LES MANUELS DE LA DESINFORMATION

Plusieurs manuels d’histoire des collections Nathan, Hachette, Bordas, Belin sont passés au crible dans l’ouvrage Elèves sous influence, Editions Audibert, 2005. Les résultats sont effarants.

On savait que les médias étaient anti-américains et très méfiants à l’égard de la mondialisation. Que leurs leitmotivs sont le réchauffement climatique et les « ravages de l’ultralibéralisme ». Mais on savait moins que les manuels scolaires pouvaient être des instruments de désinformation qui n’ont rien à envier aux médias étatistes. Alors qu’un manuel ne saurait être qu’un outil de travail, de transmission des connaissances, le voici transformé en organe de propagande. Le résultat des recherches de Barbara Lefebvre, enseignante dans le Secondaire et de Eve Bonnivard, journaliste à l’AFP est très inquiétant. En disséquant plus d’une dizaine de manuels d’histoire de la troisième à la terminale, elles ont trouvé un fil commun à plusieurs sujets traités comme les Etats-Unis, le terrorisme, l’islamisme, la mondialisation, le libéralisme : la complaisance envers le terrorisme et l’accusation de la mondialisation (et, implicitement, des Etats-Unis).

Plusieurs manières de traiter l’information se rejoignent. D’une part, les commentaires des auteurs du manuel sur un fait précis, comme par exemple le 11 septembre, d’autres part, l’appel aux « experts » comme dans ce manuel de troisième (Bréal) où l’on donne la parole à Pascal Boniface, chercheur que nous avons déjà eu l’occasion de voir répandre la bonne parole antiaméricaine dans les médias. Son analyse du 11 septembre est symptomatique : « Les attentats du 11 septembre ont renforcé l’assurance des Américains qui, une fois la peur évacuée, ont interprété leur victoire en Afghanistan comme un véritable triomphe et restent convaincu qu’ils peuvent toujours imposer leur point de vue ». On peut aussi utiliser le ludique, le dessin. Dans le Nathan de troisième, un dessin de Plantu est reproduit. L’oncle Sam est de dos, ses jambes, remplacées par les deux tours attaquées, vacillent.

Mais qui est le coupable des attentats ? Certains manuels entretiennent le suspense comme dans un roman policier, préservent le flou historique. L’élève apprend que les attentats du 11 septembre sont « attribués » à Al-Qaïda et « Ben Laden a été désigné comme le commanditaire par les Etats-Unis » (Bordas). La CIA est, bien sûr, le « support » de Ben Laden et les terroristes « tentent de remettre en cause l’hégémonie américaine ». D’autres manuels sont silencieux sur la montée de l’islamisme et ne disent pas ce que c’est qu’un Etat islamiste. Qui plus est, l’islamisme serait aussi une réponse à l’occidentalisation des sociétés arabes, un rejet du modèle capitaliste et libéral.

On a bien compris que derrière toutes ces déformations idéologiques la cible principale ce sont les Etats-Unis. « Ils ont décidé d’intervenir en Afghanistan et en Irak sans l’aval de l’ONU », « Ils ont une politique unilatérale contrairement à la France qui a une politique multilatérale », le Président Bush est, on s’en doutait, un débile profond, l’image des Guignols de l’info étant reprise sans aucune nuance. On insiste sur l’impérialisme américain, dangereux pour le reste du monde, « coupable » d’avoir « fomenté le terrorisme » : ils méritent donc la vengeance islamiste !

Les sources de ces manuels ? Le Monde diplomatique est le chef de file de « la contestation de l’hyperpuissance » et expose les arguments de la « lutte antilibérale ». De même, les revues Alternatives économiques et Alternatives internationales sont souvent citées. Dans un manuel (Nathan 3), les instances internationales sont présentées comme des organismes à la botte des Américains et le mouvement altermondialiste occupe une place de choix.

Des manuels sous influence, de la désinformation idéologique : ce n’est pas étonnant que notre école (et les élèves) soit un repaire du gauchisme.

Bogdan Calinescu
Le 9 Juin 2006

 
 
 

 

 

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