A moins de 8 jours du premier tour de l’élection présidentielle, libres poursuit la rubrique « En campagne ». Nous relevons au jour le jour les déclarations et prises de position des divers candidats pour les soumettre au seul critère qui mérite à nos yeux de guider le bon choix : la place faite à la liberté et à la responsabilité.

Au risque de paraître imprudents ou politiquement incorrects nous noterons de 0 à 5 les morceaux d’anthologie politique que nous aurons sélectionnés.
Nos internautes peuvent s’associer à cette initiative en nous communiquant par « Contact » leurs propres florilèges.

Nous rappelons que libres, site édité par l’Aleps, revendique une totale indépendance à l’égard des formations et des hommes politiques, et ne se reconnaît d’obligation qu’à l’égard de la pensée libérale et de ceux qui y adhèrent.


17 avril  : Perturber la météo des sondages 5/5

Terminant ses meetings de campagne par une réunion publique à Marseille, Alain Madelin affirme "qu'il se passe quelque chose qui déroute déjà la météo des sondages, quelque chose qui va déjouer les pronostics".
Il a appelé ses partisans à voter "utile et constructif" c'est à dire à voter pour lui : "A ceux qui se résignent à la résignation, à ceux qui sont tentés par la protestation ou encore par l'abstention, je veux offrir un vote d'espoir et d'ambition. Celui d'un vrai changement pour rattraper le temps perdu. On a voulu escamoter le débat du premier tour, réduire la liberté de choix des Français pour refaire de cette élection présidentielle, après 5 ans de cohabitation tout aussi inutile que stérile, le matche revanche de 1995".
Il reste, pour les électeurs, à faire dimanche ce choix en faveur de la liberté et à perturber ainsi la météo des sondages et le "politiquement correct".


17 avril  : La crise sociale 5/5

Avant d'aller tenir une réunion publique à Rennes, où il a reçu un peu de Ketchup de la part de jeunes voulant encore rougir sa campagne, Lionel Jospin a brandi la menace d'un 3° tour social.
Il reprend là un thème cher à Arlette Laguiller. Si ce n'est pas la gauche qui passe, "je pense que nous n'irions pas à 2007 sans crise", a affirmé Lionel Jospin.
Curieuse conception de la démocratie. Si la gauche gagne, le pays légal rejoint en quelque sorte le pays réel. Mais si la gauche perd, le pays réel (en fait les syndicats marxisés) tentera de reprendre sur le terrain des luttes sociales ce qu'il n'aura pas acquis par son bulletin de vote.
Venant de Laguiller, cela ne surprenait pas. Venant de Jospin, cela termine sa campagne sur une note qui nous rappelle que Jospin, lui aussi, a été trotskiste.


17 avril  : Un service public européen 0/5

On se pose parfois des questions sur les idées de C. Taubira, candidate du parti radical de gauche. Dans un entretien accordé au Monde du 17 avril, elle éclairait certains points, en particulier sur sa conception du service public :
Vous avez souhaité un "service public européen" pour l'énergie, l'eau, les transports. Pouvez-vous préciser ?
Cela veut dire, par exemple, qu'au lieu de livrer EDF à la concurrence, l'Etat doit continuer à veiller à l'égalité des citoyens devant les prestations de service public. Le rôle de l'Union européenne est de veiller à la péréquation tarifaire sur tout l'espace européen. C'est réaliste. Je le dis en tant qu'économiste et en tant que politique.
Curieuse conception, pour une économiste. Conception qu'aucun de nos partenaires européens n'accepte. Quant à son positionnement politique, il est clair :
Souhaitez-vous la victoire de Lionel Jospin ?
Je souhaite évidemment la victoire de Lionel Jospin, sans restriction ni états d'âme. Ne serait-ce que pour éviter le retour de la droite.
Madame Taubira roule pour Jospin. A-t-elle trahi un secret ?


16 avril  : Corse : la République veille 0/5

En visite à Ajaccio, Jacques Chirac a présenté son analyse de la situation en Corse et précisé ses propositions en matière de décentralisation. "La Corse a besoin de bien d'autre chose que d'un rafistolage institutionnel qui la placerait en marge de la République. Je n'accepterai pas que la Corse soit écartée de la République. Nous devons refuser toute dérive institutionnelle, qui, par étapes successives, l'engagerait dans des voies contraires à celles qu'emprunteraient les autres parties du territoire national. Pour moi, je le redis, la République est une. La loi s'applique à tous, et seul le Parlement peut la voter. Je propose une réforme profonde du titre XII de notre Constitution (...). Il s'agira tout à la fois de donner plus de pouvoirs aux citoyens, et de faire en sorte que les décisions soient prises au meilleur niveau. L'accroissement des compétences des collectivités locales sera enrichi par un droit à l'expérimentation. Ce droit permettra à l'Etat et aux collectivités territoriales de tester, sous le contrôle du Parlement, de nouvelles politiques avant de les généraliser. La Corse, comme les autres régions, disposera de cette faculté (...). Il faut mettre un terme à une politique de fuite en avant qui a donné à croire que seules les régions en proie à la violence de quelques extrémistes sont susceptibles d'obtenir des avantages supplémentaires".
Oui au droit à l'expérimentation, oui à la décentralisation et à la subsidiarité. Oui à l'extension à toutes les régions de ce que le gouvernement n'aurait prévu que pour la Corse.
Tout cela est emprunté à Madelin. Mais pourquoi faut-il que tout cela baigne chez Jacques Chirac dans un climat général jacobin : on ne peut pas glorifier le rôle de l'Etat et vouloir en même temps pratiquer la subsidiarité.


15 avril  : Ne pas participer à ce gouvernement qui nous aura fait un bras d'honneur 0/5

Lundi 15 avril, à six jours du premier tour, la gauche plurielle s'interroge sur son avenir. Le candidat des Verts à l'Elysée Noël Mamère et le socialiste Bernard Kouchner ont débattu lundi soir du bilan de la majorité plurielle et des perspectives d'avenir de la gauche. Un échange bon enfant, mais sans concession, sur le droit de vote des étrangers, le nucléaire et le cannabis, entre rivaux du premier tour mais futurs alliés d'après-élections.
"Le problème de la gauche, c'est qu'elle s'arrête toujours au milieu du gué", a regretté un Noël Mamère volontiers mordant, très applaudi par les 800 personnes réunies à la Mutualité, à Paris. "Trop de gens considèrent qu'ils ont été trahis par la gauche".
Déterminé à faire de son mouvement le deuxième parti à gauche, l'écologiste a donc égrené à destination du PS la liste de ses revendications, dont il entend bien faire des "casus belli": le droit de vote des étrangers, la régularisation des sans-papiers et la sortie progressive du nucléaire. "Ce n'est pas difficile pour la gauche de faire ça". "Je te le dis très clairement, je proposerais aux Verts, s'il n'y a aucun geste significatif de la part de Jospin et des socialistes sur la sortie progressive du nucléaire, de ne pas participer à ce gouvernement qui nous aura fait un bras d'honneur", a menacé un Noël Mamère revigoré par des sondages qui le créditent de 6,5%. Ce dossier a déjà fait avorter les négociations entre les Verts et le PS pour les législatives des 9 et 16 juin prochains.
"S'il te plaît, n'exagérons rien!", a répliqué le "French doctor" Bernard Kouchner, venu défendre le programme du socialiste Lionel Jospin . Et de rassurer son turbulent allié : "Nous sommes sur un chemin qui est tout à fait en votre faveur", a-t-il assuré, plaidant pour "un gouvernement où les Verts auraient plus de voix encore".
Voilà qui nous rassure tout à fait.


15 avril  : Pas socialiste mais trotskiste 0/5

Lionel Jospin avait amorcé sa campagne en affirmant que "son projet n'était pas socialiste". Il disait vrai, mais c'est pire : il devient trotskiste au fil des jours. A force de vouloir courrir après l'électorat de Laguiller et autres trotskistes, Lionel Jospin finit là où il a commencé, à l'extrême-gauche.
C'est ainsi qu'interrogé sur Bern-FM le 15 avril, le premier ministre a déclaré vouloir d'ici "une année, une année et demie" modifier la constitution, pour permettre le vote des étrangers non communautaires aux municipales, vieille revendication de l'extrême-gauche.
De même, pour faire plaisir à la CGT, il vient de se déclarer hostile à l'idée d'un service minimum, les jours de grève, dans les services publics. Les syndicats doivent donc conserver le pouvoir de paralyser le pays, sans doute pour obtenir sur le plan social ce que les électeurs ont refusé sur le plan politique.
Jospin est-il sûr que cette tactique soit la meilleure pour rassembler au 2° tour ? Est-il sûr aussi que sa visite au coeur du bassin houiller de Lens, "berceau du socialisme" soit caractéristique du 21° siècle ou n'est-ce pas plutôt la nostalgie du 19° siècle ? Il ne nous semble pas que l'avenir soit dans le charbon ...


14 avril  : Le bon dieu de la Corrèze 0/5

En visite en Corrèze, Jacques Chirac a organisé des "réunions amicales" dans un département dont il a été l'élu pendant longtemps.
Cela lui a permis de montrer sa conception de la politique résumée, selon le Monde, par l'un de ses électeurs "Chirac, c'est le bon dieu de la Corrèze", comme si la politique était une machine à distribuer les subventions. Par ailleurs, il a exalté "l'avenir de notre France rurale", critiquant "la politique agricole conduite depuis 5 ans", comme s'il était étranger aux décisions prises, la plupart du temps, à Bruxelles. Il a évidemment raison de critiquer la PAC, mais il le fait parce qu'elle n'est pas assez généreuse et provoque "la désolation agricole". La PAC est criticable, mais parce qu'elle ruine le contribuable, sans profiter aux agriculteurs, parce que c'est une politique d'assistance et d'intervention. Les agriculteurs aussi ont besoin de liberté ; Chirac préfère les subventions.


14 avril  : Juin 36 ou mai 68 : c'est parti pour le troisième tour "social" 0/5

Dans un "grand meeting" au Zenith, le 14 avril, Arlette Laguiller en dit un peu plus sur l'après élection : elle appelle "à une forte mobilisation générale du monde du travail, comme ce pays en a connue en juin 1936 ou en mai 1968, assez forte pour inspirer au grand patronat la crainte salutaire de tout perdre s'il ne cède pas aux exigences des travailleurs".
Autrement dit, ce qu'Arlette n'obtiendra pas par la voie légale, même avec 8 ou 10% des voix, elle veut l'arracher par les "luttes sociales" de l'après-élection, par de "grands mouvements" sociaux. Pour la représentante des "travailleurs et des travailleuses" c'est le troisième tour, le tour social qui compte. Tout le reste, c'est de la démocratie bourgeoise.
On comprend pourquoi, après avoir chanté l'Internationale, ses partisans ont scandé "révolution, révolution". On sait où cela mène.


13 avril  : Le poids de la nomenklatura française 5/5

Dans un entretien accordé au Monde du 13 avril, Alain Madelin affirme que "les idées réformatrices, modernes, libérales qui sont présentes partout en Europe et que je suis le seul à représenter, péseront plus lourd qu'on ne le croit le 21 avril (...). Il est aussi vrai que le poids de la nomenklatura française joue contre les réformes. Je suis frappé par le décalage qui existe entre le nouveau monde et la vie politique française. La plupart des candidats me paraissent appartenir, par leur mode de pensée, au siècle dernier".
A propos de l'après présidentielle, il précise "Il y a une chose que je trouve impensable : c'est la constitution d'un parti unique Chiraco-chiraquien (...). Pour gagner, il faudra proposer les choix modernes, les choix forts et les choix clairs dont la France a besoin".


11 avril  : Be-bop à Lula 0/5

Lionel Jospin poursuit son virage à gauche, courant après ses électeurs depuis qu'il se situe en dessous de 20% dans les sondages. Lors de son meeting de Bordeaux, le 11 avril, il a fait appel à Lula, leader brésilien du parti des travailleurs. Lula, comme le dit le Figaro, "c'est Arlette Laguiller et José Bové réunis, l'exotisme en sus !". C'est dire.
"Lionel et moi sommes candidats avec des objectifs semblables", a-t-il affirmé. En effet, pour Lula, Lionel Jospin a su répondre au défi de la mondialisation, par exemple pour "la réduction du temps de travail sans perte de salaire".
Mais la victoire de Lionel Jospin "servira aussi de point d'appui à une action plus énergique de la communauté internationale en défense du peuple palestinien".
Jospin combat aussi, selon Lula "le manichéisme de l'administration Bush" ainsi que "la politique néo-libérale dictée par le FMI". La salle a applaudi à tout rompre : Lula venait de révéler le vrai visage de Lionel.
Aussi ringard que le vieux succès d'Elvis Presley "Bebop à Lula".


11 avril  : La peste verte 4/5

Interrogé une nouvelle fois sur ses propos concernant "les Verts, qui sont une secte qu'il faut punir" Jean Saint-Josse revient sur le sujet dans un entretien au Monde du 11 avril :
"Je ne l'ai pas dit. J'ai cité un livre de Gérard Bramoullé, intitulé La peste verte. Les Verts ne sont pas une secte. Qu'un certain nombre d'entre eux soient intolérants et sectaires, c'est vrai, même si ces qualificatifs ne s'appliquent pas à tous. Mais quand Dominique Voynet a expliqué qu'elle resterait d'abord une militante écologique en devenant ministre, c'est intolérable. On est ministre de tout le monde".
José Saint-Josse précise "je mets tout le monde dans le même sac. Le premier qui a voulu réglementer la chasse et l'environnement s'appelait Michel d'Ornano (...). Natura 2000 est une absurdité dangereuse. L'autoroute des Pays de Loire ne sera pas construite parce qu'on a trouvé sur le trajet le scarabé pic-prune et c'est la Cour de justice des communautés européennes qui en a décidé ainsi".
Reconnaissons en tout cas une chose : José Saint-Josse a de bonnes lectures. En économie aussi, il devrait lire les auteurs libéraux.


10 avril  : Une révolution de la démocratie locale 3/5

En visite au Grand-Quevilly, Jacques Chirac a fait des propositions en matière de décentralisation. "La nouvelle distribution des pouvoirs et des responsabilités entre les collectivités de la République exigera une importante révision de la Constitution" qui devra être adoptée par referendum.
Cette révision concernera "cinq questions essentielles : la participation des citoyens, l'identité des régions, l'autonomie financière des collectivités locales, le droit à l'expérimentation et enfin le rôle du Sénat".
Chirac se déclare aussi en faveur du referendum local et d'un statut constitutionnel donné aux régions.
Tout cela est bien et l'on dirait du Madelin. Deux observations cependant : sur bien d'autres points, comme le monopole de la sécurité sociale ou de l'Education Nationale, l'exception culturelle et le mythe des services publics à la française, Chirac demeure Jacobin. Par ailleurs, décentraliser, c'est très bien, mais rendre à la société civile sa liberté de décision, c'est encore mieux. Par exemple, si Chirac se déclare en faveur des referendums locaux, il en laisse toujours l'initiative aux élus, alors qu'ils devraient être d'initiative populaire.


10 avril  : Le seul candidat de droite 0/5

Dans un entretien accordé au Figaro du 10 avril, Bruno Megret affirme être "le seul candidat de droite dans cette campagne : Monsieur Chirac refuse le qualificatif, Monsieur Bayrou et Madame Boutin appartiennent à la nébuleuse centriste, Monsieur Madelin est un ultra libéral et Monsieur Le Pen roule pour Jospin".
Le problème avec Megret est de savoir où il se classe lui-même. Un homme qui fait profession de souverainisme, d'anti-américanisme et de jacobinisme se trouve aussi bien aux côtés de Hue ou Chevènement que de Pasqua et Le Pen.
Alors : à gauche ou à droite ?


9 avril  : Un trio d'énarques 5/5

Alain Madelin, a déclaré mardi 9 avril sur France 2 qu'il n'avait "pas tout à fait le score que méritent (ses) idées".
"J'estime être le plus réformateur, le plus européen, le plus régionaliste" des candidats, a-t-il affirmé, ajoutant "je porte toutes les réformes libérales". M. Madelin a regretté que "la campagne soit étouffée par un trio d'énarques" ce qui crée "une grande frustration qui nourrit le vote protestaire". "Les Français ont envie d'une autre campagne", a-t-il ajouté en se qualifiant de candidat "le plus réformateur, le seul".
A la suite du meurtre d'un policier à Vannes, M. Madelin a estimé que "les voyous auront peur de la police quand ils auront peur de la justice". Mais "la justice n'a pas les moyens" d'agir, a-t-il précisé en demandant "de vrais moyens pour une justice indépendante qui pourra aller jusqu'au bout des affaires en cours". "Il faut que l'on sache que la loi est la même pour tous", a-t-il ajouté.
Sur le droit de vote à 17 ans proposé par le Premier ministre candidat, Lionel Jospin, M. Madelin a estimé que "ce n'était pas une bonne idée". "Il y a d'autres problèmes à régler avant", a-t-il ajouté et notamment dans un premier temps "d'inciter ceux de 18 ans à voter".
Alain madelin a raison. les idées libérales finissent par passer. Les électeurs suivront un jour ou l'autre, nécessairement en accordant leurs votes à leurs idées.


9 avril  : Démagogie et angélisme 3/5

En visite à Dijon, le 9 avril, Jean-Pierre Chevènement a déclaré :
"Je propose d'en finir avec les deux maux symétriques qui paralysent l'action contre la délinquance :" " la démagogie, qui se paie de mots, mais n'agit pas. Jacques Chirac vient d'en donner l'exemple, en inventant un « ministère de la sécurité publique ». Les gendarmes resteront rattachés à la Défense, les policiers à l'Intérieur, les douaniers aux Finances, et une super usine à gaz, une nouvelle machine à coordonner remplacera l'action. ·
L'autre danger, c'est l'angélisme. On ferme les yeux, on trouve des circonstances atténuantes à une délinquance qui pourrit la vie de nos concitoyens les plus modestes. Lionel Jospin indique à présent qu'il est converti à une réforme de l'ordonnance de 1945. Il nous dit qu'il a pêché par naïveté. Etre gouverné par un naïf coûte cher aux milliers de victimes de cette petite délinquance. Comment d'ailleurs pourrait-il modifier cette ordonnance de 1945, puisque ni les Socialistes, ni les Verts ni les Communistes ne le veulent ? Ils sont prisonniers de l'angélisme.
Pour en sortir, il faut que l'exemple vienne d'en haut : tout détenteur d'une fonction publique doit incarner l'intégrité, la capacité à motiver le civisme des Français, la stimulation de l'esprit de citoyenneté. L'impunité zéro doit valoir partout, y compris au sommet de l'Etat.
Le respect de la loi délibérée en commun peut seul affranchir de la loi du plus fort, de la tyrannie du plus puissant. Mais il faut apprendre cette règle, que manifestement beaucoup de délinquants multirécidivistes ne connaissent pas. L'éducation civique doit figurer au programme de tous les cursus scolaires.
Je propose une refonte de l'ordonnance de 1945 : les délinquants mineurs, lorsqu'il y a récidive, doivent être soumis à une comparution immédiate devant le juge. En cas de récidive, l'atténuation de responsabilité à partir de 13 ans ne doit plus valoir (...)
La loi Guigou doit être modifiée ; les députés socialistes n'en ont pas été capables. Il faudra remettre tout de suite l'ouvrage sur le métier, pour libérer le travail des enquêteurs des entraves inutiles".
Dommage que Jean-Pierre Chevènement ajoute aussitôt que ce retour à la citoyenneté passe par les services publics.
Dommage aussi qu'il n'ait jamais été ministre. Il aurait fait, à en croire ses discours, un bon ministre de l'intérieur !


9 avril  : Voter à 17 ans 0/5

Lionel Jospin poursuit son offensive pour essayer de récupérer l'électorat de gauche et d'extrême-gauche et d'abord celui des jeunes. Il propose donc (sur RMC le 9 avril) "le droit de vote à 17 ans" car "je pense qu'il y a une maturité plus grande des jeunes".
Dans le journal "Pote à pote", il se déclare aussi partisan de la supression de la double peine "dans certaines situations". Il propose "qu'il ne soit plus possible de prononcer une interdiction du territoire ou une expulsion pour les personnes entrées avant l'âge de 10 ans et y séjournant depuis et pour les personnes séjournant depuis plus de 15 ans".
Que Jospin tienne des propos soit gauchisants, soit démagogiques n'est pas très surprenant : chez lui, le trotskiste n'est jamais loin. Il suffit qu'il se laisse un peu aller.


9 avril  : Une vraie conception philosophique 5/5

Participant à un long face à face de 2 heures avec les lecteurs de la Provence, publié dans le numéro du 9 avril, Alain madelin a abordé de très nombreux sujets, y compris sa philosophie libérale : "Je porte depuis longtemps un projet fondé sur une vraie conception philosophique basée sur la liberté et la responsabilité".
Il a décliné cette philosophie libérale, proposant d'inscrire le principe de subsidiarité dans la constitution, et rappelant qu'"il n'y a pas de honte à défendre l'entreprise, base de croissance et d'emploi". "Mon courant, c'est le grand courant réformateur libéral européen. c'est Blair, Aznar".
Le libéralisme s'étend aussi à l'école : "Je crois de plus en plus aux établissements autonomes (...) C'est par l'innovation, l'expérimentation, que l'on va être capable de faire en sorte que les gamins qui décrochent aujourd'hui puissent raccrocher. Je veux aussi que l'on puisse changer d'école. Aujourd'hui, on n'a pas le droit de changer son enfant d'école. Enfin, quand on est pauvre. Les riches, eux, ils se débrouillent toujours".
Bref, un vrai programme libéral, qui a manifestement séduit les lecteurs de la Provence.


9 avril  : De nouveaux progrés sociaux 0/5

Applaudissant au "virage à gauche" de Lionel Jospin, M.N. Lienemann, secrétaire d'Etat au logement, en explique le sens dans un entretien accordé au Figaro le 9 avril : "Mais il ne s'agit pas simplement d'un coup de barre à gauche : Lionel Jospin touche davantage à la fois les classes populaires et les républicains dans leur ensemble en affirmant avec plus de force que la question républicaine et la question sociale sont intimement liées. Notre électorat (...) ne se contente pas qu'on lui promette la préservation de ses acquis, il veut que l'on invente de nouveaux progrès sociaux".
Après avoir inventé les 35 heures, la "modernisation sociale", la CMU, les CES, les socialistes ont-ils encore quelque créativité ? Il est vrai que Madame Lienemann elle-même apporte son écot, en implantant des ghettos au milieu des quartiers tranquille et en imposant des normes de logement de nature à éliminer un quart du parc immobilier !


8 avril  : Vive la révolution 0/5

Sur France 2 le 8 avril, Olivier Besancenot se définit comme "plus que jamais révolutionnaire". "La révolution, c'est tout le contraire d'un bain de sang, c'est tout le contraire d'une violence gratuite ou de tribunaux militaires qui seraient à chaque coin de rue. La révolution, c'est tout simplement un peu de salubrité publique. Quand un monde tourne définitivement à l'envers, il faut le remettre à l'endroit".
C'est toujours ce qu'on dit avant la révolution. Après, c'est l'histoire qui doit compter les millions de morts des illusions révolutionnaires.


8 avril  : La même école 5/5

Dans un entretien accordé au Figaro, François Bayrou s'attaque au duo Chirac-Jospin : "Ils ne changeront pas". Il y a 20 ans, il y a 30 ans qu'ils pratiquent la même forme de gouvernement, avec des équipes formées sur le même modèle, dans le même moule, et le plus souvent dans la même école. On ne change pas d'habitude après un si long temps. Ils sont les architectes et les locataires d'un Etat habitué à décider de tout".
L'analyse est juste. Mais, pour tourner la page. Il faut rompre avec le tout-Etat et donc choisir le libéralisme. Ce n'est pas tout à fait le choix de François Bayrou.


7 avril  : Inscrire l'exception culturelle dans la constitution 0/5

Quatre candidats avaient répondu, dimanche 7 avril, à une invitation "des milieux culturels" pour un débat organisé au Cinéma des cinéastes. Dans une belle unanimité, Lionel Jospin, François Bayrou, Robert Hue et Jean Pierre Chevènement se sont dits favorables à l'inscription de l'exception culturelle dans la Constitution française et opposés à la privatisation d'une chaîne publique.
Dommage que les 16 candidats n'aient pu participer à cette réunion : 15 auraient été d'accord sur ces deux points. Devinez qui aurait, seul, été en désaccord ?


6 avril  : Fonds de pension 5/5

Le Monde daté du 6 avril, constatant que "Chirac et Jospin se rapprochent sur la réforme des retraites" présente les orientations, dans ce domaine, des 16 candidats à l'Elysée. Alain Madelin est l'un des rares à préconiser "un système de retraite par points, à la carte", et surtout à vouloir "favoriser l'accès aux fonds de pension pour tous grâce à un système fiscal simple".
Notons cependant que Megret propose aussi "un système de retraite par capitalisation" et veut offrir "aux Français la possibilité de choisir l'âge de leur départ à la retraite". Le Pen, lui, propose la capitalisation pour "les régimes de retraite complémentaires". Par contraste, Jean Pierre Chevènement affirme que "le système des fonds de pension sera énergiquement rejeté" et Robert Hue et les 3 trotskistes officiels réclament le retour aux 37,5 années de cotisations pour tous.


4 avril  : Le ronron social-technocratique mou 5/5

Selon l'AFP du 4 avril, Alain Madelin a déploré un "débat extrêmement marécageux" dans la campagne et affirmé sa volonté de "passer au crible le projet des autres concurrents et faire entendre sa différence".
"Aujourd'hui, il y a une sorte de concours aux propositions "plus mou que moi, tu meurs"" ou "démagogiques", a-t-il affirmé lors d'un point de presse. S'il a préconisé une "franche rupture" avec la politique de Lionel Jospin, l'ancien ministre a estimé que les autres candidats de droite "proposent d'accomoder les miettes du socialisme s'ils gagnent".
"Je veux briser le ronron socialo-technocratique mou" des "candidats de la cohabitation", a-t-il lancé. Lorsque la droite a gagné, en 1986, en 1993 et en 1995 elle l'a fait "à l'audace réformatrice, jamais à la mollesse rassembleuse", a-t-il relevé. Et il a attribué l'échec de 1997 non au manque d'unité mais à "un projet qui manquait franchement d'élan".
Il faut, en effet, proposer une rupture claire par rapport à la social-démocratie ambiante.


4 avril  : La dictature du prolétariat enfin dénoncée 3/5

Et pas par n'importe qui : Robert Hue lui-même, candidat communiste, qui s'en est pris le 4 avril à Arlette Laguiller : " Les propositions d'Arlette Laguiller sont complétement irréalistes (...) Proposer la dictature du prolétariat ne me semble pas de nature à entraîner l'adhésion massive".
Venant du représentant du dernier PC stalinien d'Europe, cela ne manque pas de sel. On remarquera cependant que Robert Hue ne conteste pas la dictature du prolétariat, mais seulement son opportunité électorale : le grand soir, ce n'est pas pour demain, mais pour après-demain.


4 avril  : Ce n'est pas une sainte 3/5

Il s'agit d'Arlette bien sûr. Décidemment, elle dérange beaucoup de monde à l'extrême-gauche. Après Robert Hue, ce sont les deux frères Cohn-Bendit qui, dans Libération du 4 avril, critiquent Arlette : "Elle n'est pas une sainte, mais la militante obéissante et dévouée d'une secte, dirigée d'une main de fer par un gourou dont les pseudonymes de combat sont Hardy ou Roger Girardot". "De son vrai nom, il s'appelle Robert Barcia, c'est l'actionnaire principal et le dirigeant de trois sociétés, spécialisées dans le recrutement, la formation et la prestation de services de visiteurs médicaux".
Arlette au service du grand capital, en quelque sorte.
On s'étonnera cependant des distances que Cohn-Bendit prend par rapport à Laguiller. En 1968, il n'avait pas peur de défiler avec les trotskistes amis d'Arlette !


3 avril  : Reconnaître l'entreprise 4/5

Réunissant dans les salons parisiens de France-Amérique quelques "grands patrons", François Bayrou a exposé "son projet pour l'entreprise". "Il n'est pas de société qui réussisse si l'entreprise n'est pas reconnue" a-t-il affirmé, regrettant "la chute de la valeur entrepreunariale". "L'entreprise et les entrepreneurs ne sont pas à la mode. On a l'impression qu'il y a un soupçon, une mise en cause permanente".
Bref, il faut donner aux entrepreneurs "l'égalité des chances avec les autres pays européens", créer des "emplois francs" avec des cotisations patronales à 10% (mais un seul emploi franc par entrepreneur individuel), donner plus de souplesse sur la durée du travail, plafonner l'impôt sur le revenu à 40%.
Tout cela est bien. Deux remarques cependant :
- on ne peut être libéral à moitié. Pourquoi Bayrou ne tire-t-il pas toutes les conséquences de ses affirmations et est-il par ailleurs social-démocrate ?
- si même Bayrou se croit obligé de faire (un peu) de libéralisme, c'est peut-être le signe que quelque chose bouge dans l'opinion.


3 avril  : L'audiovisuel : une affaire d'Etat 0/5

Poursuivant, lui aussi, sa campagne antilibérale, Jean Pierre Chevènement, au Musée des Arts forains, le 3 Avril a plaidé pour "la défense de l'exeption culturelle qui s'oppose à la loi de marchandisation tout simplement" et brave "les pulsions libérales de Bruxelles".
Il faut aussi "renforcer" le service public de télévision : "je demande qu'on inscrive dans le préambule de la Constitution, le principe selon lequel le financement du service public de l'audiovisuel est le devoir de l'Etat. Car son rôle n'est pas moins important, aujourd'hui, que celui de l'école publique".
Il réclame aussi "l'instauration d'une taxe sur la publicité diffusée par les chaînes privées pour libérer les chaînes publiques de la tyrannie de la publicité".
La culture d'Etat, la télévision d'Etat, tout cela rappelle de bons souvenirs.
Vive le monopole public !


2 avril  : Non à la privatisation de la santé 0/5

En déplacement à Poitiers, Lionel Jospin s'est déclaré "fermement opposé à la privatisation du système (de santé), que le MEDEF appelle de ses voeux et que certains, à droite, reprennent". Certes, il écarte l'étatisation, "les ordonnances Juppé ayant représenté la quintessence de la logique étatique", ajoutant aussitôt "je veux maintenir le principe d'une régulation négociée des dépenses de santé et assurer la gestion de la Sécurité sociale dans le cadre d'un paritarisme rénové", et en particulier "une véritable maîtrise médicalisée fondée sur les bonnes pratiques".
Tout cela ne veut rien dire. Il n'y a que deux régulateurs possibles : le marché et l'Etat. Si l'on prétend conserver une médecine libérale, seul le marché peut servir de régulateur. Tout le reste n'est que discours creux.


2 avril  : Décoincer la France 5/5

Lors d'un meeting à Montpellier, Alain Madelin, mardi 2 avril a repris les principaux thèmes libéraux, expliquant qu'il était le seul à les défendre. C'est vrai en particulier de la "grande régionalisation", car "c'est la grande réforme qui permettra de décoincer la France".
Il s'en est pris aux socialistes, mais aussi à la social-démocratie et à la social-technocratie. Quand Chirac et Jospin "font des propositions, soit on dit qu'elles se ressemblent, soit on dit qu'elles sont irréalistes".
C'est ainsi qu'en matière fiscale, pour baisser le poids de l'impôt, Madelin propose de simplifier et de réduire les taux, et de ramener le taux maximum à 33 %. Ainsi "moins d'impôt provoque plus de ressources fiscales", puisque la baisse des taux stimule l'activité.
Reprenant aussi ses propositions en faveur de la création d'entreprises, donc d'emplois, A. Madelin veut "faire enfin bouger la France" en libérant les initiatives et, tout d'abord, en supprimant le carcan des 35 heures.


2 avril  : Régression ou répression 3/5

Interrogé sur R.T.L., mardi 2 avril, L. Jospin s'en est pris à Arlette Laguiller : "Personne ne pense que le programme de Lutte Ouvrière ferait autre chose que de conduire la France à une incroyable régression" (il aurait même dit "répression" dans un lapsus révélateur, vite corrigé).
" Il faut interroger peut-être avec un peu plus d'acuité Mme Laguiller sur ses intentions véritables, sur ce qu'elle ferait si elle étai en responsabilité".
Bref, il faut cesser de la "considérer comme une super-syndicaliste" et refuser ce "vote protestataire".
Mr. Jospin a raison. Le problème est que ces propos pourraient tout aussi bien s'appliquer au candidat Jospin, ...ancien trotskiste lui aussi et véritable "super-syndicaliste".


1er avril  : "Je choisis Israël" 5/5

Réagissant, lundi 1er, comme d'autres candidats aux événements en France et au Proche-Orient, Alain Madelin a condamné les attentats antisémites en France "ces actes commis contre les synagogues, constituent de véritables actes de terrorisme".
Quant au Proche-Orient, il a appelé les autorités françaises à clarifier leur position et il a déclaré : "Pour moi, il est clair qu'entre Israël et la Syrie, qui nourrit notamment toute une série d'acte de terrorisme, dont les positions les plus extrêmes des terroristes palestiniens, je choisis Israël".
Ce n'est pas le cas de tous les candidats, loin s'en faut...


29 mars  : La France du travail 0/5

En visite à Dijon, jeudi, L. Jospin, sur les conseils de P. Mauroy, a "recentré" sa campagne à gauche. Il se présente désormais comme "le candidat de la France du travail", le représentant des "ouvriers" et de "ces millions de Français qui gagnent le SMIC". Bref, c'est le retour de la lutte des classes, c'est, enfin, la lutte finale. C'est Arlette qui va être contente !
Commentaire d'Alain Madelin : "Jospin ne représente pas la France du travail, mais la France des arrêts de travail".


29 mars  : Libérer l'école 5/5

Le Monde du 29 mars passe en revue les propositions pour l'éducation des principaux candidats à l'élection présidentielle. Les propos d'Alain Madelin tranchent sur la pensée unique du service public, de son monopole ou du collège unique.
Madelin, lui, veut "libérer l'école" et créer un statut de "pleine autonomie" pour les établissements scolaires (recruter librement les enseignants, autonomie d'organisation, de rythmes scolaires, de pédagogie...).
Par ailleurs Alain Madelin réaffirme la liberté, pour les parents, de "choisir l'école de leurs enfants".
Enfin il souhaite une plus grande autonomie pour les universités. Voilà qui nous sort un peu de la langue de bois de la pensée unique.


29 mars  : La dictature des marchés financiers 0/5

Dans un entretien accordé au Monde, le 29 mars, Jean Pierre Chevènement tient des propos très marxisants sur l'économie.
Parmi ses objectifs, il fixe "la volonté de revaloriser le travail et de remettre au coeur de notre avenir non pas la finance, mais le monde du travail et de la production".
"C'est la gauche et la droite ensemble qui ont installé en vingt ans la dictature des marchés financiers". Tout cela sert bien la lutte des classes et les thèses du 19° siècle.
Il précise par ailleurs "Je suis le seul à demander le maintien du statut public d'EDF", ce qui est faux, puisque seul Madelin réclame la privatisation d'EDF. Bref, Monsieur Chevènement n'a pas changé : plus socialiste que lui tu meurs.


28 mars  : L'Europe du fric 0/5

Annonçant, dans le Monde du 28 mars, son ralliement à Jean Pierre Chevènement et interrogé sur son souverainisme, le juge Eric Halphen précise "Je ne suis pas aussi souverainiste que lui. Mais si l'Europe qui se construit est seulement l'Europe du fric, je préfère être de ceux qui disent "Attention"".
Réaffirmant son engagement à gauche, il donne une explication intéressante. "Dans la vie on peut se replier sur soi-même, sur ses privilèges, ou essayer de mettre en avant la solidarité, pour défendre ceux qui ont moins que les autres. Je suis dans la deuxième catégorie".
On apprend de drôles de choses à l'école nationale de la magistrature : être solidaire avec l'argent des autres, par exemple, ou encore que la défense des avantages acquis n'a rien à voir avec celle des privilèges. Car les seuls privilèges qu'il faut dénoncer, ce sont ceux du "fric" ! Du fric de droite, bien sûr.


27 mars  : "Je suis contre l'étatisme" 0/5

Répondant à Jacques Chirac, qui dénonçait "l'étatisme insidieux", Lionel Jospin a indiqué hier : "Je suis contre l'étatisme", ajoutant aussitôt que l'Etat devait assurer "l'harmonie sociale".
Contre l'étatisme et pour l'intervention de l'Etat, c'est très cohérent, non ?


26 mars  : Coming-out libéral 0/5

Dans un communiqué publié le 26 mars, le porte parole de Lionel Jospin sur la fiscalité, Didier Migaud, affirme : "Le candidat du RPR envoie ses lieutenants au charbon pour véhiculer les idées libérales qui l'animent, mais se garde bien publiquement de les reprendre à son compte (...) Il est temps que le candidat Chirac fasse son "coming-out" libéral".
Le problème, c'est qu'un coming-out sert à révéler sa vraie "nature". Or la nature de Chirac, c'est d'être anti-libéral et non pas libéral comme il voudrait parfois le faire croire".


26 mars  : Le vrai adversaire, c'est le modèle libéral 0/5

Intervenant sur RTL le 26 mars, François Hollande vient de recentrer le débat. "Je revendique le fait que les socialistes français ne soient pas des sociaux-libéraux. Je pense qu'il n'est pas bon dans une mondialisation comme on la connaît qu'on soit simplement des accompagnateurs, que l'on suive le mouvement (...). Le vrai adversaire dans cette campagne, c'est quand même le modèle libéral. Je ne suis pas pour que nous soyons nous, la France, conduits vers des solutions à la Berlusconi".
Voilà qui est clair. Reste à préciser que celui qui propose "le modèle libéral" ce n'est pas Chirac, mais Madelin. Voilà le vrai clivage : entre étatistes et libéraux.


26 mars  : Qu'on collectivise ces entreprises 0/5

Arlette Laguillier montre enfin son vrai visage dans le Monde du 26 mars, reprenant son intervention au Grand jury RTL-Le Monde-LCI : "Il faut qu'on arrête de supprimer les emplois, qu'on interdise par une loi les licenciements collectifs, d'abord dans les entreprises qui font du profit. Même quand elles disent ne plus en faire, qu'on regarde les profits accumulés les années précédentes sur l'exploitation des travailleurs et que l'on prenne là-dessus. Et si ces patrons d'entreprises s'y refusent, eh bien oui, qu'on collectivise ces entreprises et que les travailleurs les fassent fonctionner".
C'est ce que l'on appelle un soviet, non ?

P.S. : Une précision importante d'Arlette : "On a, dans ce pays, 9 millions de personnes qui vivent avec 4 200 francs par mois". Un scoop, non ?


25 mars  : "Une formule poétique" 0/5

Intervenant sur France 2, lundi 25 mars, Lionel Jospin est revenu sur la question des retraites. Il a à nouveau défendu la retraite par répartition, se déclarant hostile aux "fonds de pension individuel", qui "réintroduisent de l'inégalité entre les cotisants et les futurs retraités".
Pour lui, "les fonds de pension à la française", c'est "une formule poétique" dont on ignore le sens.
Ce refus ne l'empêche pas de proposer "de maintenir le niveau des pensions". Il n'y aura pas besoin de "sacrifices", mais seulement "d'efforts" "soit sur le montant des cotisations, soit sur la durée de cotisation, mais tout en gardant cet acquis fondamental à savoir la retraite à 60 ans".
Venant 8 jours après la rencontre de Barcelone, où les 15 ont décidé de retarder de 5 ans l'âge de départ en retraite, cette proposition est intéressante : on cotise plus lontemps, on refuse la capitalisation, on part 5 ans plus tard, et le tout ... à 60 ans. Cela n'est pas poètique, c'est miraculeux.


25 mars  : Etatisme insidieux et libéralisme abhorré 3/5

En visite dans l'Est de la France, Jacques Chirac s'est attaqué à l'étatisme "qui n'a pas empêché l'insécurité de s'aggraver ni fait reculer la pauvreté".
"L'étatisme insidieux, incapable d'imposer l'intérêt général face à la surenchère des intérêts catégoriels" et encore "l'étatisem", conséquence du recul du dialogue social.
Il dénonce aussi "l'autoritarisme pointilleux" par exemple sur les 35 heures.
Tout cela est juste. Le problème, c'est de savoir ce qu'on peut opposer à l'étatisme : il n'y a que le libéralisme. Chirac n'en veut pas. Il n'a donc fait que la moitié du chemin. Comme le note le Monde daté du 26 mars "libéral est un mot que Jacques Chirac abhorre".


25 mars  : Qu'il ose ou qu'il comprenne 5/5

Passant en revue les programmes électoraux, le MEDEF a réclamé davantage d'audace et s'est adressé au futur gouvernement : "s'il est de droite, qu'il ose, s'il est de gauche, qu'il comprenne que la France est dans une économie de marché". Certains thèmes sont, pour le MEDEF trop absents de la campagne. "Rares sont les programmes qui semblent avoir pris la mesure de l'ouverture croissante de l'économie française".
Au contraire, certaines mesures, comme les contrats promis aux jeunes par Chirac et Jospin risquent de les "décourager de s'engager dans le secteur productif". Quant à la croissance, elle n'aura lieu qu'avec un cadre propice à l'épargne et à l'investissement et avec une baisse des dépensespubliques et des prélèvements obligatoires.
Enfin, le MEDEF regrette le silence sur le réforme de l'Etat. "Rien n'est ditsur le service minimum, le nombre de fonctionnaires et la nouvelle étape de décentralisation".
Manifestement, Chirac et Jospin doivent se sentir visés par ces quelques rappels élémentaires venant du monde de l'entreprise.


25 mars  : La place de l'Etat : un seul candidat a ouvert ce vrai débat 5/5

Dans un excellent papier publié par le Figaro du 25 mars sous le titre "Essayer une autre politique ?" , Pascal Salin précise que le débat d'idées "ne devrait avoir qu'un seul objet : déterminer la place de l'Etat dans la France d'aujourd'hui, c'est à dire qu'il devrait opposer les étatistes aux libéraux".
Ce n'est pas le cas du débat Chirac / Jospin "parce qu'ils partagent à peu près les mêmes idées. Tous deux nourris de culture étatique, vivant par l'Etat et pour l'Etat, par le pouvoir politique et pour le pouvoir politique, ils adhèrent à une même vision du monde consistant à raisonner toujours en termes collectifs, à rechercher des solutions étatiques, au lieu de faire confiance à l'imagination, aux valeurs et aux motivations des êtres humains".
Et Pascal Salin de poursuivre "la solution semble évidente : c'est la solution libérale. Celle-ci n'a jamais été essayée en France" en dehors du 19° siècle. Or, "Il n'y a en réalité qu'un candidat qui incarne les vertus de la liberté et qui, de ce point de vue, s'oppose à tous les autres. Il s'agit évidemment d'Alain Madelin".


24 mars  : La bombe atomique fera-t-elle sauter la gauche ? 0/5

On peut se poser la question après la réaction de Noël Mamère à la déclaration de Monsieur Jospin qui "n'est pas pour que la France renonce au nucléaire". Le candidat des Verts a déclaré au "Monde" : "Une telle déclaration au coeur de la campagne prend l'allure d'une provocation, d'une déclaration de guerre. Le premier ministre sait que la sortie du nucléaire est un point incontournable d'un éventuel accord de gouvernement. Le candidat qu'il est devenu prend un risque politique majeur en préférant les vieilles lunes aux modernes. Ce n'est pas en faisant ce type de cadeau au PC et à Jean-Pierre Chevènement qu'il sauvera la gauche. Il vient peut-être de casser l'avenir de la gauche plurielle".
Peut-on imaginer une majorité incluant l'extrème gauche ? Réponse de Noël Mamère : "Pour moi, c'est inimaginable (...) je fais la différence entre le réformisme et ceux qui nous prommettent le grand soir tous les matins. J'ose espérer que les Verts sont débarrassés de cette illusion dangereuse".
Des propos explosifs !


24 mars  : L'agriculture : un marché pas comme les autres ... 0/5

Dans une allocution prononcée samedi 24 mars à Morcenx, dans les Landes, au terme d'un court déplacement, Lionel Jospin s'est fait le défenseur d'"une agriculture forte" et d'"une ruralité reconnue, consolidée, confortée".
"Je ne veux pas abandonner l'agriculture, qui n'est pas une activité productrice comme les autres, tant elle est au coeur d'enjeux d'intérêt général, aux seules forces du marché", a-t-il lancé devant un millier de personnes réunies dans la salle du Maroc. "Les marchés agricoles sont particulièrement volatiles et je ne veux pas faire dépendre le revenu de nos agriculteurs, et au-delà de nos territoires, du jeu des crises et des spéculations", a-t-il ajouté. Il dit ne pas vouloir accepter non plus "l'idée d'une agriculture non subventionnée, dont tous les produits seraient au plus bas prix mondial".
Comme Monsieur Jospin pense la même chose de la santé, de l'éducation et de la plupart des autres secteurs, Monsieur Jospin aurait plus vite fait de remplacer le marché par un plan, comme aux beaux jours de l'URSS.
Il oublie que, pour avoir voulu ignorer le marché, la politique agricole commune a ruiné seulement les consommateurs européens mais aussi les paysans français.


23 mars  : Les bobos font du vélo 0/5

En meeting à Créteil samedi 23 mars, Jean Pierre Chevènement a dénoncé "l'insécurité sociale généralisée".
"Pendant que les bobos s'amusent, le peuple souffre", a lancé M. Chevènement en affirmant que "c'est partout la précarité des emplois qui se développe avec des aides qui subventionnent les emplois à bas salaires et à temps partiel" et "la précarité dans l'emploi avec les licenciements de masse au premier froncement de sourcil d'un actionnaire".
C'est aussi "l'aggravation des conditions d'emploi" qui a autorisé notamment le travail de nuit de femmes, "la marche inflexible vers l'exclusion au nom de la flexibilité", "l'insécurité dans les relations de travail", "la précarité de la famille" avec la difficulté pour les femmes de "concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle et familiale".
"Le salaire des jeunes a diminué de 25% en 10 ans", a-t-il dénoncé et "pour l'étourdir, on va mettre le cannabis en vente libre, voilà le nouvel opium du peuple", a-t-il ajouté en rappelant sa proposition d'un prêt à 0 % pour aider les jeunes à s'installer. Quant à la loi sur les 35 heures, "qui interdit le recours aux heures supplémentaires, il faut l'assouplir" car "si les bobos veulent faire du vélo, les travailleurs, eux veulent du boulot et élever leur revenu".
''Le scandale de France Télécom s'annonce d'une gravité comparable à celui du Crédit Lyonnais'', a-t-il ajouté. ''Les citoyens que nous sommes demandent des comptes'', a lancé Jean-Pierre Chevènement, ajoutant qu'il demanderait ''la création d'une commission d'enquête parlementaire'' sur ce dossier.
Tout cela montre bien que si Monsieur Chevènement est jacobin, ce que l'on savait, il est aussi resté socialiste, étatiste et interventionniste.


22 mars  : Un programme jacobin et démagogue 0/5

Jean-Pierre Chevènement a présenté le 22 mars son programme présentiel. On y trouve des visions jacobines ("la loi restera la même pour tous, sur tout le territoire") mais aussi des mesures démagogiques et anti-libérales :
- pour les jeunes des "prêts d'installation" de 10 000 euros à taux zéro "pour tous" et la rémunération des stages.
- une augmentation du SMIC de 25% sur 5 ans et une conférence sur les revenus.
- la retraite "à taux plein et de droit après 40 ans de cotisations" et le "rejet énergique" des fonds de pension.
- "le statut d'EDF sera maintenu et "la France exigera à Bruxelles une clause dérogatoire pour maintenir le service public à la française".
En tout cas, une chose est sûre avec Chevènement ; même si on ne sait pas très bien où il est politiquement, on sait qu'il n'est pas libéral.


21 mars  : Jeunes des banlieues : des propositions positives 5/5

Devinez de qui sont-elles : d'Alain Madelin bien sûr. Tandis que tous les autres candidats entonnent l'hymne à la répression et à la prévention, il avance des propositions plus originales comprenant "un vaste plan d'accession à la propriété" en privatisant les HLM, "le libre choix" de l'école pour mettre fin aux "écoles ghettos" car "la délinquance commence par l'échec scolaire" et "une école différente pour traiter différemment des enfants différents" : en clair la liberté scolaire. Enfin des "petits boulots" en franchise totale des charges pour faciliter l'accès au marché du travail.
Un ensemble de mesures qui devraient assurer "le retour de la sécurité, condition indispensable", mais aussi changer le visage de cette jeunesse qui fait "aujourd'hui bande à part dans nos cités" et que l'on devrait ramener vers des comportements responsables, puisque responsabilité et liberté sont les clefs de l'intégration.


21 mars  : Le marché ne suffit pas 0/5

Participant le 21 mars au sommet de la conférence de Monterrey, Jacques Chirac a semblé mettre fin à sa (bréve) parenthèse libérale. Il a une "vision du monde différente de celle des Américains", vision "où le marché ne suffit pas à résoudre les problèmes économiques et sociaux".
Il répète une nouvelle fois que si "la mondialisation nous apporte beaucoup", elle "aggrave aussi les inégalités" et elle "est porteuse d'exclusion et de risques nouveaux". Bref il faut "mondialiser la solidarité en même temps que l'économie". Chirac connaissait-il le contenu du texte de "consensus" proposé par George Bush qui a été adopté par la Conférence et qui conclut exactement à l'inverse ? Une fois de plus, les Français détonent.
Revoilà donc aujourd'hui le Chirac anti-mondialisation qui cherche à séduire les amis de José Bové. Pourtant, hier, c'était un Chirac libéral. Et demain ?


21 mars  : Je n'ai jamais combattu le PACS 0/5

Interrogé par le mensuel gay Iétu, daté du 21 mars, Jacques Chirac affirme "je n'ai jamais combattu le PACS. A l'époque, certains m'ont sollicité pour que je m'engage contre ce texte : je m'y suis toujours refusé".
Le président-candidat "n'envisage pas du tout" de remettre le PACS en question, et il reconnait "l'apport symbolique du PACS". Ces propos prolongent ceux de Roselyne Bachelot, porte parole du Président-candidat, l'une des plus farouche avocate du PACS. On serait curieux de savoir quel serait "l'apport" du PACS.
Et si Monsieur Chirac - et les autres - cessaient de vouloir que l'Etat se mêle de tout et laissaient ce qui relève du domaine privé dépendre du libre contrat, au lieu de tout vouloir institutionnaliser. C'est la position d'Alain Madelin. Elle a été mal comprise et c'est pourtant la voie de la raison.


19 mars  : L'ancien ministre de l'antérieur 5/5

Si Alain Madelin, dans sa visite en Corse, a défendu la régionalisation (voir en campagne du même jour) et a voulu défendre la liberté d'expression face à ceux qui voulaient interdire le meeting de Chevènement, il a aussi vivement attaqué celui qu'il appelle "l'ancien ministre de l'antérieur".
"Monsieur Chevènement est, à mes yeux, l'homme qui s'est trompé sur tout". Chevènement "proposait la dictature du prolétariat", puis "fut ministre d'une école jacobine uniforme et ultra syndicaliste", avant d'être "ministre de la défense ami de l'Irak". Aujourd'hui, il esquisse "la nostalgie d'un dirigisme, d'un étatisme, d'un jacobinisme perdus".


19 mars  : L'appel d'Ajaccio 5/5

En visite en Corse - où il a condamné les agressions contre Jean Pierre Chevènement - Alain Madelin a lancé un "appel d'Ajaccio" en faveur d'un pouvoir régional, qu'il veut instaurer par referendum.
C'est une "réforme essentielle" a précisé le candidat libéral ; il s'agit "de faire l'unité nationale en laissant respirer les identités régionales", avec des délégations de "pouvoirs réglementaires", de "vrais gouvernements régionaux".
Bref Alain Madelin pense qu'il est "le mieux-disant régional de la campagne présidentielle". Il en a profité pour condamner les tenants du jacobinisme, mais aussi les indépendantistes, "ces attardés historiques aux connivences mafieuses".


18 mars  : Développement durable 0/5

Les convictions de François Bayrou sont apparues clairement lors de sa conférence de presse, lundi matin, sur l'environnement et le développement durable. "L'environnement est l'affaire de tous", a-t-il affirmé, "parce que la sauvegarde de l'homme passe par la sauvegarde de la planète".
Après avoir fait l'éloge du développement durable, qui "privilégie le développement humain sur l'économique", et la "durée sur le court terme", François Bayrou a dressé un portrait fortement négatif du gouvernement : dépendance énergétique de la France, mise en veille de la lutte contre l'effet de serre, mauvaise application de la loi de 1995 sur la pollution, inertie dans la relance du ferroutage, hypocrisie sur les OGM, etc.
Pour le candidat de l'UDF, le respect de l'environnement doit devenir un principe général, il faut instituer un "droit de l'environnement" et une assurance environnementale pour les victimes de pollutions.
On dirait que tous les candidats du centre-gauche de Chirac à Jospin en passant par "Bayrou se sont donnés le mot : oui à l'écologie politique, oui au développement durable.


18 mars  : L'écologie humaniste 0/5

Présentant dans la Manche son projet "d'écologie humaniste", Jacques Chirac a affirmé le 18 mars : "Il est urgent qu'une autre logique s'impose, une logique de solidarité avec le futur, une logique de l'intérêt collectif, une logique portée par une vraie volonté politique, celle du développement durable".
Pour cela, il faut en particulier "créer un ministère de l'écologie et du développement durable", "introduire l'écologie dans l'enseignement", "élaborer une loi d'orientation globale pour fixer les priorités", "voter une nouvelle loi sur l'eau", "créer une organisation mondiale de l'environnement", etc.
Manifestement, Chirac connait l'écologie politique et ignore l'écologie de marché. Ses propositions sont rigoureusement décalquées, au détail prés, sur celles d'Yves Cochet, ministre Vert de l'environnement qui le 7 janvier dernier (Figaro) préconisait aussi la création d'un nouveau ministère du développement durable. "Ce sera l'utopie constructiviste du XXI° siècle, le rapprochement réussi entre le kéynésianisme et l'écologie". Cochet, Chirac, même combat.


18 mars  : "Je m'engage" 0/5

Dans son QG de campagne, Lionel Jospin a présenté le 18 mars son programme, sous le titre "je m'engage" (emprunté directement à Alain Madelin, qui en avait fait le titre de son intervention le 22 janvier au Grand Rex).
On trouve de tout dans ce catalogue de la Redoute. On notera en particulier :
- la "mise en place d'un contrat d'autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans qui s'engagent dans une démarche de formation et d'insertion professionnelle".
- "Se donner 3 objectifs clairs pour l'éducation : amener 100% des jeunes à sortir du système scolaire avec une qualification, 80% d'une génération au niveau bac et 50% d'une génération à un diplôme d'enseignement supérieur".
- "Mettre en place dans les 5 ans une couverture logement universelle avec pour objectif zéro SDF d'ici à 2007".
- "Création d'agences régionales de santé réunissant l'Etat et l'assurance maladie pour unifier l'offre de soins".
- "Instauration d'une taxe internationale sur les flux financiers à court terme".
- "Annuler la dette des pays en développement".
- "Augmenter le prélèvement libératoire sur les intérêts et accroître l'imposition des plus-values".
- "Garantir les retraites par répartition".
- "Ouvrir les conseils de surveillance des entreprises aux salariés".
Qui a dit "mon projet n'est pas socialiste" ? Ce qui est sûr est qu'il n'est pas libéral !