| LES 500 TRADERS DE LA POLITIQUE | |||||||||||
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| Yvan Stéfanovitch
a de nouveau frappé. Après ces enquêtes sur le Sénat et le maire de Paris
(voir nos chroniques sur ce site), le journaliste franc-tireur s’attaque
aux profiteurs de la politique dans | ||||||||||
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C’est
une Caste discrète de 500 cumulards. Des élus de Sur
plus de 400 pages, l’enquête de Stéfanovitch
donne le vertige. Si vous êtes maire d’une commune de plus de 3 500
habitants, vous pouvez toucher le pactole. Il suffit d’apprendre. Le comble
c’est que les membres de la caste se considèrent au service des électeurs.
Ils jouent à l’assistante sociale avec l’argent des contribuables. Et
en réalité, ils ne sont même pas présents lors des débats à l’Assemblée
ou au Sénat. Le sénateur Daniel Percheron par exemple, a pris la parole
en public 5 fois seulement depuis 2003. Les champions de l’absentéisme
sont les députés européens (14 apparatchiks et 12 cumulards). Ils peuvent
empocher jusqu’à 28 000 euros pas mois pour… 6 jours de travail seulement.
Aujourd’hui,
81% des sénateurs et 85% des députés cumulent le mandat parlementaire
avec le mandat local. 416 parlementaires, 12 eurodéputés et 24 ministres
et secrétaires d’Etat sur 38 exercent aussi un mandat exécutif local.
A commencer par François Fillon lui-même qui est président de la communauté
des communes de Sablé-sur-Sarthe. A chaque élection, ces professionnels
de la politique mettent tout en œuvre pour conserver leurs mandats et
en gagner d’autres. Qui plus est, ces cumulards sont issus (à plus de
50%) de la fonction publique. L’auteur détaille les raisons de ces dérives.
Bien entendu, il s’agit d’abord de l’appât du gain et du pouvoir. Mais
plus importante est l’évolution des institutions de Une autre raison de cette attirance est la communauté de communes. Les communautés touchent 43% de la taxe professionnelle ; elles permettent à leurs membres de profiter de l’argent mis au pot commun. Un maire veut construire une piscine ou un nouveau bâtiment pour sa mairie, il n’a qu’à puiser dans le pot. Les membres-conseillers de la communauté des communes ne sont pas élus et n’ont pas de comptes à rendre. Ils se réunissent 6 ou 7 fois par an et leur rôle est de décider des dépenses à faire. Gérard Collomb est maire de Lyon et président de la communauté lyonnaise (un budget de 1.6 Mds d’euros). Il est aussi sénateur mais sur les 3 dernières années, il n’a eu le temps de faire qu’une courte intervention au Sénat : « Hé oui ! » le 4 juillet 2007. Parmi
les « super-cumulards », Mme Catherine Trautmann, une autre
professionnelle : maire de Strasbourg, député du centre ville, présidente
de Un autre
aspect des mœurs de la politique française est la « récompense ».
Non pas d’avoir gagné des élections mais de les avoir perdus. En effet,
on a pour habitude, à gauche et à droite, de caser dans des postes rémunérateurs
ceux qui se sont fait renvoyer par les électeurs. Battus aux législatives
de 2007 et aux municipales de 2008, deux anciens ministres, Gilles de
Robien et François d’Aubert ont été « aidés » par le président
de la République pour trouver un poste. Le premier est délégué du gouvernement
français au conseil d’administration de l’Organisation Internationale
du Travail et aussi ambassadeur « chargé de promouvoir la cohésion
sociale » (sic !). François
d’Aubert a d’abord été recasé par Chirac comme « ambassadeur haut
représentant pour la réalisation en France du projet ITER, le réacteur
expérimental international de fusion nucléaire ». En juillet 2007, c’est Sarkozy qui s’occupe
de lui en le nommant président de l’Etablissement public de Enfin,
celui qui bat probablement le record de cumuls (rémunérateurs) et d’indemnités
est Michel Barnier. Elu député européen en juin 2009, l’ancien ministre
sera Commissaire européen à partir du 1er février 2010. Il
touchera un salaire de 23 503 euros par mois. Mais ce n’est pas fini !
En 2011 il atteint l’âge légal de la retraite en France et pourra toucher
en plus 9 225 euros de pensions (ancien sénateur, député, membre
du Conseil économique et social, etc..). Et une fois à la retraite pour
de bon, il cumulera toutes les pensions pour une retraite mensuelle d’environ
14 000 euros par mois ! Yvan
Stéfanovitch a fait un travail salubre. Son enquête devrait avoir un impact
énorme dans les médias (ce n’est pas le cas pour le moment, les journalistes
auraient-ils peur ?) et je la mettrais comme lecture obligatoire
à Sciences po. Bogdan Calinescu Le 29 janvier 2010
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