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RIOUFOL CONTRE LA
PENSEE UNIQUE
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Je fais partie de ceux qui, tous les vendredi, suivent un véritable rituel : acheter Le Figaro uniquement pour le Bloc-notes de Ivan Rioufol. En le lisant, on peut être sûr d’être informé sur ce que les médias n’ont pas dit dans la semaine écoulée et surtout sur ce qu’ils ont déformé. Ce sont des chroniques qui s’attaquent à la désinformation ambiante, aux non-dits et à l’auto-censure qui gouvernent nos journalistes. Pratiquement tous les sujets d’actualité sont traités avec une lucidité et un non-conformisme réconfortants : la justice, l’immigration, la démographie, le terrorisme, les services publics, la politique étrangère et les relations franco-américaines, l’anti-américanisme, l’éducation et la politique intérieure. Prenons quelques exemples même s’il est difficile de faire une sélection dans la richesse des thèmes abordés. Signalons les contradictions de la loi Gayssot qui censure souvent les analyses du phénomène totalitaire, la permanence du phénomène de la violence scolaire qui tire sa source du délabrement de notre école. Une école-fabrique d’illettrés et dont les enseignants jettent symboliquement des livres dans la rue comme ce fut le cas avec l’ouvrage de Luc Ferry dans lequel le ministre incitait les profs à participer activement à la survie de notre patrimoine linguistique. Il faut aussi mentionner les chroniques consacrées à nos services publics et aux énormes gaspillages d’argent public, au corporatisme syndical et aux nombreux blocages de notre société, sans oublier les pages très justes sur la désinformation dans les médias ou la connivence politico-médiatique. Une grande place est accordée au conflit irakien et au déchaînement anti-américain qui s’en est suivi : « Prendre garde au matraquage politico-médiatique ; il tend à faire avaler à l’opinion que le vice serait du côté de George Bush et l’innocence avec Saddam Hussein. Alors qu’une dictature étouffe un peuple et martyrise ses minorités, Jack Lang accuse l’équipe du président américain d’être « habitée par un esprit totalitaire ». Jack Lang, justement, figure incontournable du gotha médiatique n’accepte pas des contradicteurs sur un plateau de télévision, en l’occurrence l’émission Campus animée par Guillaume Durand. Du coup, l’animateur a annulé l’invitation des débatteurs et a préféré Jack Lang, celui qui a supprimé une heure de français par semaine au collège en sixième, a considéré l’étude du passé simple comme inutile et a jugé que la grammaire pouvait s’apprendre empiriquement à travers des « itinéraires de découverte ». Jack Lang, symbole d’une classe politique déconnectée des réalités se réfugiant dans ce que Tocqueville appelait « l’esprit littéraire en politique ». Et Rioufol de conclure que « la victoire de Bush vient rappeler aux hommes politiques qu’ils devraient écouter davantage ce que disent leurs électeurs, plutôt ce qu’assurent les médias et les intellectuels, souvent éloignés des réalités. » Mais derrière les coups de
gueule de l’auteur contre la pensée unique, on peut sentir une grosse
note d’optimisme et d’espoir. C’est d’ailleurs le but : résister
pour changer. Et l’auteur le fait avec
intelligence et beaucoup d’habileté. Bogdan Calinescu Le 26 Janvier 2006
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