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SOMMAIRE DU 10 MARS 2001 - N° 660 :
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| EDITORIAL : | Les fabriquants de chandelles p.1-2 |
| CONJONCTURE : | Inflation en Europe ? p.2-3 |
| LA PAGE BASTIAT : | Pétition des fabriquants de chandelles p.4 |
| ACTUALITÉ QUI NOUS FAIT RÉFLÉCHIR : | Ce zéro de Lang p.5 |
| L'enfant à un père-mère p.5 | |
| SPÉCIAL UNIVERSITÉ D'ÉTÉ : | La gestion de la cité p.6-8 |
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LES FABRICANTS DE CHANDELLES |
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Le premier tour des élections municipales n’aura suscité qu’un intérêt
très local Ce n’est pas pour me déplaire. Je crois qu'une démocratie libérale
est celle où l'on ne mélange pas les genres, et où le maire et son conseil
sont choisis en fonction des intérêts des habitants de la commune, et
pas des savants jeux des états-majors nationaux des partis. Les grandes
villes, et Paris la première, font malheureusement exception à cette règle
; ces municipalités ont été davantage considérées jusqu’à présent comme
le champ clos des féodalités partisanes, comme un espace privilégié où
le citoyen est taillable et corvéable à merci, tandis que l'édile est
avide et corruptible à souhait. Je réserve donc mes commentaires pour la semaine prochaine, et je
voudrais vous entraîner aujourd'hui loin des municipales, mais tout près
de l'actualité économique et sociale. Vous trouverez dans cette Lettre
une partie du texte de BASTIAT "Pétition des Marchands de Chandelles,
etc." J'ai en effet été frappé de la différence de traitement que l'on
a appliqué d'une part aux paysans en partie ruinés par l'EBS et maintenant
la fièvre aphteuse, d'autre part aux restaurateurs et déménageurs ruinés
par la TVA et les charges sociales. Pour la gent paysanne, rien n’a été trop beau. Si Bruxelles et les
Européens ne les indemnisent pas, qu'à cela ne tienne : les Français paieront.
On leur adresse des commandos de psychologues, psychiatres et assistantes
sociales pour les aider à traverser cette mauvaise passe. Et ils ont pu
de façon très légitime barrer les routes, déverser du fumier devant ou
dans les bâtiments publics. Le plus célèbre de leur contestataire, bien
que sous le coup d'une condamnation à une peine de prison, plastronne
dans toutes les émissions de télévision, où il diffuse son savant message
d'anti-américanisme, anti-mondialisme et anti-capitalisme. Par comparaison, ô combien infâmes ont été ces restaurateurs et autres
déménageurs qui ont eu le front d'essayer de bloquer les autoroutes et
les frontières d'Espagne et d'Italie pour faire entendre leur cri d'alarme :
nos professions sont menacées de disparition par la fiscalité discriminatoire
dont elles souffrent. La TVA à 18,6 % pour le restaurant contre 5,5 %
pour le fast food concurrent, les charges salariales supérieures pour
les déménageurs français qui voient les concurrents étrangers venir prendre
le travail à leur barbe : l'Etat français se rend-il compte du dommage
qu'il cause aux producteurs étrangers? C'est cette infamie qui explique, au moins, deux différences : - dans le comportement des forces de l'ordre : intransigeance ici,
laxisme là. Les CRS ont chargé à la frontière espagnole avec une rare
pugnacité. Vis-à-vis des paysans, plus provocateurs il est vrai, la consigne
est au contraire de reculer. - dans l'analyse proposée par le gouvernement : ici Laurent Fabius
s'est abrité derrière l'Europe, et là Jean Glavany est passé outre aux
exigences de l'Europe. Le Ministre des Finances a prétendu que l'harmonisation
de la fiscalité européenne empêchait de réviser à la baisse la TVA sur
les services vendus par les professionnels de la restauration et du déménagement.
A croire que l'harmonisation ne peut jouer qu'à la hausse. De tels scrupules européens disparaissent dès lors qu'il s’agit des
produits agricoles. Même si l'Europe interdit les subventions à l’agriculture,
contraires à la concurrence, la France les pratiquera, arguant de leur
caractère "exceptionnel". Après l'exception de la vache folle,
c'est maintenant l'exception de la fièvres aphteuse, demain ce sera autre
chose : voilà des exceptions d'une belle périodicité. Pourquoi ces différences ? C'est ici que le texte de BASTIAT nous
donne l'explication. L'habileté de la corporation des fabricants de chandelles
de Bastiat, comme des syndicats agricoles aujourd'hui, consiste à ne jamais
évoquer les intérêts de la profession, mais l'intérêt national. Ce n'est
pas pour leurs propres affaires que les pétitionnaires demandent au législateur
d'intervenir, c'est pour assurer la prospérité de la marine, de l'élevage,
de l'horticulture, bref de toutes ces "belles industries" sur
lesquelles la protection retombera en rosée bienfaisante. Par contraste, les restaurateurs et déménageurs ont stupidement manifesté
au nom de leur profession, et on n'a pas de peine à qualifier cette attitude
de « corporatiste ». En clair, l'Etat se réserve le droit de tolérer et d'écouter toute
pétition pourvu qu'elle émane de ses protégés, et de gens qui ont le souci
de l'intérêt général. BOVE parle plus souvent de l'avenir de la planète,
de la qualité de la vie, des risques alimentaires, du "terroir"
français, que du niveau de production et du pouvoir d'achat des agriculteurs.
Il ne représente pas le monde paysan, mais la sagesse française. Le plus grave dans l'affaire, c'est que deux principes sont désormais
en vigueur dans la démocratie française, si peu libérale : Le premier principe est que seuls sont écoutés ceux qui manifestent,
et que le pouvoir du législateur est sous contrôle permanent du pouvoir
de la rue (ou de la route) relayé par le pouvoir médiatique. Le deuxième principe est que le gouvernement et le législateur ont
fait de la loi, de la réglementation et des finances publiques des moyens
de donner satisfaction aux fabricants de chandelles, au détriment du reste
de la population : « spoliation légale » disait Bastiat. Jacques GARELLO |
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INFLATION EN EUROPE ? |
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Nais Alan GREENSPAN et Wim DUESENBERG ont tous deux pris
en considération les mêmes éléments. D'une part la croissance n'est pas
aussi essoufflée qu'on le craignait il y a un mois, et même aux Etats
Unis, la reprise semble devoir se faire en douceur. D'autre part des pressions
inflationnistes continuent à s'exercer, et il ne faudrait pas les laisser
dégénérer avec une politique monétaire trop laxiste. La menace inflationniste existe certainement aux Etats Unis,
compte tenu du niveau d'activité atteint dans certains secteurs, où il
n'y a plus de main d’oeuvre disponible, où les capacités d'équipement
sont à leurs limites, où les importations ne prennent pas le relais de
la production nationale. Dans ce climat, la baisse du taux d'intérêt a
plutôt tendance à décourager l'épargne et à alimenter l'inflation qu'à
relancer la croissance. La baisse spectaculaire du taux d'intérêt de la
FED, le 3 Janvier dernier, a été suivie d'une baisse de 1 % du taux d'épargne
des ménages en un mois seulement. Alan GREENSPAN a donc compris qu'il
fallait cesser de jouer avec les taux, surtout dans le sens de la baisse.
Mais quid dans l'Euroland ?
"Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés".
I1 ne s'agit ni des bovins ni des ovins, mais des pays de l'Euroland malades
de pressions inflationnistes, au point d'inquiéter la BCE. Celle-ci se
fixait pour l'an 2000. l'objectif d'un taux d'inflation inférieur à 2 %. On a eu,
globalement 2,6 % en Décembre et 2,4 % en Janvier. Le lion DUISENBERG a donc convoqué les animaux membres de
1'Union Monétaire Européenne (dans laquelle, rappelons-le, il n'y a ni
l'Angleterre ni le Danemark ni la Suède), et il n'a pas eu de mal à repérer
"ce pelé, ce galeux d'où venaient tous leurs maux". Le rôle
de l'âne est tenu par l'Irlande (ce qui fait l'affaire du fabuliste, puisque
l'Irlande est le pays de l'herbe verte dont l'animal incriminé a tondu
la largeur d'une langue). Dans ce pays en effet l'indice des prix frôle les 6 %. L'Irlande
ne risque-t-elle pas de déstabiliser l'Euro ? Les Irlandais peuvent renvoyer la balle dans le camp de leurs
partenaires de l'Union Monétaire. En effet, leur inflation n'est pas due
à un excès de création monétaire, puisque désormais c'est la BCE qui règle
le flux monétaire de l'Europe entière. L'inflation n'est pas due davantage
à un quelconque laxisme dans les finances publiques, puisque l'excédent
budgétaire est de 5 %. La cause avérée de la hausse des prix en Irlande est la pression
de la demande des autres pays européens pour les produits irlandais. La
croissance de ce pays est en effet spectaculaire : 8,6 ~ en 1998 et jusqu'à
11 ~ en 2.000. De quoi rêver. Pendant ce temps, le taux de chômage a été
ramené en trois ans de 11 % à 3 %. L'Irlande se trouve donc en situation
de sur-emploi, un peu comme les Etats Unis il y a quelque temps. Mais
à la différence des Américains les Irlandais n'ont pas une monnaie forte
qui leur permettrait de soulager la pression intérieure par des importations
massives, puisque la monnaie de l'Irlande n'est autre que... l'Euro! Une
production très performante mais arrivée à son maximum, une demande intérieure
et extérieure très forte : cela suffit pour expliquer les tensions inflationnistes
dans ce pays. Les monétaristes diront que cette pression des flux réels
pourrait être tempérée par une politique monétaire restrictive, avec des
flux monétaires en diminution. Mais, précisément, c'est la BCE qui émet
la monnaie... EUROSCLER0SE ET INFLATION Une des raisons qui expliquent la hargne des Européens contre
les Irlandais, c'est que la recette du succès irlandais est idéologiquement
inadmissible pour des Eurosocialistes. L'Irlande occupe en effet le 7ème
rang mondial dans les indices de liberté économique, elle n'est précédée
en Europe que par le Royaume Uni, qui a la même conjoncture - mais que
la BCE laisse tranquille puisqu'elle n'a pas autorité sur la Livre. La France est actuellement "topless": au sommet
de sa croissance (bien faible par rapport à celle des Irlandais) et avec
une inflation très faible, moins de 2%. S'agit-il pour autant d'un modèle
dont devraient s'inspirer les autres pays? La croissance française s'accompagne
d'un chômage encore massif, et d'une prospérité factice due à la dynamique
des marchés internationaux. I1 est vrai que les entreprises françaises
qui ont le mérite de continuer à travailler dans la perspective du marché
mondial se portent mieux que le reste. Mais le reste, ce sont les déficits
publics, les dettes sociales, l'improductivité des fonctionnaires, le
poids des réglementations et de la fiscalité. Bref, tous les symptômes
que l'on retrouve en Allemagne et dans les autres pays frappés de cette
fièvre particulièrement affreuse appelée socialisme ou économie dirigée.
Les Français et les autres pensent tantôt s'isoler du reste du monde (comme
de vulgaires moutons aphteux) tantôt relancer en abaissant les taux d'intérêt.
Ils devraient s'arrêter dans cette voie, parce qu'à vouloir "profiter"
d'un argent facile, ils risquent fort de se trouver bientôt en pleine
inflation, bien ouverte cette fois. L'inflation est le signe d'économies
malades auxquelles on administre des traitements monétaires et budgétaires
inadaptés. |
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PÉTITION DES FABRICANTS DE CHANDELLES, BOUGIES, LAMPES,
CHANDELIERS, RÉVERBÈRES, MOUCHETTES, ÉTEIGNOIRS, ET DES PRODUCTEURS DE
SUIF, HUILE RÉSINE, ALCOOL, ET GÉNÉRALEMENT DE TOUT CE QUI CONCERNE L'ÉCLAIRAGE |
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A MM. les membres de la Chambre des
députés. MESSIEURS, Vous êtes dans la bonne voie. Vous
repoussez les théories abstraites ; l'abondance, le bon marché vous touchent
peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez
affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver
le marché national au travail national. Nous venons vous offrir une admirable
occasion d'appliquer votre [pratique]. Nous subissons l'intolérable concurrence
d'un rival étranger placé, à ce qu'il parait, dans des conditions tellement
supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde
notre marché national à un prix fabuleusement réduit ; car, aussitôt qu'il
se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui,
et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables,
est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui
n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous
soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie
par le temps qui court !), d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse
des ménagements dont il se dispense envers nous. Nous demandons qu'il vous plaise
de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes,
abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, oeil-de-boeuf, stores,
en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles
la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice
des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui
ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si
inégale. Veuillez, messieurs les députés,
ne pas prendre notre demande pour une satire, et ne la repoussez pas du
moins sans écouter les raisons que nous avons à faire valoir à l'appui. Et d'abord, si vous fermez, autant
que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le
besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui,
de proche en proche, ne sera pas encouragée? S'il se consomme plus de suif, il
faudra plus de bœufs et de moutons, et, par suite, on verra se multiplier
les prairies artificielles, la viande, la laine, le cuir, et surtout les
engrais, cette base de toute richesse agricole. S'il se consomme plus d'huile, on
verra s'étendre la culture du pavot, de l'olivier, du colza. Ces plantes
riches et épuisantes viendront à propos mettre à profit cette fertilité
que l'élève des bestiaux aura communiquée à notre territoire. Nos landes se couvriront d'arbres
résineux. De nombreux essaims d'abeilles recueilleront sur nos montagnes
des trésors parfumés qui s'évaporent aujourd'hui sans utilité, comme les
fleurs d'où ils émanent. Il n'est donc pas une branche d'agriculture qui
ne prenne un grand développement. Il en est de même de la navigation
: des milliers de vaisseaux iront à la pêche de la baleine, et dans peu
de temps nous aurons une marine capable de soutenir l'honneur de la France
et de répondre à la patriotique susceptibilité des pétitionnaires soussignés,
marchands de chandelles, etc. Mais que dirons-nous de l'article Paris ? Voyez d'ici les dorures,
les bronzes, les cristaux en chandeliers, en lampes, en lustres, en candélabres,
briller dans de spacieux magasins, auprès desquels ceux d'aujourd'hui
ne sont que des boutiques. Il n'est pas jusqu'au pauvre résinier,
au sommet de sa dune, ou au triste mineur, au fond de sa noire galerie,
qui ne voie augmenter son salaire et son bien-être. Veuillez y réfléchir, messieurs ; et vous resterez convaincus qu'il n'est peut-être pas un Français depuis l'opulent actionnaire d'Anzin jusqu'au plus humble débitant d'allumettes, dont le succès de notre demande n'améliore la condition. |
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CE ZERO DE LANG |
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Au tableau d'honneur des réformes
cosmétiques, voici le zéro. L'invention du zéro par les Egyptiens a été
considéré comme un progrès décisif dans la connaissance humaine. Mais
Jack LANG pense que ce zéro, si utile à certains autres égards, n'a pas
sa place parmi les notes que les professeurs doivent donner à des copies.
Le cas de la copie blanche est en litige, comme celui d'une copie copiée
sur le voisin. Mais que les maîtres et professeurs cessent d'aligner les
zéros, qui traumatisent et pénalisent indûment ! Un devoir ne saurait
être nul, pas davantage qu'un élève ne saurait être un cancre. Enfin, la réforme des Instituts de Formation des Maîtres créés jadis par Lionel JOSPIN va se faire aussi dans le sens d'une plus grande "démocratisation": entendez davantage de politique et d'idéologie et moins de compétence et de connaissances. Sauf les connaissances psychologiques, sensorielles, sentimentales qui permettent de traiter la violence dans les lycées et collèges. Pourquoi pas la maîtrise des arts martiaux (MAM) ? |
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L'ENFANT A UN PERE-MERE |
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Après les remarquables efforts déployés par les gens de gauche (et parfois de droite) pour redonner à la femme toute sa dignité en lui conseillant 1'IVG, la pilule du lendemain, la famille monoparentale et l'insémination artificielle, voici que Madame Segolène ROYAL, qui fait autorité en matière de morale bourgeoise, veut rétablir l'équilibre entre homme et femme dans l'exercice du pouvoir parental (pardon: de la co-parenté, parce que l'idée de pouvoir des parents sur les enfants est saugrenue). On ne sait ce qu'il faut souligner, de l'inutile, du ridicule ou du tragique. L'inutile est que désormais le père recevra tous les formulaires administratifs aujourd'hui abusivement réservés à la mère: un livret de paternité sera délivré au père en même temps que le livret de grossesse, le père aura en double tout le dossier médical de l'enfant. Voilà de quoi occuper quelques employés de mairie et quelques préposés à la Sécurité Sociale. Le ridicule est de recevoir des prestations de Sécurité Sociale pour le compte de l'enfant, que l'on ait la garde de l'enfant ou pas: voilà qui va simplifier les relations financières entre parents divorcés. Car le tragique, dans cette affaire est que toutes ces dispositions participent du principe de "précaution": il faut d'avance prévoir le cas où le père et la mère se sépareront. La mère ne peut pas avoir le moindre avantage sur le père, n'est-ce pas ? Voilà de saine valeurs sur lesquelles fonder une solide famille. "Dis papa quand est-ce que tu divorces ?"."Dès que j'aurai tous les papiers!" Ce dialogue ne sera plus de mise, puisque les papiers seront déjà en possession du cher père. La prochaine étape est évidemment l'enfant chez les homosexuels, masculins comme féminins, en attendant la grossesse masculine. On n'arrête pas le progrès. |
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Dans
le cadre de la XXIIIème Université d'Eté de la Nouvelle Economie sur le
thème de "Société et subsidiarité", la journée du jeudi 7 septembre
2000 s'est terminée avec l’intervention d’Alain MADELIN. Nous en avons
donné la première partie la semaine dernière. En voici la deuxième. |
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A. MADELIN : REFONDATION POLITIQUE
A PARTIR DE LA SUBSIDIARITE Le fil conducteur de la reconstruction démocratique des institutions politiques françaises, c’est le principe de subsidiarité. Etat de droit, Etat de passe-droits La confiance en l’Etat correspond au système de pensée des jacobins, alors que la confiance en l’homme est celui des libéraux. Cela ne signifie pas que les libéraux sont contre l’autorité de la loi. Ils sont en effet attachés à des lois de principe, valables pour tous, pour tous les Français et même parfois à prétention universelle. L’égalité devant la loi, la loi de principe représente l'ordre juridique voulu par les libéraux. Nous subissons au contraire les lois d’opportunité produites par le marché politique afin de répondre à tel groupe de pression menaçant, riche ou influant, des lois de circonstance : c’est la négation de l’état de droit, c’est l’état de passe-droits. C’est ce que les libéraux dénoncent depuis toujours. La Constitution de 1958 a fixé dans son article 34 un excellent principe : « La loi fixe les règlements ». La lettre de la Constitution est belle, puisqu’au fond c’est une définition hayekienne du droit : « Valable pour des actes reconnus dans des circonstances inconnues à des moments connus, des règles générales, de juste conduite ». La loi des 35 heures est loin de tout cela. D’un point de vue libéral, de nombreuses questions se posent : le clientélisme, le mode d’élection parlementaire. La loi est la réponse à une opportunité et non pas à ce que me dicte ma conscience pour savoir ce qui est juste. Il y a donc forcément des interprétations constitutionnelles et des pesanteurs politiques qui expliquent cette dérive par rapport à l’idée initiale. Dans cet article de la Constitution, la loi fixe les conditions générales, puis le reste est ensuite laissé à la liberté des contrats, des personnes, aux collectivités locales. Transfert de compétences et de moyens aux collectivités locales Si l’on donne un vrai pouvoir à ces collectivités locales, cela réglerait bien des choses, à condition qu’il y ait des garde-fous, de la transparence, des contre-pouvoirs. Car il ne s’agit pas de remplacer la monarchie par la féodalité, de laisser se créer une dictature pesante de certains sur leurs concitoyens. Néanmoins, la proximité est plus efficace, plus attentive et souvent moins coûteuse. C’est la raison pour laquelle, le transfert de bloc de compétences complet aux collectivités locales est nécessaire, en commençant par faire des régions les pivots de cette reconstruction. Les compétences à transférer englobent l’éducation, la santé, l’environnement. On a aujourd’hui toutes les raisons de faire confiance aux gens. Certes nous pouvons tous faire un mauvais usage de la liberté, mais ce risque n'autorise pas à tout cadenasser. Il y a vraiment un choix de confiance à faire, et le principe de subsidiarité est vraiment le principe de reconstruction. La confiance dans la personne, cela s’applique bien sûr par moitié aux élus locaux. Ces derniers doivent pouvoir bénéficier, dans les blocs de compétences qui leur sont délégués, de la fiscalité, des ressources propres et d’un pouvoir normatif. La régionalisation doit se faire avec une fiscalité transférée aux collectivités locales et aux régions et avec un pouvoir normatif. Voilà le principe de la libre administration des collectivités locales, le principe de décentralisation auquel les libéraux sont fortement attachés. Il y a aucune raison de faire chorus avec ceux qui prônent le tout Etat, le tout pouvoir jacobin, politique, la concentration de la loi entre quelques mains, tout ce qui va à contre courant de l’évolution et qui constitue une régression démocratique. Construire une société de confiance La démocratie c’est bien, mais la démocratie libérale c’est encore mieux. La démocratie est une façon de sélectionner les dirigeants politiques, elle est plus civilisée que le coup d’Etat mais ne suffit pas pour fabriquer le juste. A la réflexion sur la démocratie, et à la question : Qui a le pouvoir ? Les libéraux ont toujours ajouté : Quelles sont ses limites ? C’est la démocratie libérale qui est aujourd’hui d’actualité. Le concept de souveraineté populaire né de la révolution française, est un concept de souveraineté illimitée qui a vécu. C’est la matrice de toutes les idéologies totalitaires du siècle, il faut la combattre. Une seule souveraineté existe, c’est la souveraineté de la personne sur elle-même, ce qui en philosophie conduit au principe de subsidiarité. Chacun est souverain sur lui-même, est libre de faire le bien ou le mal, sous la conduite de sa raison. C’est cela qui fait de chacun un être responsable et qui autorise à déléguer sa souveraineté. C’est le peuple qui possède un gouvernement et un Etat et non le contraire. C’est la différence entre ce que pensent les libéraux et les autres. Cette ligne de clivage est fondamentale, il ne faut pas fuir le débat. Il faut reconstruire une démocratie libérale, c’est une refondation démocratique de la France, une démocratie de confiance, la confiance en la personne. Qu’est-ce que le principe de subsidiarité, si ce n’est cette affirmation de confiance dans la personne, ayant sa liberté, sa responsabilité et porteuse d’un certain nombre de droits individuels supérieurs à tout pouvoir ? Voilà le programme des vingt-trois prochaines années : construire une démocratie de confiance, un principe de subsidiarité, un état de droit. Cette reconstruction sera une longue marche qui ne se fera pas sans heurts, sans débat vif, sans être incomprise. L'état de droit : contraire à la tradition française Est-ce que cette idée existe dans la tradition républicaine ? La Révolution française est née libérale, il y a eu dès le début proclamation des droits contre l’absolutisme. Le 14 juillet 1790 est la Fête de la Fédération. C’est l’unité dans la diversité, pas l’unité dans l’uniforme jacobin. Là est toute la différence. C’est la tradition d’un état de droit, mais sans ses institutions, puisqu’on ne met pas l’appareil juridique qui garantit les droits individuels ; ils sont garantis dans la tradition républicaine par la conscience républicaine, par le vote d’élection des députés, et par la confiance républicaine. Cela peut sans doute expliquer toutes les déviations qui conduisent au « légicentrisme » du XXème siècle. La loi est la loi, peu importe le contenu de la loi dès lors qu’elle émane d’une autorité légitime. Cela explique pourquoi de grandes figures républicaines obéissent à la loi sans se poser la question de la justice. Si elles sont imprimées dans le Journal Officiel, elles sont justes, donc on ne discute pas. C’est le produit d’une pensée qui identifie le pouvoir et la loi. C’est le triomphe du Léviathan : le droit c’est la force. C’est un courant porté par les totalitaristes du siècle, dont le nazisme et le communisme, pour lesquels la loi est l’expression des rapports de force. C’est cette conception là qui est encore au cœur de beaucoup d’esprits, qui imprègne de nombreux esprits coulés dans le moule de l’ENA. C’est l’obstacle à une société et une démocratie de confiance, fondées sur le principe de subsidiarité, et sur la notion de l’état de droit. C’est un combat intellectuel à mener, un libéralisme complet. Tout converge aujourd’hui pour amener cette question au cœur du combat politique. A quelques mois d’une échéance majeure, comment imaginer que celle-ci puisse se limiter à un combat d’énarques dans un tunnel intellectuel ? L'Etat respecté est celui qui respecte et fait respecter le droit La vision qui éclaire de nombreux pays doit être au cœur de ces débats. En politique comme en économie, c’est l’offre qui commande, chacun attend un pouvoir sans faiblesse et sans complaisance. Beaucoup de compatriotes si on leur faisait cette offre dirait : « C’est ce que j’attends, j’attends un pouvoir sans faiblesse, sans complaisance ». Un Etat moderne et un pouvoir moderne doivent savoir dire non : il n’y aura plus de passe-droits, la loi est la même pour tous, que l’on soit puissant ou misérable… La violence doit disqualifier et il ne faut plus accepter certaines méthodes : le droit de grève est le droit d’arrêter son travail, pas celui des autres. Si l’on accepte cela, c’est accepter la loi de la puissance politique. Les Français les plus modestes sont les oubliés, il pensent que tout cela n’est pas juste, que la loi n’est pas la même pour tous. L’Etat n’est pas respecté car il n’est pas respectable. Les libéraux doivent dire qu’ils veulent un Etat fort, respecté dans ses missions, car respectable. Pour être respectable, l’Etat doit cesser d’être celui qui distribue des faveurs au hasard de lois devenues des lois de passe-droits, mais doit être celui qui lui laisse la plus grande liberté possible. Les Français attendent quelque chose Laissez-nous faire, laissez-nous décider, laissez-nous agir, nous les citoyens ! Rendez-nous notre argent ! Les gouvernants pensent qu’ils sont plus capables que les Français de dépenser leur argent. De vrais réformes s’imposent en matière fiscale notamment. Il faut une révolte pacifique des citoyens. Un choix de société, un choix philosophique existe derrière ces idées. Nos ancêtres ont lutté pour l’émancipation, pour la liberté individuelle. Dans une société de liberté, la liberté est première. Il faut faire confiance aux personnes pour choisir comment dépenser leur argent, choisir l’école de leurs enfants, leur système de santé ou de retraite, par capitalisation par exemple. Le principe de subsidiarité implique de laisser la liberté de choisir. Chacun doit posséder la liberté de choisir la durée de son travail, les partenaires sociaux doivent posséder la liberté de négocier les contrats de travail collectifs ou individuels, négocier les conditions de travail. Il faut également laisser les collectivités locales se gérer librement. C’est ce que l’on attend aujourd’hui, un message d’autorité et de fermeté de la part de l’Etat dans ses missions : « Voilà ce que l’on ne fera plus ! », et un message de liberté pour les Français, les collectivités locales, les entrepreneurs : « Voilà ce que l’on vous laissera faire ». Est-ce naïf de penser que la majorité des Français attendent ce message là ? |
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Nous vous rappelons l'assemblée générale de l'ALEPS le mercredi 28 mars de 18H à 20H. au G.I.M., 34 avenue du Général de Gaulle à Neuilly (Porte Maillot). La prochaine Nouvelle Lettre sera datée du Lundi 19 mars pour commenter
les résultats des municipales. |