| LE REVE SOVIETIQUE DES AMERICAINS | |||||||||||
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| L’écrivain
et réalisateur britannique Tim Tzouliadis décrit avec grand talent le
drame des milliers d’Américains qui ont cru trouver en URSS le paradis
socialiste. L’ouvrage – Les Abandonnés, Lattès, 2009 – est une
description tragique de cette (autre) tromperie communiste. | ||||||||||
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Nous sommes à Moscou en mars 1938. Le jeune américain
Thomas Sgovio a peur. Son père venait d’être arrêté. Originaire de Buffalo,
dans l’Etat de New York ? Thomas cherche refuge à l’Ambassade américaine
mais toutes les ambassades étrangères de Moscou étaient assiégées par
des gens qui tentaient désespérément de fuir l’URSS. A l’ambassade américaine,
on lui dit de repasser dans quelques jours. Il est, bien entendu, arrêter
dans la rue par le NKVD et jeté dans un fourgon noir direction Le drame c’est que toute cette propagande sur la belle vie en
URSS (ô combien utilisée par de nombreux intellectuels français) a été
relayée par l’ambassadeur américain à Moscou, Joseph Davies. Voici ce
qu’il déclare à New York lors de son retour de Moscou : « Une expérience
merveilleusement stimulante est actuellement menée en union soviétique.
C’est un immense laboratoire dans lequel les recherches les plus approfondies
sont faites dans le domaine de l’administration de l’Etat. L’Union soviétique
accomplit des choses extraordinaires. Les dirigeants politiques forment
un groupe d’hommes et de femmes extrêmement capables, sérieux, travailleurs,
puissants ». Des années plus tard, celle qui était encore son épouse
lors de son séjour en URSS, révèle leur silence face aux trains remplis
de prisonniers qui s’éloignaient de Moscou. Pire encore, elle avoue, en
larmes, avoir entendu la nuit les cris des membres des familles et des
enfants de ceux qu’on emmenait dans les fourgons de Le 11 octobre 1931, le dramaturge George Bernard Shaw, « le
plus réputé depuis Shakespeare », fait la déclaration suivante lors
de sont retour de Russie : « En Russie, les prolétaires de tous
les pays sont les bienvenus. Dans la grande tempête financière qui a éclaté
ici, notre propre navire est en train de couler et le bateau russe est
le seul qui ne roule pas dangereusement et n’envoie pas de SOS ».
Ils y sont allés et ont laissé leur vie. Aujourd’hui encore, le sort des
milliers d’entre eux reste inconnu. Le destin des Américains qui ont cru
au rêve soviétique est
le sous-titre de ce livre poignant. Un destin brisé par une idéologie
criminelle. Bogdan Calinescu Le 12 mars 2010
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