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Ce n’est pas l’envie qui m’en manque : j’aimerais vous faire un
joli cadeau pour cette fin d’année 2008. Le cœur y est, mais l’envoi
du paquet est réellement au-delà de mes moyens. Non, le paquet cadeau dont je vous entretiens cette semaine est celui
que Nicolas SARKOZY a voulu faire aux Européens avant de quitter la
présidence éphémère de l’Union européenne. Sans doute le meilleur cadeau
qu’il aurait voulu leur offrir eût-il été de se succéder à lui-même,
mais les Irlandais ont tout gâché en refusant le traité de Lisbonne
qui aurait institué un président européen stable, dont le premier sur
la liste aurait été évidemment le locataire de l’Elysée. Ces Irlandais font n’importe quoi, mais on en est venu à bout (hélas
trop tard) : moyennant un siège au Conseil (en infraction totale
avec le texte de Lisbonne), plus la garantie de leur neutralité, plus
la garantie de leur souveraineté fiscale (on les comprend, ils ont les
impôts et les charges sociales les plus faibles d’Europe), plus la garantie
de leur droit à refuser la légalisation de l’avortement, ils ont finalement
accepté d’organiser à nouveau un referendum à l’automne prochain – ce
qui ne veut pas dire que les électeurs ratifieront le texte de Lisbonne.
Paquet cadeau pour l’Irlande. Mais ce n’est pas non plus ce paquet que souhaitait notre Président.
Il voulait avant tout obtenir le « paquet climat-énergie ».
Réduction de 20 % des émissions de CO2, minimum de 20 % d’énergie renouvelable
dans le total consommé, économies d’énergie de 20 % au moins. Grâce
au génial Grenelle de l’environnement, Toutes ces belles initiatives méritent d’être étendues au niveau européen,
Hélas, nous avons affaire à des inconscients, des ignares, des grippe-sous,
qui semblent se soucier davantage du pouvoir d’achat de leurs concitoyens
que de l’avenir de la planète, qui ne croient guère aux vertus de la
politique des grands travaux pour relancer l’économie, et qui n’aiment
ni les dépenses publiques somptuaires, ni
leur financement
par des impôts
nouveaux et une
nouvelle couche d’endettement.
Ici, Nicolas SARKOZY n’a pas seulement rencontré l’opposition de Madame
MERKEL pour laquelle le temps des embrassades est terminé, mais aussi
des Britanniques, qui veulent récupérer l’argent que leur doit l’Union,
mais aussi les Polonais, dont 90 % de l’énergie vient du charbon, mais
aussi les Tchèques, dont le Président Vaclav KLAUS (qui succèdera à
Nicolas le premier janvier) est un économiste viscéralement anti-Verts
(on dit même, abomination de la désolation, qu’il est « ultralibéral
et europhobe »). Heureusement notre Président avait plus d’un tour dans son sac et de
concessions en concessions il a arraché un accord pour 2020 qui ne signifie
pas grand-chose. Il s’imagine que ses amis européens respecteront les
lubies françaises. En un mot il croit au Père Noël. Cette naïveté enfantine
est touchante, elle met un peu de fraîcheur dans ce monde politique
européen trop sérieux, trop près de ses intérêts, et qui n’entend pas
l’appel des grandes causes, qui ne comprend pas la douleur de la planète,
dont le réchauffement nous fait actuellement froid dans le dos. Je ne veux pas être en reste, je ne veux pas être débiteur en naïveté
à l’égard de notre Président. C’est la raison pour laquelle je lui offre
en cadeau le renouvellement de mes vœux de baptême républicain. Je lui
renouvelle ma confiance (aveugle) mon admiration (sans borne) mon soutien
(inconditionnel). Chère Blanche Neige élyséenne, voici ma pomme. Jacques
Garello
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