| LA DEFENSE DU LIBERALISME | |||||||||||
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| Les voix discordantes durant cette crise
ont été trop peu nombreuses pour ne pas les mentionner ici. Le dernier numéro
de la revue Sociétal (1er trimestre 2010, N°67) intitulé
« Après la crise, une nouvelle ère du libéralisme ? » ne revient
pas seulement sur les vraies causes de la crise. Les auteurs écrivent clairement
que la seule voie de sortie est le libéralisme. | ||||||||||
| Le ton
est donné dès l’éditorial signé par Jean-Marc Daniel qui s’en prend aux « alchimistes »
des banques centrales. Entretenir artificiellement à un niveau les taux d’intérêt
et lancer des politiques économiques à court terme n’auraient pu déboucher que
sur une crise. Dans un autre article, Mathilde Lemoine met en cause les politiques
de relance sectorielles qui risquent de peser négativement sur la croissance dans
les années à venir. Le même Jean-Marc Daniel qui est aussi le Directeur de la
rédaction se dit convaincu que l’ère d’après la crise sera celle du recul de l’Etat
et des politiques interventionnistes. Il est vrai que la France n’en prend pas
le chemin mais, l’auteur le rappelle pertinemment, les pays pas ou peu touchés
par la crise ont été aussi ceux qui avaient le plus réformé l’Etat ces dernières
années : le Canada, la Pologne, la Suède, la Corée, le Chili, etc…
Plus intéressant encore, l’Amérique se sortira plus vite de la crise grâce à la
flexibilité de son marché du travail qui a débouché d’abord sur une explosion
du chômage et ensuite sur la reconstitution de la capacité d’autofinancement des
entreprises. Dans
un article intitulé « Un autre regard sur la pensée économique, le consultant
Gérard Dréan fait un peu d’ordre dans l’histoire de
la pensée économique libérale en soulignant l’attachement à l’individu chez les
libéraux. Ce sont bien les libéraux qui ont clairement dit pour la première fois
que la richesse d’un pays ne se résume pas à celle du prince mais est constituée
par le bien-être des habitants. L’auteur suggère avec intelligence qu’il serait
bien utile de relire les économistes autrichiens… L’universitaire Thierry Fouccart
dénonce les méfaits de l’Etat providence et du discours égalitariste. Le pouvoir
administratif a introduit un classement factice des hommes en société en déconsidérant
les meilleurs tout en faisant croire aux plus faibles qu’ils avaient tous les
droits. « L’effroi égalitaire » prive l’individu de sa liberté et retarde
le développement économique de la société. L’avocat Michel Guénaire rappelle le rôle de la morale dans le cadre du libéralisme.
« Ceux qui ont raillé les fondements moraux du libéralisme quand la crise
financière a éclaté ont commis une erreur sur le plan historique », écrit
l’auteur avec justesse. Le libéralisme est moral ne serait-ce que pas sa défense
de la liberté de l’individu et sa lutte contre le pouvoir autoritaire. Dans
un long article intitulé « Où sont passés les libéraux ? », Marc Crapez revient sur les réactions des libéraux aux débuts de
la crise. On peut lui reprocher de ne pas mentionner les travaux de l’ALEPS et de l’IREF, le Bulletin et La Nouvelle
Lettre, et de faire allusion seulement à « l’ultralibéral » Mathieu
Laine. Par contre, on est d’accord avec lui lorsqu’il souligne le silence embarrassé
sur les vraies causes de la crise d’un Jacques Marseille ou bien les errements
idéologiques d’un Nicolas Baverez. Cela mérite quelques précisions. Ces deux noms
ont été désignés par les médias comme les représentants du courant libéral en
France et ont donc été invités à la plupart des débats audiovisuels sur la crise.
Jacques Marseille a choisi dès le début la position de l’historien en insistant
sur le fait que la crise actuelle n’a strictement rien à voir avec celle de 1929
et je pense qu’il a réussi connaissant très bien le sujet. En revanche, Baverez
a été le plus décevant et il a fait, indirectement, beaucoup de mal aux
libéraux. Pour la simple raison qu’il ne comprenait pas ce qu’il se passait. D’où
ses positions en faveur de l’intervention de l’Etat et les plans de relance… Mais
peut-être la contribution la plus intéressante de ce dossier est celle de l’économiste
hongrois Janos Kornai. Son
article intitulé « Ne pas se tromper sur Marx » est une critique argumentée,
drôle et intelligent de la pensée marxiste. D’autant plus que l’auteur a bien
été admirateur de l’auteur du Capital. La doctrine marxiste a eu beaucoup de succès pour de nombreuses
raisons. Parmi celles-ci figure en bonne place le fait qu’elle a le pouvoir de
doter son adepte d’une clé lui ouvrant toutes les portes. Comment croire à cette
doctrine sans être aveugle ? « Si la thèse de la paupérisation du prolétariat
était vraie, écrit Kornai, la colère de millions d’hommes
aurait déjà balayé le capitalisme ». C’est tout à fait juste ! Comme
le fait que la théorie marxiste a préparé le terrain à la société totalitaire
communiste du XXème siècle. On n’est
pas d’accord avec tout ce qui est écrit mais ce dernier numéro de la revue « Sociétal »
remet bien les pendules à l’heure. Bogdan Calinescu Le 5 février 2010
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