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En cette fin d’année 2009,
nous voici émerveillés par les cadeaux que nous ont apportés les Pères
Noël. Leur hotte a débordé de dons, d’autant plus appréciés que nous sommes
en pleine période de crise et d’angoisse. La crise ? Le père Noël
français a mis 35 milliards dans nos souliers. Jamais nous n’aurions espéré
telle aubaine. Certes nous aurons le droit d’ouvrir la boîte du grand
emprunt seulement dans quarante ans, puisqu’il faudra attendre que s’organisent
les pôles d’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche
et qu’arrive à maturité la nouvelle génération d’étudiants et de chercheurs
capables de placer L’angoisse ? Elle étreint
le monde entier, car la planète est en danger. Ici ce n’est pas le seul
père Noël français qui régale, mais des dizaines de pères Noël venus du
monde entier pour nous sauver du réchauffement climatique et de l’apocalypse
qu’il prépare. Le cadeau est royal – en témoigne l’enthousiasme du prince
Charles d’Angleterre. En effet, les Etats s’engagent solennellement
à limiter le réchauffement à 2 degrés : sage précaution. Voilà qui
devrait théoriquement déclancher une série de mesures salvatrices. Les
pays le plus zélés comme Ne pas croire au Père Noël ne signifie pas perdre tout espoir. D’abord, les peurs véritables sont celles que devrait nous inspirer l’Etat, car la crise n’aurait pas existé sans le dirigisme et l’interventionnisme des gouvernants, et l’environnement serait mieux sauvegardé si on s’en remettait à l’initiative et à la propriété privées. Ensuite, on peut compter sur l’intelligence et la créativité des hommes pour vaincre les difficultés du moment ; les échecs ont des vertus salutaires pourvu qu’on comprenne ses erreurs et qu’on en tire les conséquences. Hélas, assez périodiquement certains hommes sont frappés d’une amnésie fatale : « Les Français ont la mémoire courte », a-t-on dit. Pourquoi cette nostalgie du plan, des rationnements, du collectivisme ? Pourquoi l’esprit de Munich, le renoncement face à la dictature et la barbarie ? Le rôle des intellectuels
n’est pas de bâtir des utopies, mais de rappeler les réalités, de dire
la vérité. La semaine dernière, à l’occasion de la remise en mémoire d’Albert
Camus, Le Figaro posait la question : « où sont les intellectuels » ?
Mais le quotidien mariait la nostalgie de Bernanos et Camus à celle de
Sartre et Foucault. Il ne prêtait pas attention au fait qu’un intellectuel
égaré égare l’opinion, et que depuis Il ne fait aucun doute que
le conditionnement des esprits conduit au pessimisme, puis au nihilisme,
jusqu’à présenter l’être humain comme un « loup pour l’homme »
(version hobbésienne et marxiste), ou comme un prédateur détruisant la
nature (version écologiste). En sens inverse, retrouver ce qui fait la
nature spécifique de l’homme, le rétablir dans sa liberté et sa dignité :
voilà de quoi nourrir l’espérance. Toutefois, plutôt que dans les messages intellectuels, je mets personnellement ma raison d’espérer dans cette fête de Noël, dans le message qu’elle propose aux hommes de bonne volonté. Noël est le symbole d’une promesse, celle de la réconciliation et de la paix – réconciliation de l’homme avec Dieu, diront les chrétiens, paix des hommes entre eux diront les autres. Noël est garant de la seule sauvegarde qui importe, du seul trésor de l’humanité : celui de l’amour infini et de la charité. Noël annonce la victoire de l’innocence sur la barbarie. Les pères Noël sont des masques, Noël est la vérité. Jacques Garello Le
21 décembre 2009
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