| 19
mars : C'est
donc son frère |
0/5 |
Revenant sur ses propos
désobligeants à l'égard de Jacques Chirac, et en
particulier de son âge, tenus dans l'avion au retour de la Réunion,
Lionel Jospin a déclaré sur France 3 le 19 mars "Je
ne pensais pas que cela serait projeté devant l'ensemble des Français.
Puisque c'est devenu un fait politique je veux dire très simplement
que je suis désolé".
"Ce n'est pas moi, cela ne me ressemble pas" a-t-il ajouté.
Ah bon ? Les journalistes ont dû se tromper, c'était son
frère.
| 19
mars : Un
microscope pour scruter les différences |
4/5 |
Dans un entretien publié
dans le Monde daté du 19 mars, François Bayrou compare Jacques
Chirac en Lionel Jospin.
"Jacques Chirac a dit : il y a un abîme entre Lionel Jospin
et moi. Là encore, beaucoup de Français savent, parce qu'on
vient de voir à Barcelone qu'il n'y avait pas une abîme,
mais simplement une présentation pour que la campagne électorale
paraisse se résumer au débat entre ces deux hommes. Vous
allez voir qu'il faudra une loupe, un microscope pour scruter les différences
entre eux". (...)"Ca fait 25 ans qu'ils gouvernent de cette
façon et ils ne changeront pas".
François Bayrou, bien entendu, a raison. Le seul problème
c'est que lui aussi veut se placer au centre, sur le même créneau.
Il n'est donc pas le mieux placé pour dénoncer les frères
siamois.
| 16
mars : Vous
avez dit libéral ? |
0/5 |
Le Monde du 16 mars présente
le programme de Jacques Chirac, qui est tiré à 12 millions
d'exemplaires. Il est vrai qu'on y trouve certaines mesures libérales,
en particulier pour la baisse des impôts.
Mais les mesures suivantes sont-elles libérales ?
- Les entreprises publiques pourront "nouer des alliances par l'ouverture
progressive de leur capital" et ainsi se développer "tout
en demeurant dans le secteur public".
- Les emplois jeunes "ne seront pas abandonnés à la
fin de leur contrat" (titularisation après concours, prolongation
de leur activité au service des associations, des collectivités").
- Pas de privatisation de France 2 et France 3.
- "L'horaire légal sera maintenu à 35 heures"
mais leur "assouplissement sera négocié par les partenaires
sociaux".
Avec les retraites par répartition, le soutien à l'ATTAC,
la référence au développement durable, la mystique
du service public "à la française" et l'exception
culturelle, en voilà beaucoup pour un "libéral".
| 16
mars : Des
choix fondamentaux de société |
2/5 |
Dans un entretien accordé
au Figaro du 16 mars, Christine Boutin critique Jacques Chirac, François
Bayrou et Alain madelin qui "défendent des conceptions de
la société qui sont, en plusieurs points, à l'opposé
des miennes".
Après avoir critiqué Jacques Chirac, pour le choix de Roseline
Bachelot, et François Bayrou, qui s'est pratiquement excusé
dans un magazine gay de l'avoir soutenue sur le PACS, elle ajoute : "Quant
à Alain Madelin, il a le mérite d'être clair dans
ses choix. C'est un libéral-libertaire, qui est pour la dépénalisation
des drogues douces et pour le PACS".
Madame Boutin est-elle sûre de son qualificatif de libéral-libertaire
? N'a-t-elle pas entendue, par exemple, les prises de position d'Alain
Madelin qui refuse, au contraire de Madame Bachelot, l'adoption des enfants
par les homosexuels, précisant "Un enfant a besoin d'un père
et d'une mère".
Au demeurant, malgré la réputation qu'on lui fait, Madelin
n'a pas voté pour le PACS : il n'a pas participé au vote,
estimant que le législateur n'avait pas à s'immiscer dans
la vie privée des gens.
| 15
mars : "Je
suis à moi seul une cohabitation" |
0/5 |
Jean-Pierre Chevènement,
le miraculé de la République a accordé un entretien
à la Croix, dans laquelle il a cette extraordianire formule : "Je
suis le seul capable d'être présent au second tour pour battre
celui des deux sortants qui restera. Je suis le seul qui puisse être
un Président qui cohabite avec les deux, parce que je suis à
moi seul une cohabitation".
Oui, il y a vraiment eu un miracle !
| 15
mars : Le
Vert est dans l'effroi |
0/5 |
Dans un interview à
Libération du vendredi 15 mars, Noël Mamère a admis
avoir été "un moment fragilisé". Il nourrit
quelques craintes sur son message.
"Je dois délivrer un message plus lisible", déclare-t-il
de retour du Maroc, où il a pris quelques jours de repos. "Je
rentre avec la ferme intention d'être entendu là où
les Verts sont attendus". "Je ne suis pas sûr de moi.
Je suis en revanche sûr de mes idées, sûr des idées
des Verts qui viennent de comprendre qu'il fallait que je sois mieux entouré",
ajoute-t-il.
Interrogé sur le bon score d'Arlette lagiller dans les sondages
sur les intentions de vote, Monsieur Mamère a déclaré
"comprendre que des Français, qui ont le sentiment d'avoir
été abandonnés par la gauche, puissent être
attirés par Arlette Laguiller". "C'est un vote refuge.
Mais c'est un vote stérile", a-t-il ajouté.
Le député-maire de Bègles a souligné que son
"premier adversaire, c'est Jacques Chirac". "C'est lui
qu'il faut combattre. Il ne propose rien sinon de rester en place",
a-t-il estimé.
Noël Mamère a souhaité qu'au premier tour, "le
21 avril, les Verts puissent peser sur le candidat socialiste, qui n'est
pas encore celui de la gauche".
Nous, nous trouvons le message de Mamère très lisible, proche
de celui de l'extrême-gauche. Quant à sa technique, elle
est tout aussi claire : tirer Jospin encore plus à gauche au second
tour.
| 14
mars : Un
homme libre |
0/5 |
Sur RTL jeudi 14 mars, Jacques
Chirac a reconnu "être soutenu par une famille qui est aujourd'hui
classée comme étant à droite". Mais il a aussitôt
ajouté "je ne dis pas : je suis de droite". "Je
suis un homme libre".
En clair, il veut se placer au centre, comme Jospin, qui affirme, lui,
que son projet n'est pas socialiste.
Libre à eux de se positionner ainsi. Mais qu'on ne vienne pas nous
dire ensuite qu'ils sont libéraux. Qu'ils assument leurs choix
de centre-gauche.
| 14
mars : La
"bachelotisation" |
0/5 |
La place que prend Roselyne
Bachelot dans la campagne de Chirac, dont elle est le porte parole, choque
beaucoup de monde en raison de ses prises de position personnelles. Elle
est favorable à l'adoption d'enfants par les homosexuels : "si
un couple d'homosexuels apporte des garanties de stabilité et un
choix parental authentique, il n'y a aucune raison qu'il soit exclu. Aucune".
Christine Boutin dénonce "la bachelatisation très importante"
de la campagne de Jacques Chirac, tandis que Philippe de Villiers menace
: Jacques Chirac "paiera dans les urnes" le choix de Roselyne
Bachelot, "une élue acharnée à détruire
les bases de la société et à voter contre son camp"
selon A. Varaut, porte parole du MPF.
| 14
mars : Augmenter
le SMIC pour diminuer le coût du travail |
0/5 |
Interrogé sur Europe
1 le 14 mars sur les moyens de diminuer le chômage, François
Bayrou propose une étrange solution : "Eh bien, pour moi,
la priorité est à la baisse des charges, c'est à
dire qu'il faut concentrer notre effort sur le problème qui nous
donne du chômage depuis si longtemps et qui est le fait que l'emploi
coûte trop cher en rapportant trop peu aux salariés. Je trouve,
à la fois, que le SMIC est trop bas ... Vous vous rendez compte,
il y a des gens qui se sont levés ce matin à cinq heures
et demie, à six heures, qui vont travailler tout le mois pour avoir,
au bout du mois, 5 800 francs, 900 euros. Eh bien, je trouve qu'on n'est
pas responsable et sérieux si on laisse durer une situation comme
ça et c'est aussi pourquoi nous avons beaucoup de chômage.
Donc, concentrons sur la baisse des charges et, dès que la croissance
dépasse 2%, on rend tout au pays en baisse d'impôts. C'est
plus cohérent et responsable".
Comprenne qui pourra : nous n'y sommes pas arrivés.
| 14
mars : Le
maillot jaune et Poulidor |
2/5 |
Interrogé sur son
recul dans les sondages, Jean Pierre Chevènement a estimé
que "la monopolisation de l'espace médiatique par les deux
sortants de l'éxécutif Chirac et Jospin - sans que le débat
s'engage vraiment, jusqu'à présent c'est resté plutôt
au ras des pâquerettes - peut provoquer un réflexe de refuge
de l'abstentionnisme dans le vote protestataire. C'est parfaitement possible".
"Je fais appel aux médias et aux journalistes pour qu'ils
se délivrent de ce syndrome Tour de France qui leur fait commenter
faits et gestes du maillot jaune et du Poulidor". Et ce pour "une
autre conception du débat dans les 40 jours qui restent".
Au sujet du programme de Lionel Jospin, "si son programme n'est pas
socialiste qu'est donc son programme ? Tout simplement plutôt libéral
marqué au coin d'un pragmatisme sans boussole", a déploré
le candidat du Pôle républicain lors du Forum RMC Info/Le
Point, mercredi 13 mars. Ici, Chevènement se trompe. Jospin n'est
pas libéral.
Quant à celui de Jacques Chirac, le candidat souverainiste a constaté
que le président-candidat avait "donné à sa
campagne hier soir à Marseille une tonalité droitière".
"Je pensais qu'il n'est pas besoin de rebattre le rappel de fantasmes
totalement dépassés comme on vient de le voir". Là,
il a raison, Chirac est à droite en campagne et à gauche
au pouvoir.
Enfin, quant au succès de la candidate Lutte-Ouvrière, Arlette
Laguiller, créditée de 7 à 8% des suffrages, le député-maire
de Belfort a avancé qu'il s'agissait d'un "vote protestataire
: ce sont des gens qui savent que leur vote ne servira à rien".
"C'est une façon pour eux de dire merde poliment". Poliment,
oui, mais en mettant en valeur des idées totalitaires.
| 13
mars : La
sainte du peuple |
0/5 |
La candidature d'Arlette
Laguiller, bien mise en valeur par les médias, suscite des réactions
étonnantes. C'est ainsi que, selon le Monde du 14 Mars, Daniel
Bensaïd la présente comme "la sainte du peuple".
Une nouvelle Jeanne d'Arc en quelque sorte. Pourtant, il ne faut pas perdre
de vue le vrai visage d'Arlette, celui du trotskisme. Non seulement elle
continue avec ses propositions invraisemblables et démagogiques
("interdiction des licenciements" ; "levée du secret
bancaire des grandes entreprises, de leurs patrons, des hauts cadres,
..."), mais encore elle s'affirme favorable à la révocation
à tout moment des élus. Cela lui a valu sur FR3 une passe
d'armes virulente avec Serge July - qui vient pourtant du gauchisme -,
qui a affirmé "vous êtes le seul candidat en faveur
d'une dictature". Ce n'est pas tout à fait vrai car, en matière
de totalitarisme, R. Hue et O. Besançot ne sont pas mal non plus
!
| 13
mars : Ceux
qui défendent les thèses du Medef |
0/5 |
Résumant l'état
d'esprit des socialistes à quelques jours de la présentation
lundi prochain du projet de Lionel Jospin et suite au meeting de Chirac
à Marseille, François Hollande déclare : "les
Français ont moins peur des socialistes que de ceux qui défendent
les thèses du Medef".
"S'il y a une peur à avoir, c'est quand on entend Jacques
Chirac candidat de la droite, dernier rempart contre le socialisme, quand
il se fait le porte-parole des thèses les plus libérales
et qu'il rapporte avec beaucoup de force les positions du Medef",
a poursuivi Monsieur Hollande.
Le premier secrétaire du PS a mis en garde contre "ceux qui
veulent faire reculer les droits sociaux, abandonner les 35 heures, remettre
en cause les emplois-jeunes, vouloir mettre directement fin au régime
de la répartition et vouloir une nouvelle fois baisser les impôts
des plus favorisés".
Si seulement tout cela était vrai ! A ce point du discours, on
est en droit de se demander si François Hollande parle toujours
de Chirac, car le candidat-président n'a nullement l'envie de faire
"reculer les droits sociaux", ou s'il fait allusion à
Alain Madelin, qui n'hésite pas à parler comme le Medef
en précisant "ce n'est pas moi qui m'aligne sur le Medef,
mais le Medef qui se rend aux arguments et aux propositions que je décline
depuis des années".
| 13
mars : Tapiste
: on en guérit |
4/5 |
Décidément,
Mamère ne fait l'unanimité ni chez les verts, ni chez les
écologistes dans leur ensemble. La candidate à l'élection
présidentielle Corinne Lepage a qualifié mercredi le candidat
Vert Noël Mamère de "politicien" qui "instrumentalise
l'environnement" au lieu de le "défendre", et affirmé
que le député-maire de Bègles (Gironde) "a peur"
de débattre avec elle.
"Je ne considère pas que Noël Mamère ne défend
pas l'environnement : Noël Mamère est un politicien qui maintenant
est vert après avoir été tapiste", a lancé
Corinne Lepage sur France-2, mercredi 13 mars.
Tapiste, c'est plus grave que Trotskyste ?
| 13
mars : Ils
dévissent |
2/5 |
Jean-Pierre Chevènement
estime dans le journal Le Parisien de mercredi que, sur le plan électoral,
Jacques Chirac et Lionel Jospin "sont tout deux fragiles" et
que "l'un des deux va bien finir par dévisser". Toutefois,
pour le candidat du "Pôle républicain", Chirac
paraît atteint en profondeur. Il n'a pas de réserves pour
le second tour".
Monsieur Chevènement, qui juge le débat actuel opposant
les deux principaux candidats comme "indigne de la démocratie",
affirme qu'il doit se "battre pour enrayer l'effet mécanique
de la confiscation du débat par les sortants. Mais, ajoute-t-il,
j'ai un moral d'acier car je sais que je suis le seul à pouvoir
créer la surprise. L'un des deux va bien finir par dévisser".
Pour l'instant, c'est plutôt Chevènement qui "dévisse"
dans les sondages...
| 12
mars : Mettre
un terme à la logique socialiste |
3/5 |
Revoici Chirac sinon libéral,
du moins anti-socialiste. Lors de sa première grande réunion
publique à Marseille, le Président a, en effet, critiqué
"l'idéologie socialiste" réclamant une "France
libérée, sécurisée, qui réussisse la
synthèse entre l'autorité républicaine et la liberté
individuelle".
"Nous n'en sommes pas là par hasard" a-t-il affirmé
en critiquant le déclin économique. "Nous en sommes
là parce que c'est développé en France une logique
socialiste. Le mot, semble-t-il, dérange et l'on veut faire du
socialisme sans le dire. Pourtant, l'idéologie socialiste est bien
là. La France est son dernier refuge dans l'Europe d'aujourd'hui".
Tout cela est exact. Deux observations cependant :
- Pourquoi Chirac est-il libéral sur le plan des généralités
et ne l'est-il plus dans ses propositions concrètes ?
- Pourquoi Chirac est-il toujours libéral avant les élections,
jamais après ?
| 12
mars : Liberté
et régulation |
2/5 |
En présentant son
programme économique, lors d'un diner-débat le 12 mars,
Bruno Megret a continué à faire la grand écart, en
réclamant "la liberté économique sur le plan
interne et une régulation des échanges aux frontières
de l'Europe".
Certes, il veut "alleger le poids de l'Etat", ne remplacer qu'un
fonctionnaire sur deux partant à la retraite, supprimer la moitié
des "1000 impôts et taxes existant actuellement".
Tout cela est juste. Mais fait-il rappeler que le libéralisme ne
s'arrête pas aux frontières. Même s'il s'agit de celles
de l'Europe. Monsieur Megret, lui, propose "une politique libérale
nationale"...
| 12
mars : La
droite rebelle |
5/5 |
Interrogé dans le
Figaro du 12 mars, Charles Millon confirme son soutien à Alain
Madelin pour le 1er tour, "parce qu'il incarne précisément
cette droite rebelle. Madelin, c'est le Chirac de 1995".
Cela ne l'empêche pas de demander à Chirac de "créer
un électrochoc" en renouant avec ses idées de 1995,
au lieu de se lancer "dans la course au centre". Mais s'il affirme
vouloir soutenir Chirac "pour battre Lionel Jospin au second tour",
il précise aussitôt "je resterai derrière Alain
Madelin jusqu'au soir du premier tour".
| 11
mars : Le
délit de sale gueule |
3/5 |
Dans son interview sur France
2, Jacques Chirac a eu raison d'envoyer une volée de bois vert
à Lionel Jospin, qui a eu le front d'attaquer le Président
candidat sur son physique.
Cela dit, Jacques Chirac en fait un peu trop dans le genre "victime
des méchants", et cette nouvelle passe d'armes amplifie encore
l'impression que le seul enjeu des présidentielles se résume
à l'affrontement de deux candidats.
| 11
mars : La
refondation fiscale |
5/5 |
Alain Madelin a longuement
parlé d'économie le lundi 11 mars dans une salle parisienne
à l'initiative de diverses organisations, dont l'ALEPS de Jacques
Garello, et a présenté quelques propositions clefs. En particulier,
considérant que "notre fiscalité décourage le
travail", il a proposé de ramener à 3 les tranches
de l'impôt sur le revenu avec un taux maximal à 33%. C'est
une révolution fiscale qu'il faut mettre en oeuvre et non quelques
allégements.
De même, pour l'entreprise, il propose une exonération des
droits de transmission en ligne directe, notamment pour les PME-PMI. De
plus, il rappelle que "la surimposition de l'épargne pousse
à la délocalsation". Pour le reste, il a poursuivi
par d'autres réformes libérales, visant à favoriser
les créations d'entreprises, à réformer l'Etat et
à ouvrir à la concurrence les actuels "services publics".
La "refondation fiscale", comme dit Madelin, doit, en effet,
conduire à une révolution fiscale.
| 11
mars : Une
dimension historique |
0/5 |
Certains candidats ne manquent
pas de culot. Madame Christine Taubira, candidate du parti radical de
gauche, ne craint pas d'affirmer : "Ma candidature ? c'est un événement
qui a une dimension historique incontestable, c'est aussi une circonstance
qui boulverse des représentations symboliques dans ce pays".
Rien que ça ...
| 11
mars : La
vérité dans les poubelles |
3/5 |
Dans son interview au Figaro
aujourd'hui même, Jacques Chirac répond à l'agression
de Lionel Jospin qui, dans l'avion le ramenant de La Réunion à
Paris, victime sans doute de l'ivresse des cîmes, a déclaré
le Président vieilli, ayant perdu son énergie et subissant
l'usure du pouvoir.
Pour parer ce coup bas, Jacques Chirac a dénoncé la campagne
menée à partir des "affaires" : Alphen, Schuller,
etc. "L'instrumentalisation des affaires à des fins politiques
est inacceptable" et il a ajouté "on ne trouve jamais
la vérité dans les poubelles". Le Président
a raison, et le Premier ministre a tort.
Cependant, ni l'un ni l'autre ne dira la vérité, qui n'est
pas dans les poubelles, mais dans l'Etat-Providence : les pouvoirs économiques
des autorités politiques sont à l'origine des scandales
politico-financiers. Mais il n'est pas politiquement correct de dénoncer
les débordements de l'Etat : pour les politiciens toutes les vérités
ne sont pas bonnes à dire.
| 11
mars : La
libération des énergies individuelles |
3/5 |
Dans un article du Figaro,
Jacques Chirac est interrogé sur le manque de différence
entre son projet et celui de Monsieur Jospin, il répond "je
l'ai déjà dit : il y a une abîme entre nous".
"Des divergences considérables demeurent : ce sont nos visions
respectives de la société et du monde de demain, qu'il s'agisse
de la sécurité, de la fiscalité ou du rôle
de l'Etat. Le premier ministre conserve une approche très idéologique
de la politique". "Pour moi, le point de départ de tout,
c'est (...) la conviction que la libération des énergies
individuelles se fait au profit de la société tout entière".
Jacques Chirac affirme vouloir en finir avec "le sectarisme, l'archaïsme
et l'idéologie". Monsieur Chirac a raison de dénoncer
l'idéologie de Monsieur Jospin. Il pourrait lui donner son nom
: c'est le marxisme et le socialisme. Mais, en ce qui le concerne, pourquoi
fait-il le grand écart entre le libéralisme -version 95
- et un centrisme proche de la social-démocratie ?
| 8
mars : Libérer
le travail |
5/5 |
Interrogé par le journal
le Monde du 8 février, avec les autres candidats, Alain Madelin
précise ses "recettes" pour diminuer le chômage
et créer des emplois.
"Il faut retrouver le plein emploi en baissant les impôts,
en libérant le travail et en multipliant les entrepreneurs"
(...). Ceci passe par une réforme de la fiscalité des entreprises,
pour être compétitif au niveau européen. La taxe professionnelle,
qui pénalise l'investissement , doit disparaître" (...).
"Il faut aussi instaurer une franchise de charges sociales sur les
400 premiers euros de la feuille de paie pour éviter les effets
de seuil qui enferment de trop nombreux Français dans une trappe
de bas salaires".
C'est évidemment autre chose que Monsieur Mamère qui, dans
la colonne voisine, réclame "la mutualisation interentreprise
des droits à RTT" pour réduire le chômage et
la "revalorisation des minimas sociaux" ou Madame Laguiller
qui réclame "l'interdiction des licenciements collectifs sous
peine de réquisition des entreprises", ou encore Monsieur
Megret qui réclame des "ecluses douanières aux frontières
françaises pour freiner les délocalisations"...
| 8
mars : Non
aux crèches collectives |
5/5 |
Selon Associeted press du
8 mars, le candidat de Démocratie libérale à la présidentielle,
Alain Madelin a profité de la Journée internationale des
femmes pour prôner la "révolution du temps choisi",
qui devrait permettre aux Françaises de concilier vies familiale
et professionnelle.
"Mes propositions sont orientées sur deux problèmes
: la liberté de garde des enfants et la liberté de concilier
vies familiale et professionnelle" assure Alain Madelin, fustigeant
un système "de crèche collective onéreux et
embouteillé, qui pose des problèmes de formation de personnalité".
Le candidat libéral propose donc le développement de crèches
d'entreprise fiscalement favorisées, de crèches parentales,
et un élargissement des modes de garde qui irait de pair avec une
plus grande souplesse du temps de travail. "Cette souplesse ne se
fera pas par la loi, mais par contrat", souligne cet adversaire farouche
des 35 heures.
Il est bien vrai que les femmes, comme les familles en général,
ont besoin de souplesse et de liberté plus que de mesures collectivistes.
| 7
mars : Un
mode de scrutin restreint |
4/5 |
Dans une interview au Figaro
du 7 mars, Jean-Marie Le Pen dénonce les pressions des "Chiraquiens"
sur les maires pour qu'ils ne lui donnent pas les 500 signatures. En particulier,
ils sont menacés de ne plus recevoir de subventions en guise de
représailles. "Leur choix (celui des chiraquiens) fait frêmir
: ils signent leur arrêt de mort. Car vous pensez bien que les gens
se vengeraient cruellement. Ils préféreraient voter Jospin".
"On superpose à l'élection la plus importante du pays,
qui a lieu comme les autres selon un mode de scrutin universel et secret,
un parrainage qui est en réalité un mode de scrutin restreint
et public. Il faudrait le rendre secret".
Il est effectivement anormal qu'un candidat qui représente un poids
électoral certain ne puisse se présenter. Surtout lorsque
l'on voit que les candidats d'extrême-gauche n'ont, eux, aucune
difficulté à trouver les 500 signatures.
| 6
mars : Demain,
on rase gratis |
0/5 |
Dans un entretien accordé
le 6 mars, Robert Hue précise dans "Le Républicain
lorrain" qu'il proposerait, comme première mesure, s'il était
élu Président de la République, le relèvement
de 300 euros des minima sociaux. La mesure fait partie d'un "plan
d'urgence contre les inégalités", qui comporterait
aussi le relèvement de 300 euros mensuels du SMIC et des petites
retraites. Le candidat du PCF propose également une allocation
d'autonomie-formation de 700 euros mensuels pour tous les jeunes de 18
à 25 ans qui le souhaitent et une égalité salariale
et professionnelle pour les femmes à atteindre en cinq ans.
Tout cela est formidable et nous sommes sûrs que, demain, Madame
Laguiller proposera deux fois plus que Robert Hue. Chevènement
pour sa part suggère que le SMIC soit augmenté de 25%. Personne
n'osera leur demander combien tout cela provoquera de chômeurs en
plus.
| 6
mars : Les
"Rapetout" du suffrage universel |
2/5 |
"Un scandale absolu",
"un hold-up", "on ne va pas se laisser faire" ...
Vingt-quatre parlementaires soutenant le candidat du Pôle républicain
Jean-Pierre Chevènement ont lancé mercredi 6 mars un "appel
solemnel" au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour
dénoncer la "confiscation" du temps d'antenne dans les
journeaux télévisés par Lionel Jospin et Jacques
Chirac. Les "chevènementistes" dénoncent la "berlusconisation"
des médias. "Depuis trois semaines, il y a une véritable
berlusconisation des principaux média", a fustigé le
vice-président du mouvement des citoyens (MDC) Sami Naïr.
"Jacques Chirac et Lionel Jospin se comportent en véritables
"Rapetout" du suffrage universel", a renchéri le
député radical de gauche Michel Scarbonchi.
"De l'instant où les deux têtes de l'exécutif
ont déclaré leur candidature, le temps d'antenne sur les
médias officiels a été purement et simplement confisqué
en leur faveur", déplore le "Che" dans courrier
adressé mercredi au Conseil constitutionnel.
Pour les amis de Chevènement, cette "iniquité"
serait la clé de l'effritement observé dans les sondages,
de 14% avant l'entrée en campagne du président sortant à
10%, voire 8% actuellement. Pour que le premier tour ne soit pas "escamoté",
ils invitent donc le CSA à "rappeler les chaînes à
l'ordre". "Sinon, on va être obligé d'appeler,
à mon grand dam, des observateurs de l'Union européenne",
a menacé William Abitbol...
Les amis de Monsieur Chevènement ont raison sur le fond : les médias
ne parlent que de Chirac et de Jospin. Nous dénoncerons ici même,
dans la rubrique politique, (le 13 mars) cette situation.
Deux remarques cependant :
- Monsieur Chevènement n'est pas le seul dans cette situation et
n'est pas le plus mal traité. Que l'on compare seulement ses temps
d'antenne avec ceux d'Alain Madelin.
- Nous ne voyons pas ce que Berlusconi vient faire là-dedans :
le danger vient de la pensée unique et du quasi-monopole public,
pas de la concurrence.
| 6
mars : "La
naïveté n'est pas une excuse" |
2/5 |
En visite à Strasbourg,
le 6 mars, Jacques Chirac est revenu sur les problèmes de sécurité,
attaquant Lionel Jospin qui avait avancé l'excuse de la naïveté
: "La naïveté n'est pas une excuse. En l'occurence, c'est
une faute". Il précise : "Au cours des années
récentes, on a laissé monter l'insécurité
sans oser prendre les décisions nécessaires. C'est la raison
pour laquelle je n'hésite pas à dire que le gouvernement
actuel porte une lourde responsabilité".
Jacques Chirac a raison. Mais la dérive est bien antérieure
au seul gouvernement Jospin, qui n'a fait qu'accentuer la dérive
de ses prédecesseurs. D'autre part, il était toujours possible
au Président de la République de rappeler le Premier ministre
à ses devoirs en matière de sécurité.
| 5
mars : Société
de biens et société de liens |
0/5 |
Le 5 mars, en déplacement
à Lunéville, Lionel Jospin a présenté ses propositions en matière de politique
de la famille. Reprenant une étrange formule, il veut faire de son quinquennat
« une réussite pour le passage d’une société de biens à une société
de liens » ce qui ne veut rien dire (à moins que Monsieur Jospin
ne rejette la consommation de biens matériels...).
Il faut aider les couples
en difficultés grâce à un « droit à la médiation et au conseil conjugal ».
Il préconise aussi un « chèque enfance », notamment pour le
paiement des frais de crèches.
Et si nous suggérions une
autre piste à Lionel Jospin : que l’Etat cesse de s’occuper de la
famille, car ses interventions la détruisent, et lui laisse sa liberté
... et ses revenus.
| 5
mars : Pays
réel et pays légal |
2/5 |
Jean Pierre Chevènement a publié un communiqué
sur la démocratie et les institutions (mardi 5 mars) : "il faut
de l'air pour notre démocratie. Il faut qu'elle s'ouvre aux courants novateurs,
qu'elle s'adapte mieux aux mouvements émergents ».
« Et bien, dès lors que la stabilité
de l'exécutif est garantie, le temps me paraît venu d'introduire dans
notre mode de scrutin législatif, une part de proportionnelle afin que
ces courants politiques soient représentés sans aliéner leur liberté ».
« Il n'est pas sain en effet que se creuse
un fossé entre l'opinion réelle du pays et sa représentation
politique. Il n'est pas sain que des courants politiques, qu'ils soient
ancrés dans notre histoire ou qu'ils soient constitués en réponse à des
défis nouveaux, soient écartés de l'Assemblée nationale ».
Je suis un candidat libre par rapport au
système des partis. J'entends mettre cette liberté au service de
la démocratie. M'adressant à tous les Français, exclus d'une représentation
juste au Parlement par le partage bi-partisan, je m'engage à garantir
leur juste représentation".
Monsieur Chevènement ratisse large :
sa proposition peut plaire à l’extrême-gauche comme à l’extrême droite.
Quant à sa distinction entre « opinion réelle du pays » et « représentation
politique », c’est du pur Maurras ! On croyait Chevènement devenu
Gaulliste, le voilà Maurassien ...
| 4
mars : "Les
mêmes parlementaires" |
5/5 |
Au micro de France Inter, lundi 4 mars, Alain
Madelin a commenté l'appel des 109 : "Les mêmes parlementaires,
qui soutenaient Balladur en 1995, et qui, aujourd'hui, soutiennent Jacques
Chirac, ne soutenaient pas Balladur parce qu'il était plus humain
que Jacques Chirac. Ils soutenaient Balladur parce qu'il avait, semble-t-il,
à ce moment-là, de meilleures chances de gagner".
Nous avons fait, ici même, une analyse identique (voir en rubrique
politique à paraître demain 6 mars).
| 4
mars : Catalogue
à la Prevert |
0/5 |
Noël Mamère a présenté,
le 4 mars, son "contrat Vert". C'est un catalogue à la
Prévert où l'on trouve de tout, même le meilleur ("suppression
de l'ENA") mais surtout le pire et le n'importe quoi :
- "Créer une organisation mondiale de l'environnement"
et pouvoir déférer les auteurs de "crimes écologiques"
(!) devant la cour pénale internationale.
- "Interdire l'arrivée des OGM".
- "Réorienter les subventions de la PAC vers un soutien à
une agriculture paysanne" (Sic).
- Créer "un revenu d'autonomie pour les jeunes de 18 à
25 ans".
- Le "maintien absolu du système de retraites par répartition".
- "La semaine des 4 jours".
- "La possibilité pour tous les salariés de prendre
une année sabbatique tous les 7 ans".
- "Un panneau solaire par habitant, une éolienne par commune".
Tout cela se passe de commentaires ...
| 4
mars : Il
est interdit d'interdire |
3/5 |
En visite à Mantes la Jolie, Jacques
Chirac a tenu des propos fermes sur l'insécurité dénonçant
"la culture de la permissivité". "Depuis longtemps
déjà, une partie des responsables de notre pays a développé
une espèce de culture de la permissivité, du laxisme".
"Depuis "il est interdit d'interdire" jusqu'à "c'est
la société qui est violente" on a imprimé dans
l'esprit des gens que c'était comme ça et qu'on n'y pouvait
pas grand chose".
"Il n'y a pas de fatalité à ce que les gens soient
agressés". Bravo. Il est dommage que Chirac n'ait jamais accédé
au pouvoir et n'ait jamais été ministre, premier ministre
ou président : il aurait sûrement changé les choses
!
| 2
mars : Les
"tobinards" |
4/5 |
Dans le Figaro du 2 mars, Christian Pierret,
ministre délégué à l'industrie, s'en prend
à une partie de la gauche, à ceux qu'il appelle les "tobinards"
et les "écologues".
"Le danger qui guette la gauche, c'est de succomber à la formule
de la politique magique : dénonciation, incantation. Au lieu d'éviter
de penser à son véritable renouvellement, une partie de
la gauche se réfugie derrière des préceptes approximatifs,
des "mots valises" comme "le principe de précaution",
la "proximité", la "transparence". La vie n'est
pas sans risque et tout ne peut être transparent. Eliminer systèmatiquement
le risque ne peut aboutir qu'à la paralysie de la créativité
(...) Tout est compétition et concurrence et le risque doit être
intégré à notre vision de la société".
M. Pierret parle comme Tony Blair. Tant mieux. Mais M. Jospin lui, parle
comme Mamère. Décidemment, la gauche est vraiment plurielle.
| 2
mars : Le
marxisme a cessé d'être une référence centrale |
1/5 |
Dans un long entretien accordé au Monde
du 2 mars, Lionel Jospin répond à une question sur l'évolution
du paysage politique et idéologique français : "Il
a évolué extraordinairement en vingt ans. D'abord, le marxisme
a cessé d'être une référence centrale dans
la vie intellectuelle. D'autre part, la réalité historique
majeure qu'étaient la création de l'URSS et la césure
du monde qui en est résultée se sont littéralement
dissoutes. (...) je n'imaginais pas que ce serait aussi rapide et surtout
je pensais que quelque chose en subsisterait et que se produirait une
forme de compromis économique, social et politique".
Ainsi Jospin regrette que des formes douces de communisme n'aient pas
subsisté à l'Est. Quant au 1er point, il se trompe : le
marxisme existe encore pour beaucoup de monde. Pour exemple dans les analyses
de Monsieur Jospin et dans les dictatures communistes encore existantes
dont la Chine, le Vietnam et Cuba.
| 1
mars : Le
premier ministre s'applique la RTT |
5/5 |
Dans le Figaro du 1er mars, Serge Lepeltier, secrétaire général
du RPR, rebondit sur l'information suivant laquelle Lionel Jospin consacrerait
tout son temps à la campagne électorale : "Dorénavant,
le premier ministre gouvernera notre pays pendant son temps libre et ses
week-ends. C'est un exemple achevé de RTT".
| 28
février :
Un pluralisme régulé |
0/5 |
Dans son livre d'entretien avec Alain Duhamel,
Lionel Jospin fait plusieurs propositions intéressantes. En particulier
il affirme que "la France doit être un promoteur de la régulation
mondiale".
Il s'oppose à "l'unilatéralisme américain"
et préfère le "pluralisme mondial". Un pluralisme
régulé, c'est comme du socialisme libéral : c'est
un oxymoron.
De même, il veut un "nouveau partage des responsabilités"
avec les partenaires sociaux. "Il faudra donc accepter que l'un ne
légifère pas tout de suite, qu'on prenne d'abord le temps
de la discussion". Donc d'abord on discute, ensuite la loi tranche.
Le contrat, il ne sait pas ce que c'est. Et la concertation, ça
ne sert qu'à calmer les esprits avant une décision unilatérale.
Un partage des responsabilités dans lequel l'Etat tranche, c'est
un autre oxymoron.
| 28
février :
Jesus-Christ multipliant les pains |
4/5 |
Commentant le programme de Jacques Chirac
lors d'un point de presse le 28 février, Hervé Morin, délégué
général de l'UDF affirme "Un candidat à la présidentielle
n'est pas Jésus-Christ multipliant les pains (...) une élection
présidentielle n'est pas un catalogue de la Redoute".
La formule pourrait s'appliquer à tous les candidats qui pensent
que le salut vient des "largesses de l'Etat".
Hervé Morin aurait pu encore tirer parti de sa référence
à l'Evangile en remarquant que le Christ a multiplié les
pains, alors que beaucoup laissent croire qu'Il les a partagés.
Il faut créer les richesses pour tous et non partager la pénurie.
| 27
février :
Chevènement trouve Chirac démagogue |
0/5 |
Réactions de Chevènement au
programme économique de Chirac : Jean Pierre Chevènement
qualifie les propositions de Jacques Chirac de "promesses démagogiques".
"Jacques Chirac propose de baisser l'impôt sur le revenu de
30%, mais il oublie que la moitié des Français ne le paye
pas, les plus pauvres. Donc, il veut détaxer les plus riches",
a-t-il déclaré lors d'un meeting à Mérignac,
près de Bordeaux, mercredi 27 février.
"Et tout cela sans évoquer l'augmentation d'aucun autre impôt.
C'est-à-dire qu'il va grossir le déficit, qui n'a pas besoin
de ça compte tenu de la chute d'activité".
"Comment Jacques Chirac veut-il maintenir des services publics dignes
de ce nom s'il réduit ainsi les recettes de l'Etat ?", s'est-il
demandé.
Pour Jean Pierre Chevènement, Jacques Chirac "veut vendre
les bijoux de famille, EDF par exemple, pour payer les retraites, sans
que les Français aient à l'esprit ce que représente
le coût des retraites, 700 milliards par an. On va gagner combien,
trois mois, en vendant EDF ?"
Il a également évoqué la promesse faite par Jacques
Chirac de baisser les charges : "Par quoi est-ce que Jacques Chirac
propose de remplacer les moins-values de la Sécurité Sociale
?"
"Ce sont des promesses démagogiques qui sont faites pour plaire
au Medef. Par exemple l'idée d'un fonds de pension à la
française qui placera leurs actifs dans des entreprises japonaises
ou américaines. Ne voit-on pas que c'est mettre le doigt dans l'engrenage
qui nous amènera à un système de retraite à
deux vitesses", a souligné le candidat.
Chevènement a tord sur toute la ligne car il n'imagine pas que
l'on puisse aussi réduire les dépenses publiques, au lieu
de conserver les "services publics". Quant aux retraites, si
l'on peut faire un reproche au programme Chirac, c'est d'être trop
timide et d'écarter la retraite de base par capitalisation ! Mais
Chevènement ne se situe pas dans cette logique : il est étatiste,
pas libéral.
| 27
février :
Rigueur intellectuelle |
0/5 |
Jospin ménage Chevènement en
vue d'un deuxième tour peut-être difficile. Il a donc relativisé
mercredi les critiques de Jean-Pierre Chevènement à son
égard, en espérant que le candidat "républicain"
se sentirait "comptable" du bilan de ses trois années
et demie au gouvernement.
"Connaissant sa rigueur intellectuelle, j'imagine qu'il se sent au
moins comptable de ces trois ans et demi", a déclaré
le Premier ministre-candidat lors de l'inauguration de son siège
de campagne, mercredi 27 février.
Pour le reste, "chacun a le droit d'être candidat et de défendre
ses arguments", a estimé Monsieur Jospin.
Le Premier ministre a observé que l'ancien ministre de l'Intérieur
avait participé à la "partie fondatrice" de son
gouvernement, quand "les grands choix étaient faits".
| 27
février :
Les mêmes promesses qu'en 1995 |
2/5 |
On a beaucoup insisté sur les propositions
"libérales" faites par Chirac le 27 février en
matière économique et sociale.
Il est vrai que certaines vont effectivement dans le bon sens quand il
s'agit de "libérer les forces économiques aujourd'hui
contraintes par une fiscalité et une réglementation excessive"
ou de réduire la fiscalité des entreprises comme celle des
ménages (allègement de 33%, pour tous, de l'impôt
sur le revenu).
Mais d'autres mesures sont bien timides comme "l'assouplissement
des 35 heures" ou peu libérales, lorsqu'il affirme qu'il faut
"garantir la retraite par répartition", réservant
les fonds de pension aux retraites complémentaires.
Deux remarques : d'une part le libéralisme forme un tout, on ne
peut être libéral à moitié ; de l'autre, en
1995, Chirac avait aussi promis des réformes libérales !
Lorsqu'on a déjà été trompé, on devient
à juste titre plus prudent !
| 27
février :
"Leur liste fait pschitt" |
0/5 |
La guéguerre des listes continue. Après
les 109 soutiens de Chirac, voici 91 parlementaires qui pétitionnent
en faveur de Bayrou. Le problème, c'est que 6 d'entre eux avaient
aussi signé en faveur de Chirac.
Commentaire du porte parole de Bayrou, le 27 février : "leur
liste fait pschitt". Et de dénoncer les pressions contre les
députés : "on leur a dit : si jamais tu ne donnes pas
ta signature, on va présenter quelqu'un contre toi".
Tout cela est lamentable et sans intérêt. La seule chose
qui importe, ce sont les programmes : sont-ils gaullistes, socio-démocrates
ou libéraux ? Tout le reste est agitation politicienne.
| 26
février :
Le râteau à une dent |
5/5 |
Toujours à Nice, Alain madelin a eu
une bonne formule à propos de l'UEM et du soutien à Chirac
dès le premier tour. L'UEM, c'est un râteau à une
dent pour ratisser au second tour imaginé par Alain Juppé".
| 26
février :
Homme du passé ou homme du passif |
5/5 |
En meeting à Nice, devant une salle
de l'Acropolis archi-comble (900 personnes), au point qu'une salle annexe
a dû accueillir 400 personnes en surnombre, Alain Madelin n'a pas
ménagé ses attaques contre ses concurrents, et il a enthousiasmé
le public avec son programme très raffraichissant, et ses critiques
pleines de réalisme et d'humour. Par exemple, à l'intention
de Lionel Jospin : "On dit que c'est l'homme du passé ; en
réalité c'est l'homme du passif". Et d'éplucher
le bilan du Premier Ministre, où le passif est nettement plus lourd
que l'actif.
| 26
février :
Moins de 200 000 exploitations agricoles |
1/5 |
En visite au salon de l'agriculture, Jean-Pierre
Chevènement s'est donné pour mission de réformer
la PAC d'ici 2003, pour substituer des "prix rémunérateurs"
au système actuel de primes et mettre fin "au libéralime
à tout crin" (à croire que la PAC relève du
néo-libéralisme sauvage !). Il s'est aussi fait l'avocat
des petites exploitations familiales, soulignant que "seuls 6 200
agriculteurs s'installent chaque année à la terre, c'est
insuffisant. Faites un calcul, à ce rythme-là, dans trente
ans nous aurons moins de 200 000 exploitations".
Oui et alors ? L'essentiel est que les Français aient sur leur
table ou dans leur verre ce qu'ils désirent. Quant aux paysans,
d'accord pour leur laisser entrevoir un revenu décent, mais à
condition que ce soit grâce aux services rendus à la collectivité,
et non aux impôts prélevés sur les contribuables ou
aux surprix payés par les consommateurs.
| 26
février :
Erreur de destinataire |
3/5 |
Dans le texte des 109 parlementaires centristes
et libéraux appelant à voter Jacques Chirac, il y a certaines
formules libérales. En particulier dans l'aspiration "à
une société de liberté, de responsabilité
et de solidarité. A une société qui valorise les
énergies réformatrices. A une société qui
n'étouffe pas les citoyens sous les impôts, les taxes, ni
sous les contraintes administratives inutiles" (...).
"Partout en Europe, les idées d'humanisme, de liberté
et de responsabilité triomphent". Il n'y a que la conclusion
qui surprenne. "C'est pourquoi nous souhaitons être auprès
de Jacques Chirac". Les parlementaires ont dû se tromper d'adresse.
S'ils veulent une politique libérale, ils doivent élire
un libéral. Chirac a disposé de nombreuses années
de pouvoir et il a montré qu'il n'était pas libéral.
| 26
février :
La guerre américaine |
0/5 |
Visitant le salon de l'agriculture, Jean-Marie
Le Pen est allé, lui aussi, de son petit couplet anti-libéral.
Il y ajoute l'anti-américanisme, ce qui va en général
de pair.
Si nous vivons un drame agricole français, et une pauvreté
"de 40% des paysans", c'est à cause de "la guerre
américaine contre l'Europe" qui a imposé "une
dépendance lâchement acceptée par l'Europe".
Il faut donc une "protection internationale", c'est à
dire une protection douanière.
C'est beau comme du Bové.
| 26
février :
Roi fainéant et maire du Palais |
2/5 |
Mardi 26 février, sur France Inter,
Jean Pierre Chevènement a une nouvelle fois renvoyé dos
à dos le "roi fainéant" Jacques Chirac et "le
maire du Palais" Lionel Jospin, les "deux sortants", candidats
"du pareil au même".
Quant à "l'amitié" que lui porte toujours Lionel
Jospin, Jean Pierre Chevènement a assuré que "les électeurs
se fichent pas mal du plaisir, de la passion, du désir, du frisson,
de l'amitié dont on ne sait pas très bien ce qu'elle veut
dire", a-t-il ajouté. "Au delà de la paille des
mots, ce qui intéresse les électeurs c'est le grain des
choses".
Ces remarques pertinentes n'empêchent pas Jean Pierre Chevènement
de se montrer moins convainquant sur le fond. C'est ainsi qu'il souhaite
que le statut de la BCE soit "aligné" sur celui de la
Réserve fédérale américaine" pour soutenir
la croissance et l'emploi et pas seulement lutter contre l'inflation".
Le fondateur du Mouvement des citoyens (MDC) réclame en outre une
modification du pacte de stabilité "pour en faire un vrai
pacte de coordination budgétaire" et "rendre possible
une relance puissante à l'égal de celle à laquelle
procèdent les Américains".
Le voilà donc toujours socialiste et toujours keynésien.
Nous préférons, pour notre part, le grain libéral.
| 25
février :
Exception culturelle, exception agriculturelle |
0/5 |
"Jospin déclare son amour aux
agriculteurs". En visite ce lundi 25 février au salon de l'agriculture,
il tente de s'attirer les voix du monde paysan qui ne l'a guère
aimé jusqu'à présent. Cherchant à se démarquer
de ses adversaires en passage, il s'est longuement affiché avec
la configuration paysanne de José Bové.
Il a exprimé son "hostilité à toute libéralisation
des échanges des produits agricoles dans le cadre de l'OMC".
"L'agriculture ne peut obéir aux règles des libéraux"
a-t-il annoncé !
La France a toujours fait valoir l'exception culturelle : la culture ne
saurait être marchande. L'agriculture non plus.
| 24
février :
Les "faux-semblants" |
3/5 |
Le président du "pôle républicain"
chevènementiste, Max Gallo, a qualifié les candidats Lionel
Jospin et Jacques Chirac de "candidats faux-semblants", dont
les programmes "peuvent se superposer".
Ce sont "deux candidats faux-semblants pour deux programmes faux-semblants",
a-t-il lancé dimanche 24 février sur BFM. Il faut regarder
"la manière dont ils sont entrés en campagne"
et le "vide total de leurs programmes qu'on pourrait superposer",
a-t-il renchéri.
"Les deux leaders n'ont rien à dire", a-t-il accusé.
"Leurs programmes sont quasiment identiques. La porte-parole choisie
par Jacques Chirac, Roselyne Bachelot", est celle qui, sur les thèmes
sociaux, "est la plus proche de l'adversaire".
Max Gallo a raison. Il est vrai que les deux programmes se ressemblent
: ils sont étatistes et socialisants. Mais celui de Monsieur Chevènement,
lui, est tout aussi étatiste et socialiste, et tout aussi anti-libéral.
| 24
février :
Le seigneur des agneaux |
0/5 |
Chevènement n'est pas le seul à
s'intéresser à l'agriculture et tous les candidats iront
faire un tour "au Salon". Mais la visite de Chirac est la plus
instructive. La PAC ne lui suffit plus. Il a souligné la nécessité
d'instaurer "une politique nationale" permettant "la promotion
d'une agriculture écologiquement responsable et économiquement
forte".
Traduction : si par "malheur" la PAC devenait moins interventionniste,
la France, elle, continuerait à refuser le marché et aurait
sa propre PAC. Il paraît que les agriculteurs ont apprécié.
Il est vrai, comme le précise une agricultrice, "qu'il a redonné
ses lettres de noblesse à la tête de veau". Effectivement,
Chirac est le seigneur des agneaux.
| 23
février :
"Déconnecter les prix du marché mondial" |
0/5 |
Préparant sa visite au salon de l'agriculture,
Jean Pierre Chevènement a souhaité "un nouveau pacte
entre la France et ses agriculteurs". il s'est ainsi prononcé
"pour un système qui déconnecte les prix du marché
mondial et par des systèmes de quotas destinés à
permettre le maintien à la ferme d'un beaucoup plus grand nombre
d'agriculteurs".
Deux précisions pour éclairer Jean Pierre Chevènement.
D'abord ce système existe déjà : c'est la P.A.C.
(politique agricole commune). Ensuite, il a déjà été
généralisé à tous les secteurs : cela a donné,
par exemple, l'Albanie du temps du stalinisme.
| 22
février :
Révolution libérale ou glaciation socialiste ? |
0/5 |
"François Fillon président
RPR de la région Pays de Loire : "La France n'a pas besoin
d'une révolution libérale et encore moins d'une glaciation
socialiste ? "
Lors de la réunion à Toulouse ce week-end, il propose un
texte de politique générale intitulé "2002-2007
: la France en mouvement" qui comporte une vingtaine de propositions
précises. "Notre modèle a besoin d'être rénové".
Mettrait-on fin au modèle gaulliste, à la social-démocratie,
ou à l'énarchie ? Enarque gaulliste, François Fillon
est social démocrate, nul ne l'ignore.
| 22
février :
Les cinq dernières minutes |
0/5 |
"Je serai demain à Toulouse pour
dire avec amitié, respect et détermination ce que je pense
de l'avenir de l'opposition et de la France", a déclaré
sur RFI François Bayrou. "Ce que j'ai à dire, j'ai
décidé d'aller le dire les yeux dans les yeux, si du moins
on me donne les cinq minutes de temps de parole nécessaires pour
le faire", a-t-il ajouté. Selon François Bayrou une
formation unique de l'opposition n'est pas "la bonne formule".
L'organisation de la droite et du centre est "un débat qu'il
faut avoir", a-t-il dit.
"On dit qu'il s'agit à Toulouse d'une réunion qui prépare
le rassemblement du deuxième tour. De ce rassemblement du deuxième
tour, je serai et puisqu'il y a un débat qui s'amorce, j'ai décidé
d'aller" à Toulouse, a expliqué le président
de l'UDF.
Il pourrait même se rallier à Chirac dès le premier
tour, et son discours de 5 minutes à Toulouse aura peut-être
été son dernier discours de candidat...
Cela dit, il a raison sur un point : le grand parti de l'opposition rangé
derrière le grand chef, cela fait un rien godillot...
| 21
février :
"Mon projet n'est pas socialiste" |
0/5 |
Pour sa première prestation télévisée
de candidat, jeudi 21 février sur France 2, Lionel Jospin précise
son projet : "je suis socialiste d'inspiration, mais le projet que
je propose au pays n'est pas un projet socialiste. Il est une synthèse
de ce qui est nécessaire aujourd'hui : la modernité".
C'est donc que le socialisme n'est pas moderne. Mais comment Monsieur
Jospin qualifie-t-il alors sa politique en matière de fiscalité,
de nouvelles régulations économiques, de protection sociale,
etc... ? C'est pourtant bien du socialisme. Veut-il nous faire croire
qu'il va désormais "rompre avec le socialisme" ? S'il
s'agit seulement d'une tactique électorale, la ficelle est un peu
grosse.
| 20
février :
"Aujourd'hui, je suis candidat" |
0/5 |
Lionel Jospin vient de mettre un terme à
un suspense insoutenable, en annonçant sa candidature. "Aujourd'hui,
je suis candidat à l'élection présidentielle",
déclare le premier ministre socialiste dans une déclaration
aux Français de deux pages rendue publique deux mois avant le premier
tour de l'élection présidentielle. "Pourquoi ? Je souhaite
restaurer l'esprit de responsabilité, fondement de l'autorité.
J'entends placer la responsabilité au coeur de l'action publique,
la promouvoir dans notre société à tous les niveaux",
dit-il.
Chacun sait en effet que, pour un socialiste, qui pense que l'Etat doit
s'occuper de tout, la notion de responsabilité est essentielle
!
Lionel Jospin a pris cinq "engagements", celui d'une France
active "qui tourne le dos au chômage", celui d'une France
"sûre" - "je refuse l'impunité", souligne
le Premier ministre-candidat.
Les trois autres engagements visent à établir "une
France juste", où les inégalités seront réduites,
une France "moderne", qui passera par l'établissement
d'un pacte de confiance avec la jeunesse, et une France "forte",
"acteur clairvoyant du pluralisme mondial et promoteur de la régulation
internationale".
Comme le souligne, immédiatement après ce communiqué,
Alain Madelin : Jospin se contente de "mots passe-partout".
En effet, il est difficile de faire plus vague et creux. Et si l'on commençait
vraiment à débattre des problèmes concrets qui intéressent
les Français ?
| 19
février :
Impunité zéro |
3/5 |
En visite électorale à Garges-lès-Gonesse,
Jacques Chirac a présenté ses propositions en matière
de sécurité, autour du thème de "l'impunité
zéro" pour les délinquants, grâce à une
réponse "immédiate et dissuasive".
Personne ne trouvera à redire à l'idée "d'apporter
à tous les Français la protection de la sécurité,
rétablir le respect de l'autre et faire en sorte que chacun trouve
sa place dans la société". Il propose en particulier,
la création "d'un conseil de sécurité intérieure".
Bref , il faut, selon Jacques Chirac, mobiliser tout le monde pour endiguer
la montée de la violence et de l'insécurité qui "menace
la cohérence de notre société". On pourrait
ajouter aussi -et surtout- qui menace les droits fondamentaux de la personne,
à commencer par les droits de propriété. Le problème,
comme l'a souligné Alain Madelin, c'est que le candidat Chirac
"propose de faire ce qu'il n'a pas fait et de défaire ce qu'il
a fait".
En outre, l'exemple devrait venir "d'en haut". Jacques Chirac
est-il, sur ce point de l'exemplarité, le modèle le plus
crédible ?
Enfin, à côté de la répression doit se faire
la prévention. Ces mineurs délinquants sont le fruit composé
de l'école, du sous-emploi, de l'habitat.
| 19
février :
"Des convictions et un projet" |
5/5 |
Dans une déclaration au grand RTL-Le
Monde-LCI, publiée également dans Le Monde du 19 février,
Alain Madelin critique Jacques Chirac qui "a déclaré
sa flamme pour les Français. Parfait. Mais ce n'est pas un projet,
ça". D'ailleurs Chirac ne fait que reprendre "les mêmes
processus (qu'avant), au rabais".
Mais Alain Madelin se présente avant tout comme l'homme "des
convictions et du projet" : "j'entends faire des propositions
de refondation de notre sécurité sociale, de notre fiscalité,
de l'Etat et de nos institutions, là où mes concurrents,
pour l'instant, ne proposent rien ou de vagues replâtrages".
Soulignant enfin l'accord (de nos partenaires) "pour faire de l'Europe
la zone la plus compétitive, avec un marché du travail plus
flexible, des réformes de structure, des baisses d'impôts,
l'ouverture de toute une série de secteurs à la concurrence",
il précise qu'en France, lui, Madelin, pourrait signer un tel accord,
Chirac et Jospin non. En bref, un candidat libéral pour rejoindre
une Europe qui devient plus libérale.
| 18
février : Un
libéralisme dur |
0/5 |
Intéressante discussion, sur France
inter, le 18 février, entre François Bayrou et Jean Luc
Hees sur l'opinion du candidat centriste sur Alain Madelin :
Jean-Luc Hees : il y a deux candidatures du centre, du moins de l'ancienne
UDF, celle d'Alain Madelin et la vôtre. Alors est-ce qu'il n'est
pas souhaitable que l'une des deux disparaisse du paysage ?
François Bayrou : Alain Madelin et moi nous défendons deux
lignes différentes. Alain Madelin, c'est ...
Jean-Luc Hees : Il y a vraiment incompatibilité ...
François Bayrou : Je n'ai jamais dit cela, mais Alain Madelin c'est
un libéralisme dur, on va dire, et je suis sûr que cet excès-là
ne convient pas à la France. Moi, je présente une vision
différente qui est axée principalmeent sur la construction
de l'Europe et sur l'idée que social et libéral doivent
marcher ensemble.
Entre un "libéralisme dur" et un centriste mou, nous
préférons le libéralisme dur ! Mais François
Bayrou ne manque pas d'air quand il parle "d'excès" qui
ne convient pas à la France. Puisqu'il parle d'Europe, comment
explique-t-il que presque tous nos partenaires défendent cet "excès"
là ? Serions-nous plus intelligents que tous nos voisins ? Bayrou,
lui aussi, rêve-t-il de la "France seule", face aux "excès"
des autres ?
| 18
février : La
"dérive néo-libérale" du PS |
0/5 |
Robert Hue vient de trouver une explication
au faible score qu'il réalise dans les sondages, le plaçant
en dessous d'Arlette Laguiller. Dans une déclaration publiée
le 18 février, il n'attribue pas ces chiffres au hasard, mais à
une manipulation. En effet, cette "charge" contre lui intervient
"au moment où j'ai osé dire que je n'acceptais pas
la dérive droitière du PS et sa ligne néo-libérale".
Il faut, bien entendu, "ancrer la politique à gauche".
Nous pouvons aussi avancer une autre hypothèse : ce sont les électeurs
qui sanctionnent Robert Hue, car ils n'aiment pas qu'on raconte n'importe
quoi.
| 15
février : Ben
Laden inspire le respect |
0/5 |
Certains médias accueillent avec sympathie
la candidature de "l'humoriste" Dieudonné. Mais il suffit
de le lire pour savoir à qui l'on a affaire.
En effet, dans un entretien à l'Echo des Savanes, Dieudonné
affirme qu'il "préfère le charisme de Ben Laden à
celui de Geoge Bush. Ben Laden est le personnage le plus important de
l'histoire contemporaine. Il a réussi à changer les rapports
de force et la façon de se battre. Il est seul contre la plus grande
puissance du monde. Donc, forcément, cela inspire le respect".
Dieudonné est réellement un grand humoriste, faute d'être
un grand humaniste.
| 14
février : "Le
monde est fou" |
3/5 |
Jean Pierre Chevènement essaie de ratisser
large. La sécurité est un thème majeur de sa campagne
et, parfois, avec des arguments pertinents.
En visite à Nice, il a déclaré : "Le monde est
fou, quand les automobilistes pris en défaut de stationnement sont
plus sévèrement sanctionnés que les incendiaires
de voitures".
Il en a profité aussi pour critiquer Chirac ("Lui qui était
déjà ministre en 1974, il se présente comme le candidat
de renouvellement ! Surréaliste !") et Jospin ("Nous
ne savons rien du projet de Monsieur Jospin, mis à part le catalogue
de la Redoute que lui ont présenté les divers témoins
du P.S.").
Dommage que le programme de Chevènement, lui, soit connu, surtout
en économie : il nous repasse les vieux tubes de l'étatisme
qu'il défendait déjà en 1981, c'est à dire
une version marxiste dure du socialisme.
| 14
février : "Vitrifier
la nation" |
3/5 |
Les Verts se déchaînent contre
Jean Pierre Chevènement. C'est ainsi que pour Alain Lipietz, Jean
Pierre Chevènement "devient le meilleur candidat du parti
de l'ordre, regroupant derrière lui les autoritaristes, les xénophobes,
les homophobes, les antieuropéens" (Le Parisien, jeudi 14
février 2002).
De même, pour Noël Mamère, "Le coeur de notre programme
... c'est de réveiller notre vieille République endormie
face à ceux qui veulent la congeler, comme Jean Pierre Chevènement,
ou la détourner comme Jacques Chirac" (Ouest France - 14.2).
Avant cela, Mamère s'en était déjà pris ouvertement,
mercredi à Chevènement, qui veut selon lui "vitrifier
la Nation, mettre les femmes à la maison et taper sur les sauvageons".
(Déclaration dans les couloirs de l'Assemblée National,
mercredi 13 février 2002). Il y a, certes, beaucoup à dire
sur la "congélation" que propose Chevènement (et
Chirac d'ailleurs), mais il serait plus utile de dénoncer leur
étatisme et leur interventionnisme. Mais pour cela les Verts ne
sont pas les mieux placés !
| 14
février : La
santé n'est pas une marchandise |
0/5 |
Intervenant devant les 23° assises du
centre national de décisions de santé, Jacques Chirac a
affirmé que le plan Juppé a été sous certains
aspects, à l'origine d'un "très grave malentendu".
Il entend donc désormais renouer avec les médecins, dont
il a "entendu le message" par des propositions novatrices :
- en lançant "un grand programme national d'équipement
en santé".
- par "des agences régionales de santé en rapprochant
les différentes structures existantes".
- en créant "une agence européenne du cancer".
- en proposant d'aller plus loin que la CMU avec la "mise en place
d'une assurance maladie universelle".
Il a souhaité aussi une mise à niveau des honoraires, la
fin des sanctions collectives et il a surtout vanté les mérites
du "modèle à la française", "plus
protecteur que la privatisation, car la santé n'est pas une marchandise".
Voilà le fond du problème : Chirac n'a pas prononcé
les mots qu'il déteste : honoraires libres, marché, responsabilité
personnelle, assurance, concurrence. Socialistes de tous bords, réjouissez-vous
: Chirac ne changera rien au système actuel.
| 13
février : Ces
hectolitres que l'on fait venir d'ailleurs |
0/5 |
En campagne à Palavas-les Flots, le
13 février, Jean Saint-Josse, candidat de chasse, pêche,
nature et traditions, s'est présenté comme un défenseur
de la ruralité et des campagnes en général.
Il s'est indigné contre "ces hectolitres que l'on fait venir
d'ailleurs" comme si la "campagne" allait être sauvée
par la frilosité et le protectionnisme.
Par ailleurs, plaidant "pour des structures à taille humaine",
il a défendu les petites entreprises contre les multinationales
"qui font travailler mille personnes pendant trois ans et qui les
jettent".
Monsieur Saint-Josse est plutôt sympathique, mais s'il se met à
parler d'un côté comme José Bové, de l'autre
comme Arlette Laguiller, son message ne passera pas le test libéral
!
| 12
février : Le
plus mauvais premier ministre |
2/5 |
Le président du FN et candidat à
l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen, s'en est pris
à Bordeaux au député-maire (RPR) de la ville, Alain
Juppé, qu'il a qualifié "de plus mauvais Premier ministre
de la Vème République".
"Alain Juppé doit rendre des comptes de deux ans de Premier
ministre et de complaisance à un gouvernement de gauche",
a déclaré Monsieur Le Pen au cours de sa première
réunion électorale.
Critiquant l'ostracisme dont il se dit victime, il a avancé que
tant qu'il aura la force, "son combat politique se poursuivra".
| 12
février : Charbonnier
n'est plus maître chez lui |
1/5 |
Charles Pasqua a lancé sa campagne
en tenant son premier meeting à la mutualité. Sur le thème
"retrouvons nos couleurs", il a parlé d'une France "déboussolée"
qui se laisse aller vers "une lente glissade".
Pourquoi ? Parce que la France est "corsetée" par le
"carcan" du traité de Maastricht et que, du coup, "charbonnier
n'est plus maître chez soi".
Charles Pasqua a raison : la France est "corsetée". Mais
il a tort dans son analyse : ce qui bloque la France, c'est avant tout
l'étatisme, la bureaucratie, les entreprises publiques, les réglementations,
les prélévements, etc. Et si Monsieur Pasqua veut diminuer
la bureaucratie européenne au profit d'une bureaucratie "bien
de chez nous", il se trompe. Pour que la France ne soit plus "corsetée",
il faut la libérer.
| 12
février : Vive
le secteur public ! |
0/5 |
François Bayrou répondant aux
questions de Michel Field (Chat Wanadoo du mardi 12 février) s'est
surpassé dans plusieurs domaines :
- Il a déclaré être favorable à l'augmentation
du SMIC : 1000 euros net/mois.
- Il est géné par l'hégémonie des USA : "je
veux un monde dans lequel il y ait équilibre des puissances et
pas seulement des marchés".
- Il aime la télé publique : "Je défend l'audiovisuel
public. Il doit et peut être concurrentiel avec le privé.
Plus il est protégé des contraintes, celle de la pub notamment,
plus il se libérera".
Tout cela a le mérite d'être clair. François Bayrou
n'est pas libéral. Ce n'est peut-être pas un scoop, mais
c'est en tout cas un axe fort de sa campagne : le marché, la publicité,
toutes ces choses privées, c'est mauvais. La réglementation
publique des salaires, l'équilibre des états, la télévision
publique, c'est bon. Voilà qui est beau comme du Lionel Jospin
ou du Robert Hue !
| 12
février : Sur
le pont d'Avignon |
3/5 |
On y danse, on y danse. On s'y déclare
aussi : Chirac est désormais candidat. Première conséquence
: venu en avion officiel il est rentré à paris en TGV. Va-t-il
quitter l'Elysée pour habiter un HLM à Paris ?
La France "tourne au ralenti" : il a raison, les socialistes
serrent les freins depuis cinq ans au moins. Il faut "libérer
les énergies" : il a toujours raison. Il y a un "certain
désordre" "dans les comportements, dans les moeurs, dans
les esprits" : il a encore raison.
Le remède : "il y a un préalable fondamental qui est
de restaurer l'autorité de l'Etat, qui a tendance à se dégrader,
de renforcer et de rétablir la sécurité nationale,
la sécurité des personnes et des biens, pour tous les Français".
Encore convient-il de s'entendre sur cette restauration de l'Etat, qui
peut-être la meilleure ou la pire des choses.
| 11
février : Le
choix alternatif |
5/5 |
Dans un long entretien accordé au Figaro
du lundi 11 février, Alain madelin réaffirme "je représente
le choix alternatif à Jacques Chirac". Il précise "les
Français, pour plus des deux tiers, souhaitent autre chose que
le match retour de 1995. Ils veulent une vraie campagne et un vrai choix
au premier tour". De plus, "il est difficile de débattre
avec des fantômes de candidats aux projets invisibles".
Marquant sa différence, Alain Madelin affirme qu'il était
"le seul à ne pas m'être précipité ou
fait représenté à Porto Alegre". Il est, en
effet, le seul à incarner l'alternative libérale.
| 9
février : L'ultra-libéralisme
de Jospin inquiète Hue |
1/5 |
Dans un entretien accordé au Monde
du 9 février, Robert Hue affirme qu'il "ne connait pas encore
le projet de Lionel Jospin", mais qu'il "constate qu'il subit
la pression des dogmes ultra-libéraux et qu'il a baissé
la garde".
"Je suis très préoccupé de voir qu'au sein du
PS et du gouvernement, de nombreux responsables plaident pour toujours
plus d'obéissance à ces dogmes. Je pense évidemment
à ce que disent et écrivent Laurent Fabius et Dominique
Strauss-Kahn".
Nous sommes éblouis de l'oeil perçant de Monsieur Hue. Il
nous avait complètement échappé que Jospin était
devenu libéral sous la pression des ultra-libéraux Fabius
et Straus-Kahn !
| 7
février : Préférence
nationale |
1/5 |
Jean-Marie Le Pen a présenté,
jeudi 7 février, les 5 projets de référendums pour
un quinquennat, qu'il voudrait organiser s'il était élu
président.
Certaines réformes proposées sont libérales, comme
la volonté de limiter à 35% du PIB les prélèvements
obligatoires, ce qui est un pas dans la bonne direction. Mais l'ensemble
est typiquement protectionniste, donc anti-libéral. Jean Mairie
Le Pen veut d'ailleurs "renégocier les accords commerciaux
contractés par la France dans le cadre d'un nouveau protectionnisme".
Il veut par ailleurs intégrer le principe de "préférence
nationale" à l'article premier de la constitution.
La difficulté - ou plutôt la contradiction - c'est que l'on
ne peut pas être "libéral" à l'intérieur
et "protectionniste" à l'extérieur. Le libéralisme
ne se divise pas.
| 7
février : Les
confitures de nos grands-mères |
5/5 |
Intervenant sur BFM le 7 février, Charles
Millon, président de la Droite libérale chrétienne,
a déclaré "Chevènement, ce sont des valeurs
qui sentent la naphtaline. C'est la personne qui nous donne un petit frisson
parce qu'elle nous rappelle ce que faisaient nos grands-mères quand
elles faisaient des confitures".
Etant précisé, bien entendu, que sous la confiture, il y
a une bonne couche de marxisme, même si J.P. Chevènement
essaie de le faire oublier aujourd'hui.
| 6
février : Un
dialogue social mondial |
0/5 |
Intervenant au cours du conseil des ministres
- Porto Alegre oblige - Jacques Chirac a précisé que "ce
forum préfigure une sorte de pôle social de la mondialisation
utile à l'élaboration d'un dialogue social mondial".
Tout cela, dans l'esprit d'une "gouvernance mondiale efficace et
démocratique pour maîtriser et humaniser la mondialisation".
Précisant aussi son point de vue sur le développement, Monsieur
Chirac souhaite le développement ... de l'aide publique, qui doit
progresser.
En clair, Monsieur Chirac veut exporter dans le monde entier les merveilleuses
recettes françaises que tout le monde nous envie : un "dialogue
social" monopolisé par l'Etat et un recours accru au secteur
public : la voie la plus rapide vers l'échec.
| 6
février : On
criminalise la pauvreté |
0/5 |
Suite à la condamnation de José
Bové, Noël Mamère n'a pu s'empêcher de réagir
dès le 6 février : "on ne peut accepter aujourd'hui
que les pauvres soient condamnés alors que les politiques, au plus
haut de l'Etat, bénéficient de l'immunité".
Présent à la manifestation de soutien au leader paysan devant
le palais de justice de Paris, il a appelé à une "mobilisation
globale". "On est en train de criminaliser ce qui relève
de la désobéissance civique". Pendant ce temps, on
bénéficie d'impunité au plus haut niveau de l'Etat",
a-t-il déclaré. On pensait avoir tout entendu à propos
de Bové, mais de là à le présenter en "nouveau
pauvre", il n'y a que Mamère pour y croire !
| 5
février : Séparer
la politique et l'argent |
1/5 |
Jean Pierre Chevènement
en grande forme, enchaîne les déclarations et attaques. Pour
le député-maire de Belfort, qui s'exprimait en marge de
la cérémonie de remise du prix "Trombinoscope"
le 5 février, au Sénat, "le peuple ne veut ni d'un
Etat RPR, ni d'un Etat PS. Il a envie d'un changement profond, raisonnable".
"Il a besoin que l'on fasse à nouveau de la politique dignement,
avec des arguments. Il souffre de ce qu'est devenue la politique écrasée
par l'argent. Cette atmosphère délétère n'est
pas digne de notre démocratie", a poursuivi l'ancien président
du MDC.
Interrogé sur le retour de l'ancien conseiller général
RPR, Didier Schuller, il a souligné qu'il "ne fait pas la
politique de cette manière-là". "Que certains
aient considéré que le pouvoir est une caverne d'Ali Baba,
c'est leur affaire. J'ai toujours distingué les choses ; j'ai toujours
séparé la politique et l'argent".
Monsieur Chevènement a raison sur l'objectif mais se trompe totalement
de moyen : c'est l'étatisation de la vie économique qui
provoque les affaires. Il faut donc séparer non la politique et
l'argent, mais la politique et l'économie : privatiser, pratiquer
la subsidiarité. Or, Jean Pierre Chevènement propose, en
bon marxiste, tout le contraire : politiser, étatiser l'économie
!
| 4
février : 35
heures : atteinte aux libertés |
5/5 |
Alain Madelin durcit le
ton en matière économique et affiche ses convictions libérales.
Lors d'une réunion à Lyon, il est revenu sur la durée
du travail : "Les 35 heures sont une atteinte aux libertés
fondamentales. J'ai le droit de travailler autant que je le veux".
Par ailleurs, revenant sur son bref passage au ministère de l'économie
dans le gouvernement Juppé, il a reconnu qu'il aurait "dû
démissionner plus tôt".
| 4
février : Bonnet
blanc et blanc bonnet |
3/5 |
Pour une fois, "Libres"
dira du bien d'Arlette Laguillier. Intervenant sur Antenne 2, elle a déclaré
"je ne suis absolument pas génée que Chirac et Jospin
refusent de se déclarer. De toute façon, ils diront la même
chose".
Elle a sans doute tort sur le plan tactique, car ce refus bloque la campagne,
mais elle a totalement raison sur le fond.
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