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POURQUOI LE RETOUR VERS LE SOCIALISME ? | ||||||||||||
Je
suis le « plombier polonais » de cette université d’été ! Mon avantage
comparatif est que j’ai vécu sous le joug d’un empire collectiviste et que j’ai
pu d’autant mieux apprécier la liberté depuis 1989, pour en faire même mon métier
qui est de véhiculer la pensée libérale. Depuis 1989 cependant, j’ai pu craindre
que mon pays ne tombe à nouveau sous la férule socialiste. Il
ne faut sans doute pas oublier que la paix est le résultat le plus important de
l’UE. Cependant il y a aussi de nombreuses tensions, par exemple en matière de
politiques de migration ou en matière de négociations pour l’harmonisation ou
la redistribution. Ceci me rappelle ma jeunesse lorsque nous vivions à cinq familles
dans la même maison : c’était une source de tensions car nous étions trop
« prêts » les uns des autres, et devions partager « trop »
de choses. Nos relations sont devenues bien meilleures lorsque chaque famille
a pu habiter seule ! C’est la même chose en Europe aujourd’hui. Après
1990 nous avions le rêve de vivre dans un ordre marchand. Nous avons alors construit
de nouvelles règles, de nouvelles institutions. Malheureusement l’harmonisation
de l’Union Européenne a influencé la mise en place de ces nouvelles
règles du jeu, nous forçant à nous aligner, avec par exemple 8000 pages d’« acquis
communautaires ». Par contre, il nous restait de nombreuses règles très peu
transparentes, qui induisent de la corruption, et nous nous attendions à ce que
l’influence communautaire les supprime : mais pas du tout ! De la même manière, les gens attendaient beaucoup de l’agenda de Lisbonne. Nous pensions qu’accroître la compétitivité des pays européens était un point crucial. Laissez-moi donc citer quelques bonnes intentions : « L’on s’attend à ce qu’en une décennie l’Union européenne devienne l’économie fondée sur la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable de croissance durable avec plus d’emplois et de meilleure qualité, et plus de cohésion sociale ». Inutile de mentionner que l’agenda est une contradiction dans les termes. Le langage est ici perverti, exactement comme il l’était sous le régime soviétique. Pourquoi
être critique des institutions européennes de redistribution ? Après tout,
les subventions versées par l’UE paraissent être une bonne chose pour les nouveaux
pays entrants. C’est parce que l’impact économique mais aussi moral de l’obtention
de ces transferts de redistribution est énorme sur ces nouvelles économies. L’impact
négatif moral est sans doute le plus important. Après 1990 on ne pensait qu’à
se débarrasser des subventions, on aspirait à la liberté et à l’autonomie ;
aujourd’hui on ne pense qu’à leur courir après. Beaucoup
de gens soutiennent que cet argent nous permet de nous développer mais ne serait-il
pas plus simple de supprimer toutes les réglementations qui empêchent les investisseurs
de venir s’implanter chez nous et à nous aider directement à nous développer ?
A commencer par le salaire minimum ? Car en effet, les investisseurs sont
prêts à investir dans la capitale mais certainement pas dans les zones reculées.
Les réglementations elles-mêmes empêchent donc les régions de provinces reculées
de se développer. De
plus, il faut voir ce qui a été fait de ces fonds ! Dans mon pays, il était
clair qu’une « allocation juste des ressources » serait une chimère,
et que c’est surtout la corruption qui allait présidait au partage. Le nombre
de gens entrant en politique pour mettre la main sur l’argent de l’Union
Européenne a évidemment explosé, et ils forment aujourd’hui notre gouvernement !
Nous avons pu cependant engager des poursuites judiciaires à l’encontre d’un certain
nombre d’entre eux, pour des pourcentages qu’ils auraient touchés sur les transferts
de fonds européens. Je
me demandais s’il n’était pas possible de rester un partenaire économique de l’UE,
avec des accords de libre échange, au même titre que la Suisse ou le Liechtenstein,
mais ne surtout pas entrer dans le jeu dangereux de la redistribution et de la
bureaucratie européennes. Mais le processus était irrésistible. Je me dois cependant
de mentionner que « l’argent de l’UE » était la dernière raison pour
laquelle les gens de bonne foi ont voté en faveur du projet de rejoindre l’UE.
Cette addiction au socialisme et à la redistribution doit nous tenir en alerte.
Même des gens qui ne supportaient plus la férule socialiste d’avant 1989 se sont
en définitive tourné à nouveau vers le socialisme de l’Union
Européenne. L’économie
de mon pays croît à un taux de 8 % par an. Les prix de l’immobilier et du travail
augmentent. Nous avons beaucoup de migration et un chômage de 3%. Il y a eu beaucoup
de faillites dans le processus d’ajustement, mais les résultats sont là. L’agenda de Lisbonne reflétait correctement les « intuitions » des gens sur ce qu’il y a à faire, mais il ne s’est pas traduit par des politiques rationnelles. Le verrouillage bureaucratique européen a empêché le progrès dans la bonne direction.
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