspect philosophique de l'approche européiste, sans doute le plus profond et le plus dangereux. Les Européistes ne croient pas que les sociétés évoluent suivant un ordre spontané, partant de l'infinité des initiatives prises par des hommes agissant (Mises : " les phénomènes sociaux sont les résultats non désirés de l'action volontaire des hommes "). Ils sont persuadés que l'ordre social ne peut être que créé, créé par l'action déterminée d'une élite éclairée. Ils voient la société organisée suivant une structure verticale, et au sommet les dirigeants construisent le meilleur des mondes. Cette " illusion fatale " a été dénoncée par Hayek. C'est une nouvelle utopie, un nouveau rêve de société parfaite qui conduit au moins à des erreurs et au pire au totalitarisme.
En conclusion
les Européistes n'ont pas compris les caractéristiques du monde actuel, ni davantage
les principes qui régissent l'évolution des institutions. Ils disent que leur
projet européen s'inscrit dans une évolution " normale ", alors qu'il est totalement
artificiel. Pour l'instant les Européistes ont remporté de grands succès politiques,
mais ont-ils réellement convaincu les peuples ? Mon espoir réside dans la possibilité
pour les citoyens européens de comprendre que ce qui est normal c'est la diversité,
la concurrence, la liberté. Si l'Europe doit prendre un chemin " normal ", ce
ne peut être que celui de la liberté.
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